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Né En 17 à Leidenstadt (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Né En 17 à Leidenstadt

{Refrain:}
Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt
Sur les ruines d’un champ de bataille
Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens
Si j’avais été allemand ?

Bercé d’humiliation, de haine et d’ignorance
Nourri de rêves de revanche
Aurais-je été de ces improbables consciences
Larmes au milieu d’un torrent

Si j’avais grandi dans les docklands de Belfast
Soldat d’une foi, d’une caste
Aurais-je eu la force envers et contre les miens
De trahir: tendre une main

Si j’étais née blanche et riche à Johannesburg
Entre le pouvoir et la peur
Aurais-je entendu ces cris portés par le vent
Rien ne sera comme avant

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

{au Refrain}

Et qu’on nous épargne à toi et moi si possible très longtemps
D’avoir à choisir un camp

(Jean-Jacques Goldman)

 

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INDIGNATION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Charles Cros / Foto

INDIGNATION

J’aurais bien voulu vivre en doux ermite,
Vivre d’un radis et de l’eau qui court.
Mais l’art est si long et le temps si court !
Je rêve, poignards, poisons, dynamite.

Avoir un chalet en bois de sapin !
J’ai de beaux enfants (l’avenir), leur mère
M’aime bien, malgré cette idée amère
Que je ne sais pas gagner notre pain.

Le monde nouveau me voit à sa tête.
Si j’étais anglais, chinois, allemand,
Ou russe, oh ! alors on verrait comment
La France ferait pour moi la coquette.

J’ai tout rêvé, tout dit, dans mon pays
J’ai joué du feu, de l’air, de la lyre.
On a pu m’entendre, on a pu me lire
Et les gens s’en vont dormir, ébahis…

(Charles Cros)

 

 

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Elle était sortie de sa boutique (Giampiero Neri)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Elle était sortie de sa boutique
comme une apparition rapide
au passage des camions de soldats,
une figure dansante
parmi les véhicules dispersés,
mais c’étaient des Allemands qui battaient en retraite

***

Era venuta fuori dal suo negozio
come una apparizione veloce
al passare dei camion di soldati,
una figura danzante
fra gli sparuti autocarri,
ma erano Tedeschi in ritirata.

(Giampiero Neri)

 

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Le Partisan (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
Le Partisan

Quand ils traversèrent la rivière
Ils me dirent de me rendre,
Ca, je ne pouvais pas le faire;
J’ai pris mon arme et j’ai disparu.
J’ai changé de nom si souvent,
J’ai perdu ma femme et mes enfants
Mais j’ai beaucoup d’amis,
Et certains sont avec moi.

Une vieille femme nous a trouvé un abri,
Nous a tenu caché dans le grenier,
Et les soldats sont arrivés;
Elle est morte sans un soupir.

Nous étions trois ce matin
Je suis seul ce soir
Mais je dois poursuivre;
Les frontières sont ma prison.

Oh, le vent, le vent souffle,
Entre les tombes le vent souffle,
La liberté naîtra bientôt;
Et nous sortirons de l’ombre.

Les allemands étaient chez moi,
Ils me dirent « Signe-toi »,
Mais je n’ai pas peur.
J’ai repris mon arme,
J’ai changé cent fois de nom,
J’ai perdu femme et enfants,
Mais j’ai tant d’amis.
J’ai la France entière.

Un vieil homme dans un grenier,
Pour la nuit nous a caché,
Les allemands l’ont pris
Il est mort sans surprise.

Oh, le vent, le vent souffle,
Entre les tombes le vent souffle,
La liberté naîtra bientôt:
Et nous sortirons de l’ombre.

***

The partisan

When they poured across the border
I was cautioned to surrender
This I could not do
I took my gun and vanished.

I have changed my name so often
I’ve lost my wife and children
But I have many friends
And some of them are with me

An old woman gave us shelter
Kept us hidden in the garret
Then the soldiers came
She died without a whisper

There were three of us this morning
I’m the only one this evening
But I must go on
The frontiers are my prison

Oh, the wind, the wind is blowing
Through the graves the wind is blowing
Freedom soon will come
Then we’ll come from the shadows

Les Allemands étaient chez moi
Ils me dirent, « résigne toi »
Mais je n’ai pas peur
J’ai repris mon âme

J’ai changé cent fois de nom
J’ai perdu femme et enfants
Mais j’ai tant d’amis
J’ai la France entière

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a caché
Les Allemands l’ont pris
Il est mort sans surprise

Oh, the wind, the wind is blowing
Through the graves the wind is blowing
Freedom soon will come
Then we’ll come from the shadows

(Leonard Cohen)

 

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Sur le Rhin (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration: Odd Nerdrum
    
Sur le Rhin
le pont entre la ville allemande Breisach
et sa vieille ennemie française au nom d’écho
Neuf-Brisach
crie tellement de soleil qu’on oublie en le traversant
les siècles de canons et de bombes.

Les meules de foin roulent sous la gloire du soleil, tout dit
la joie du ciel dans une étourdissante immobilité,

le langage cesse de clabauder la haine, il se tient là parmi
les ombres apaisées,

un homme, une femme s’endorment à deux, le long de la douceur de leur peau.

Pourquoi pas cette minute, pourquoi pas la paix, pourquoi pas nous ?

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Race (Karen Gershon)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Race

Lorsque je retournais dans ma ville d’origine,
je croyais que personne ne se soucierait
de savoir qui j’étais et ce que je pensais
Mais c’était comme si les gens voyaient
partout un écho de qui j’étais,
ils connaissaient mon histoire en regardant mon visage
et moi, qui suis toujours seule,
je devins un symbole de ma race.

Comme tout juif vivant j’ai
vu dans mon imaginaire
les chambres à gaz, les charniers,
ce corps inconnu qui a été le mien
et j’ai trouvé dans chaque visage allemand,
derrière le masque, la marque de Caïn.
Je ne ferai pas miennes leurs pensées
en haïssant les gens pour leur race

(Karen Gershon)

 

 

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