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VOYAGE! (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Edward Hopper f7

VOYAGE!
RYOJ Ô

Ah! je voudrais aller en France
Mais la France est trop loin
Avec une veste neuve au moins
Partons vers une libre errance.
Quand le train passera dans la montagne
Appuyé à la fenêtre bleu ciel
Seul je penserai à des choses heureuses
L’aube d’un matin de mai
Suivant les caprices du coeur, pousses d’herbes qui sortent.

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration: Edward Hopper

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CHANSON A PART (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

CHANSON A PART

Que fais-tu? De tout.
Que vaux-tu? Ne sais,
Présages, essais,
Puissance et dégoût…
Que vaux-tu? Ne sais…
Que veux-tu? Rien, mais tout.

Que sais-tu? L’ennui.
Que peux-tu? Songer.
Songer pour changer
Chaque jour en nuit.
Que sais-tu? Songer
Pour changer d’ennui.

Que veux-tu? Mon bien.
Que dois-tu? Savoir,
Prévoir et pouvoir
Qui ne sert de rien.
Que crains-tu? Vouloir.
Qui es-tu? Mais rien!

Où vas-tu ? A mort.
Qu’y faire? Finir,
Ne plus revenir
Au coquin de sort.
Où vas-tu? Finir.
Que faire? Le mort.

(Paul Valéry)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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A présent je viens je vais là-bas (Yves Artufel)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
A présent je viens je vais là-bas
ça va être long
toutes ces pages à vivre
comme à travers une nuée de papillons
et tout ce qui se perd dans la fumée
de cigarettes au bord d’un cendrier
ou près d’un feu de bois
qui s’est éteint sur un chemin
où personne ne passe plus
mais qui garde en ses pierres
la mémoire du bois mort
et des murs écroulés
les méandres du passé
ce que la main peut contenir
de mémoire et d’extase
de moments hors du temps
d’horizons intérieurs
de papillons bleus des origines
ou des lacs noirs de la détresse

(Yves Artufel)

 

 

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LA MAIN DU BOURREAU FINIT TOUJOURS PAR POURRIR (Roland Giguère)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



La_main_de_Dieu  [800x600]

LA MAIN DU BOURREAU FINIT TOUJOURS PAR POURRIR

Grande main qui pèse sur nous
grande main qui nous aplatit contre terre
grande main qui nous brise les ailes
grande main de plomb chaud
grande main de fer rouge

grands ongles qui nous scient les os
grands ongles qui nous ouvrent les yeux
comme des huîtres
grands ongles qui nous cousent les lèvres
grands ongles d’étain rouillé
grands ongles d’émail brûlé

mais viendront les panaris
panaris
panaris

la grande main qui nous cloue au sol
finira par pourrir
les jointures éclateront comme des verres de cristal
les ongles tomberont

la grande main pourrira
et nous pourrons nous lever pour aller ailleurs.

(Roland Giguère)

 

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NUAGE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
NUAGE

Le soleil est sur la plaine,
les oiseaux sont dans la brise.
Si seulement…

Surgi sur l’arbre un nuage
lui retire du pied son ombre.
Aucun rameau ne remue.
Puisse le ciel..

La libellule va et vient
avec sa diaprure.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vis lumineux (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018


lumiere

vis lumineux crée un poème et va:
accrois l’espace de la terre

(Adonis)

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PETIT TÉLÉGRAMME CULTUREL (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



 

PETIT TÉLÉGRAMME CULTUREL

1. Hier
Pousse-toi, Platon
culture à problèmes
âge de l’angoisse

2. Aujourd’hui
Aller par-ci, par-là
culture de la quête
âge du vide-jouissance

*

LITTLE CULTURE TELEGRAM

1. Yesterday
Move over, Plato
a problematic culture
the age of anxiety

2. Today
Moving to and fro
a questing culture
the age of emptiness-joyance

(Kenneth White)

Illustration

 

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Il faut aller jusqu’au bout du monde (Francis Picabia)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Il faut aller jusqu’au bout du monde
Mais le bout du monde est décoloré
par le soleil.

(Francis Picabia)

 

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Tout le jour (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



    

Tout le jour j’entends le bruit de l’eau
Gémissant,
Triste comme l’oiseau de mer, comme il va
Seul désormais,
Il entend les vents répondre aux eaux
Monotones.

Les vents gris, les vents froids soufflent
Où je vais,
J’entends le bruit des eaux nombreuses
Si profondes.
Tout le jour, toute la nuit, j’entends leurs flux
Qui vont et qui viennent.

***

All day I hear the noise of waters
Making moan,
Sad as the sea-bird is, when going
Forth alone,
He hears the winds cry to the waters’
Monotone.

The grey winds, the cold winds are blowing
Where Igo.
I hear the noise of many waters
Far below.
All day, all night, I hear them flowing
To and fro.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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La vie, elle ne se passe pas comme tu imagines (Alessandro Baricco)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



La vie, elle ne se passe pas comme tu imagines.
Elle va son chemin.
Et toi le tien.
Et ce n’est pas le même chemin.

Alors… Ce n’est pas que je voulais être heureuse, non.
Je voulais… me sauver de tout ça,
voilà : me sauver.
Mais j’ai compris tard de quel côté il fallait aller.

On croit que c’est autre chose qui sauve les gens :
le devoir, l’honnêteté, être bon, être juste.
Non. Ce sont les désirs qui vous sauvent.
Ils sont la seule chose vraie.

Si tu marches avec eux, tu seras sauvée.
Mais je l’ai compris trop tard.
Si tu lui laisses du temps, à la vie,
elle tourne d’une drôle de manière, inexorable:

et tu t’aperçois que là où tu en es maintenant,
tu ne peux pas désirer quelque chose sans te faire du mal.
C’est là que tout se complique,
il n’y a aucun moyen de s’échapper,

plus tu t’agites, plus le filet s’emmêle,
plus tu te rebelles, et plus tu te blesses.
On ne s’en sort plus.

Quand il était trop tard,
c’est là que j’ai commencé à désirer.
De toute la force que j’avais.
Je me suis fait tant de mal,
tu ne peux même pas imaginer.

(Alessandro Baricco)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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