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Poésie

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Les sirènes (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Frederic Leighton
    
Les sirènes

Tel un Jack Sparrow, je remonte mes manches
J’assure pas, j’assure plus, sans mon verre sur la planche
Tel un Jack de trop, du dimanche au dimanche
J’assume pas, non j’assume plus, je ne suis plus étanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Solo, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

Tel un Jack Sparrow, je remonte les marches
Je les servais les mecs comme moi tu sais, dans ma chemise blanche
À trinquer un peu trop, perroquet sur la planche
Mon rein a coulé comme un radeau qui prend l’eau, et qui flanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Sous l’eau, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

J’entends les sirènes
J’ai plongé profond
Ma tristesse est comme la mer
Elle n’a pas de fond

Tel un Jack Sparrow, je rabaisse mes manches

(Christophe Maé) (Paul Ecole)

 

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Si tu le veux bien (Léon Randin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Si tu le veux bien

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

L’aurore paraît, la nuit fuit le jour,
Pour toi l’oiseau dit ses chansons d’amour,
Et la fleur s’éveille, ô ma douce amie.
L’aurore parait, la nuit fuit le jour,
Et toi seule encor restes endormie.

Je connais au bois de vrais coins charmants,
Tout frais… et cachés, faits pour les amants,
Comme le bon Dieu rarement parsème.
Je connais au bois de vrais coins charmants
Où l’on est heureux, où toujours l’on s’aime.

Et là nous irons la main dans la main,
Sans s’inquièter ni du lendemain,
Ni du monde vain qui jamais ne rêve.
Viens, là, nons irons la main dans la main,
Enivrés et seuls, et rêvant sans trêve.

Viens, car le soleil monte dans le ciel
Plus étincelant et plus solennel,
Jetant sur les prés ses rayons de flammes.
Viens, car le soleil monte dans le ciel :
C’est l’heure d’aller où chantent les âmes.

De rêve et d’amour ce n’est point assez,
Dirons-nous tous deux mollement bercés
Par le chaud zéphir ou la folle brise.
De rêve et d’amour ce n’est point assez
Dira notre coeur qui, je crois, se grise.

Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Recherchant avide un regard divin
Et les habits blancs d’adorables anges.
Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Et nous chanterons de pures louanges.

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

(Léon Randin)

 

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En revenant (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2021



En revenant

Voici pour vous aimer je n’ai que des rivières
Et les ponts et les sentiers et puis d’autres sentiers
Voici les routes qui mènent
Où il ferait bon peut-être aller

Voici la brume de la vallée
Voici la mousse de ce jour
Où il fit bon dormir dans le fossé
Voici l’oiseau que vous vouliez

Voici la branche qui fut cueillie
Voici la branche qui fut cassée
Ce soir où il fit si bon longtemps marcher
Voici cette baguette il n’y a plus de fées

Voici le lait le pain la table
Et le banc poli et la lampe sage
Etait-ce bien cela que vous vouliez
Voici le chien qui ne vous connaît pas

Voici les nuits depuis longtemps passées
Voici l’oubli et nos mains fatiguées
Voici les étoiles que vous vouliez
Voici ce feu qui vint mourir chez moi.

(Robert Momeux)

Illustration: Francine Van Hove

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EVOLUTION (Borche Panov)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2021



Illustration:  Jodi Trujillo
    
Poem in French, Italian, German, Portuguese, Romanian, Greek, Icelandic, Sicilian, Polish, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Kurdisch, Russian, Filipino,
Hebrew, Tamil, Bangla, Irish, Serbian, Armenian, Macedonian, Indonesian,
Malay, Catalan, Bulgarian

Footprints in the Sand, by Jodi Trujillo Art, Hawaii

Poem of the Week Ithaca 695 “EVOLUTION”, BORCHE PANOV, North Macedonia, 1961

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

EVOLUTION

Nous étions nus
et vîmes alors la pomme
qui contenait le ver
comme un embryon de chagrin.

La poutre d’équilibre détrempée
dégoutte sans arrêt de nos yeux,
à la recherche de la grande marée
avec l’arche de notre salut
flottant là-haut.

L’océan abandonne un flot d’écume
sur nos chevilles
tandis que nous courons sur le sable
d’une longue évolution.

L’eau efface les traces
pour nous faire oublier
qu’un jour nous sommes allés au paradis.

(Borche Panov)

Traduction de Daniela Andonovska Trajkovska – Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

EVOLUZIONE

Eravamo nudi
poi abbiamo visto la mela
con dentro il verme
come un embrione di dolore.

La sbarra da equilibrista fatta d’acqua
sgorga senza sosta dai nostri occhi,
cerca il grande diluvio
con l’arco della nostra salvezza
librarsi in alto.

L’oceano lascia una scia di schiuma
sulle nostre anche
mentra camminiamo sulla sabbia
di una lunga evoluzione.

L’acqua cancella le impronte
per farci dimenticare
di essere stati in paradiso.

Traduzione di Daniela Andonovska-Trajkovska – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

EVOLUTION

Wir waren nackt
und dann sahen wir den Apfel
mit dem Wurm darin
wie ein Embryo des Kummers.

Der wässrige Kielholm
sickert aus unseren Augen, ohne Unterlass
auf der Suche nach der großen Flut
während die Arche unserer Erlösung
darüber schwebt.

Der Ozean hinterlässt eine Mähne von Schaum
an unseren Knöcheln
während wir auf dem Sand
einer langen Evolution laufen.

Das Wasser löscht die Fußabdrücke
und lässt uns vergessen
dass wir jemals im Paradies gewesen sind.

Übersetzung Daniela Andonovska-Trajkovska – Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

EVOLUÇÃO

Estávamos nus
e vimos então a maçã
com o verme por dentro
como um embrião de dor.

A cintilação do equilíbrio aquoso
vai-se apagando dos nossos olhos para sempre
em busca do grande dilúvio
com a arca da nossa salvação
flutuando por cima.

O oceano deixa uma corrente de espuma
nos nossos tornozelos
enquanto caminhamos na areia
de uma longa evolução.

A água apaga as pegadas
para nos fazer esquecer que estivemos,
um dia, no paraíso.

Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

EVOLUTIE

Eram goi
când am văzut mărul
cu viermele înăuntru,
un fel de embrion al suferinței.

Cumpăna apei se scurgea
din ochii noștri către veșnicie
visând la contopirea cu marele potop,
iar arca mântuirii noastre
plutea în balans deasupra ei.

O coamă înspumată ne așterne marea
în jurul gleznelor
în timp ce noi pășim peste nisipul
unei îndelungate evoluții.

Astfel, se șterge urma pașilor noștri
și acest lucru ne face să uităm
că am fost cândva în paradis.

Traducere Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ΕΞΕΛΙΞΗ

Ισορροπίας του νερού αχτίνα
κυλούσε απ’ τα μάτια σου
να βρει κατακλυσμό και κιβωτό
της σωτηρίας μας

Γυμνοί περπατούσαμε
το μήλο όταν είδαμε
με το σκουλήκι μέσα του
έμβρυο πένθους.

Κύματα ωκεάνια αφρός
γύρω απ’ τα πόδια σου
σαν βηματίζαμε στην
άμμο της εξέλιξης μας.

Νερό που σβήνει πατημασιές
για να ξεχάσουμε πως
κάποτε ζήσαμε στον Παράδεισο.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

ÞRÓUN

Við vorum nakin
og svo sáum við eplið
með orminum í
eins og vísi að sorg.

Votur vogargeisli
lekur án afláts úr augum okkar,
leitar að flóðinu mikla
með sáluhjálparörkina
á sveimi yfir.

Sjávarlöðrið verður eftir
um ökkla okkar
þar sem við göngum í sandi
langrar þróunar.

Sjórinn skolar burt sporin
svo að við gleymum
að við vorum einu sinni í paradís.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Danielu Andonovska-Trajkovska og Stanleys Barkan
Translated into Icelandic by Þór Stefánsson

***

EVOLUZIONI

Eramu a nuda
e vittimu lu pumu
cu lu vermu dintra
comu un embriuni di duluri.

La travi acquusa ca bbilanza
cuntinua a nesciri di l’occhi
in cerca di lu gran sdilluviu
cu l’arca di la nostra salvizza
suspisa supra a nui.

L’oceanu lassa na unna di scuma
A li nostri cavigghi
mentri caminamu supra a rina
di na evoluzioni longa.

L’acqua cancella li pidati
pi farinni scurdari
ca am’â statu mai ntô paradisu.

Traduzioni in siciliano di Gaetano Cipolla

***

EWOLUCJA

Byliśmy nadzy
i wtedy zobaczyliśmy jabłko
z robakiem w środku
jak z zarodkiem smutku.

Wodna belka równoważąca
na zawsze robi przeciek z naszych oczu,
wyglądając wielkiego potopu,
z arką naszego zbawienia
unoszącą się nad nim.

Ocean pozostawia strumień piany
na kostkach naszych nóg
gdy chodzimy po piasku
długiej ewolucji.

Woda zaciera ślady stop,
abyśmy zapominali
że byliśmy kiedykolwiek w raju.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translated into Polish by Mirosław Grudzień

***

进 化

我们曾经赤身裸体
然后我们看见了这苹果
苹果里面有虫子
这虫像一个悲伤的胚胎。
我们的眼睛永远泄漏
这水样的平衡梁,
用拯救我们的方舟
寻求大洪水
颠簸其上。
我们在漫长进化的
沙滩上行走时
海洋在我们的脚踝上
留下了泡沫。
海水抹去沙滩的脚印
让我们忘记
我们曾经到达过天堂。

原 作: 北马其顿 博尔切·帕诺夫 1961 年
英 译:丹妮拉·安多诺夫斯卡-特拉伊科夫斯卡-斯坦利·巴坎
汉 译:中 国 周道模 2021-8-25
Translated into Chinese by William Zhou

***

تَطَوُّرْ

كُنَّا عُرَاةً
ثُمَّ رَأيْنَا التُّفَاحَة
وَدَاخِلَها…. كَجَنِينِ الحُزْنِ
تَقْبَعُ « الدُّودَة »

مِيزَانُ الحِسَابِ الدَّامِع
يَتَسَرَّبُ دَائِمًا مِن أعْيُنِنَا
تَتُوقُ إلى الطُّوفَانِ العَظِيمِ
مَعَ فُلْكِ خَلاصِنَا الذِي يَحُومُ في الأَعْلَى
يَتْرُكُ المُحُيطُ تَدَفْقًا مِن الزَّبَد

عَلَى أَعْقَابِنَا وَنَحْنُ نَسِيرُ فَوقَ
رِمَالِ التَّطَورِ الطَّويِل
يَمْحُو المَاءُ أَثَارَ أَقْدَامِنا
حَتَّى نَنْسَى بِأَنَّنَا لَمْ نَكْن في الجَنَّة

ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

विकास

हम नंगे थे
और फिर हमने सेब देखा
अंदर कीड़ा के साथ
दुख के भ्रूण की तरह l

पानीदार संतुलन बीम
हमारी आँखों से हमेशा के लिए रिस रहा है,
बड़ी बाढ़ की तलाश
हमारे उद्धार के सन्दूक के साथ
ऊपर मंडरा रहा है।

सागर झाग का प्रवाह छोड़ता है
हमारे टखनों पर
जब हम रेत पर चल रहे होते हैं
एक लंबे विकास के लिए।

पानी पैरों के निशान मिटा देता है
हमें भूलने के लिए
कि हम कभी जन्नत में गए हैं।

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

進化

わたしたちは裸だった
そしてそのリンゴをみた
中に虫が巣くっているものを
まるで悲しみの胎芽のように

涙を抑える光は
目からいつまでも漏れている
救済の箱舟が宙に浮かぶ
洪水を待ちながら

波打ち際の
長い進化の途上の砂の上を歩くとき
海は足首に白い泡の流れを残す

私たちがかつて天国にいたことを
忘れるために
波は砂上の足跡を消す

Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

فرگشت

ما برهنه بودیم
و‌سپس سیب را دیدیم
با کرمی داخلش
مانند جنینی از اندوه

پرتوی از توازنی لرزان
تا ابدیت از چشم‌مان می‌چکد
در جستجوی طغیان بزرگ
در نقطه‌ی نجات ما
معلق در هوا.

اقیانوس ردی از کف بر جا می‌گذارد
روی مچ‌ پاهایمان
همچنانکه روی شن‌ها قدم می‌زنیم
از فرگشتی طولانی.

آب جای پاها را برایمان
می‌شوید تا فراموش کنیم
که زمانی در بهشت بوده‌ایم.

Translated into Farsi by Sepideh Zamani

***

WERARÎ

Em rwîtbûn
û paşê me sêv dît
kurmî bû
wek pizeke xemgîniyê.

Hevsengiya terazoya avî
li pêş çehvên me dilive,
li lehiya mezin digere
çawa di dema keştiya Noh de
ku rizgariya me metirsîdar e.

Derya komeke kef li şûna xwe dihêle
ta ber gwîskên me
di gava em li ser zîxê
werariyeke dirêj beziyan.

Avê rêçên lingên me bi xwe re birin
û hêşt em jibîrbikin
ku em demekê di biheştê de bûn.

Translated into Kurdisch by Hussein Habasch

****

РАЗВИТИЕ

Мы жили обнаженные
и вдруг сорвали плод
внутри червяк –
зачаток всех страданий.

Вода из чаш весов
струится без конца из наших глаз,
ища большой потоп,
где нас ковчег спасет,
дрейфуя над водой.

Морская пена
остается на ногах,
пока мы по песку
развития бредем.

Наши следы сотрет вконец вода,
когда-то позабудется,
что были мы в раю.

Translated into Russian by Daria Mishueva

***

EBOLUSYON

Nakahubad kami
at pagdaka ay nakita namin ang mansanas
na may uod sa loob
tulad ng isang binhi ng kalungkutan.

Ang poste ng tubig na balanseng balanse
ay walang hanggan na tumutulo mula sa aming mga mata,
naghahanap ng malaking baha
kasama ang arko ng ating kaligtasan
umaaligid sa itaas.

Ang karagatan ay nag-iiwan ng daloy ng bula
sa aming mga bukung-bukong
habang naglalakad kami sa buhangin
ng isang mahabang ebolusyon.

Binubura ng tubig ang mga bakas ng mga paa
upang makalimutan natin
na nanggaling na kami sa paraiso.

Translated into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

אבולוציה / בורצ’ה פאנוב

הָ יִינּו עֵ ירֻ מִ ים
וְ ָאז רָ אִ ינּו אֶ ת הַ תַ ּפּוחַ
עִ ם הַ תוֹלַעַ ת בְ תוֹכוֹ
כְמוֹ עֻבָ ר שֶ ל צַ עַ ר.בְ עֵינֵינּו, לַנֶצַ ח,

לְ שוֹן הַ מֹ אזְנַיִם הַ מֵ ימִ ית
מְ בַ קֶ שֶ ת לְ אַ זֵ ן בֵ ין הַ מַ בּול הַ גָדוֹל
לְ בֵין תֵ בַ ת הַ צָ לָתֵ נּו
שֶ מְ רַ חֶ פֶ ת מֵ עַ ל.
הָ אוֹקְ יָנוֹס מַ שְ אִ יר שֶ טֶ ף שֶ ל קֶ צֶ ף

עַ ל קַ רְ סֻלֵינּו
בְ עוֹד אֲנַחְ נּו הוֹלְ כִ ים עַ ל הַ חוֹל
שֶ ל אֶ בוֹלּוצְ יָה מִ תְ מַ שֶ כֶת.
הַ מַ יִם מוֹחֲקִ ים אֶ ת עִ קְ בוֹת הָ רַ גְ לַיִם

עַ ל מְ נַת שֶ נִשְ כַ ח
שֶ הָ יִינּו אֵ י ּפַ עַ ם בְ גַן עֵ דֶ ן.
תרגום לאנגלית:

לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

உயிரியல் கோட்பாடு

நாம் நிர்வாணிகள்
வேதனையின் கருமுனை போன்று
உள்ளே ஒரு புழுவை
பிறகு ஆப்பிள் பழத்தில் கண்டோம்

நம் கண்களிலிருந்து கசியும்
தண்ணீர் உத்தரம் போன்ற ஒளிக்கற்றை
பெரும் வெள்ளத்தை எதிர்நோக்கி
மேலே சுழன்றுகொண்டிருக்கும்
நம் மீட்சியின் வளையம் போன்று.

நாம் கடல்மணலில் நடக்கும்பொழுது
கடல் நுரைகளின் ஓட்டத்தை
கணுக்கால்களில் விட்டு நீங்குகிறது.
நீண்ட உயிரியல் கோட்பாடுகளாக!

நாம் எப்பொழுதோ
சொர்கத்திற்குச் சென்றதை
நாம் மறப்பதற்காக
நீர் நமது கால் அடிகளை
அழித்துவிடுகிறது!

Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

***

বিবর্ধন

আমরা ছিলাম নগ্ন
আর ঠিক তখনই দেখতে পেলাম আপেল ফল
যার ভিতরে ছিল কীট
ঠিক যেন বেদনার ভ্রূণের মত ।

আমাদের অশ্রুজল সংবরণ করা ঠিক যেন ভারসাম্যের বাঁধের মতো
যা চিরকাল ঝরে পড়ে আমাদের চোখ দিয়ে,
নিয়ে আসো মহাপ্লাবন সাথে নিয়ে নুহু নবীর জাহাজ
যা আমাদের পরিত্রাণ
ঘুরছে আমাদের উপর ।

মহাসাগরের ফেনা আছড়ে পড়ে
আমাদের গোড়ালিতে
যখন আমরা হেঁটে যাই বালুকাময় সাগরতীরে
দীর্ঘ বিবর্তনের ।

সাগরের জল কনা মুছে দেয় পদাঙ্ক
যেন আমরা ভুলে যাই
যে আমরা যেন কখনো ছিলাম স্বর্গে

Bangla Translation: – Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

ÉABHLÓID

Nocht a bhíomar
nuair a chonaiceamar an t-úll,
an phéist meallta ann:
an dólás i dtús fáis.

Sileann deor go síoraí
ó chrann fulaingthe na súl,
an díle á lorg aige,
áirc an tslánaithe
os a chionn.

Briseann cúr na farraige
ar ár gcosa
agus muid ag siúl bóthar
fada na héabhlóide

Glanann an t-uisce lorg na gcos,
an chuimhne ar an bparthas
ina rabhamar tráth.

Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translated into Gaelic by Rua Breathnach

***

EVOLUCIJA

Bili smo nagi
i onda smo videli jabuku
u kojoj je bio crv
kao embrion tuge.

Vodena terezija
Stalno istice iz naših očiju
tražeći potop
iznad koga lebdi
arka našeg spasenja.

Okean ostavlja grivne od pene
oko naših gležnjeva
dok koračamo po pesku
nove evolucije.

Voda briše otiske stopala
da bi zaboravili
da smo ikada bili u raju.

Sa engleskog prevelar S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

ЕВОЛУЦИЈА

Бевме голи
и го видовме тогаш јаболкото
со црвот внатре
како ембрион на тагата

Водената терезија
постојано ни истекува од очите
барајќи го потопот
врз кој ќе лебди
арката на нашиот спас

Океанот ти остава гривни од пена
над глужовите
додека чекориш по песокот
на една долга еволуција

Водата ги брише стапалките
за да заборавиме
дека некогаш сме биле во рајот

BORCHE PANOV

***

ԷՎՈԼՅՈՒՑԻԱ

Մենք մերկ էինք,
հետո տեսանք խնձորը՝
որդը ներսում,
որպես վշտի սաղմ:

Ջրի հավասարակշռության մակարդակը,
որ հավերժորեն հոսում է մեր աչքերից,
փնտրում է մեծ ջրհեղեղ՝
մեր փրկության տապանով,
սավառնելով բարձրում:

Օվկիանոսը փրփուրի հոսք է թողնում
մեր կոճերի վրա,
մինչ մենք քայլում ենք
էվոլյուցիայի երկար ավազի վրայով:

Ջուրը ջնջում է ոտնահետքերը,
որ չհիշենք,
թե մենք երբևէ եղել ենք դրախտում:

Հայերեն թարգմանությունը՝ Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

***

EVOLUSI

Kami telanjang
kemudian melihat apel
dengan cacing berada di dalam
seperti benih kesedihan.

Balok keseimbangan tergenang air
yang selamanya mengalir dari mata,
mencoba untuk menjadi banjir besar
dengan tabut keselamatan
melayang di atas.

Lautan meninggalkan buih
di pergelangan mata kaki
ketika berjalan di atas pasir
dengan perubahan yang lama.

Air menghapus jejak kaki
untuk dilupakan
bahwa kita pernah berada di surga.

Translated into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

تَطَوُّرْ

تَطَوُّرْ
كُنَّا عُرَاةً
ثُمَّ رَأيْنَا التُّفَاحَة
وَدَاخِلَها…. كَجَنِينِ الحُزْنِ

تَقْبَعُ « الدُّودَة »
مِيزَانُ الحِسَابِ الدَّامِع
يَتَسَرَّبُ دَائِمًا مِن أعْيُنِنَا
تَتُوقُ إلى الطُّوفَانِ العَظِيمِ
مَعَ فُلْكِ خَلاصِنَا الذِي يَحُومُ في الأَعْلَى

يَتْرُكُ المُحُيطُ تَدَفْقًا مِن الزَّبَد
عَلَى أَعْقَابِنَا وَنَحْنُ نَسِيرُ فَوقَ
رِمَالِ التَّطَورِ الطَّويِل
يَمْحُو المَاءُ أَثَارَ أَقْدَامِنا
حَتَّى نَنْسَى بِأَنَّنَا لَمْ نَكْن في الجَنَّة

ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Malayan translation by Dr. Irwan Abu Bakar

***

EVOLUCIÓ

Estàvem nus
i vam veure llavors la poma
amb el cuc dins
com un embrió de dolor.

La barra d’equilibri aquosa
fuig per sempre dels nostres ulls,
buscant el gran diluvi
amb l’arca de la nostra salvació
flotant per sobre.

L’oceà deixa un flux d’escuma
en els nostres turmells
mentre transitem la sorra
d’una llarga evolució.

L’aigua esborra les petjades
per fer-nos oblidar que alguna vegada
hem estat al paradís.

Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal
Translated into Catalan by Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

ЕВОЛЮЦИЯ

Бяхме голи
и тогава видяхме ябълката
с червея вътре
като ембрион на тъгата

Водната везна
постоянно изтича от очите ни,
търсейки потопа,
върху който ще плава
ковчегът на нашето спасение

Океанът ти оставя гривни от пяна
над глезените,
докато крачиш по пясъка
на една дълга еволюция

Водата изтрива стъпките,
за да забравим,
че някога сме били в рая

превод: Борче Панов

(Borche Panov)

 

Recueil: ITHACA 695
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
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La Femme Peuplier (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2021



Illustration: Rémi Polack
    
La Femme Peuplier

Celle qui porte la joie
dans chaque frisson sur sa peau on l’appelle
La Femme Peuplier

Elle va
nue et souriante
les bras grands ouverts

Du Peuplier
elle a le frémissement à chaque souffle qui passe
Elle n’appelle rien mais tout va vers elle
Joyeuse elle s’offre à la caresse qui vient Sans retenue

Celui qui a la chance de la voir quand elle va ainsi nue et offerte
peut trouver la joie tout entière
dans chaque boucle de ses cheveux

Elle n’apparaît dans aucun rêve

Il faut
pour la voir
être celui qui chemine et que la chance aide

Certains passent à côté d’elle
et ne la voient pas

Son offrande est si vaste qu’elle est silencieuse

Ceux qui passent
la tête encombrée des bruits du monde
et du fracas des disputes vaines
n’ont aucune chance de poser la main sur son sein

Ils disent que la joie n’existe pas
que celui qui a été blessé un jour
garde sa blessure pour toujours.
Savent-ils que d’une caresse La
Femme Peuplier peut les rendre à
la joie du monde?

La Femme Peuplier s’est mise en route

Elle est cette femme qui marche dans les rues
et rien ne la distingue des autres femmes
Mais ceux qui l’approchent
sentent un souffle nouveau
les caresser
Ils repartent d’un pas plus léger
vers celles qui les attendent dans les maisons
celles qu’ils appellent leurs femmes
Ils sourient sans savoir pourquoi.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: De bronze et de souffle, nos coeurs
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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(y aller) (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021




    
(y aller)

arrivée sans lieu
voyage sans but

qui s’en irait
rejoindre un coup de vent
une poignée de poussière
un envol de feuilles sèches
l’écho d’un poème

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les feuilles de saule se dispersent (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2021




Illustration
    
les feuilles de saule se dispersent
je me mets en route précipitamment
n’allant nulle part

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Demain de bon matin (Boulevard Des Airs)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021



    
Demain de bon matin

Mes chers amis je suis en fête
Mes chers voisins, mon cher facteur
Je vous laisse enfin une lettre
Que vous lirez tout à l’heure

On va pas se mentir cette fois
Pour la dernière je veux être clean
C’est le coeur libre que je vous quitte
Sans grand discours et sans émoi

Je laisse tomber j’abandonne
Je largue tout, je pars devant
A vrai dire, je me trouvais morne
Un peu pervers, un peu navrant

Ce n’est pas pour vous fâcher
Et entre nous, ça changera rien
Mais je m’en vais déserter
Je pars voyager avec mon chien

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

J’ai l’impression que pour le môme que j’étais
Tout était tracé
Jusqu’à devenir une homme
Alors je me suis laissé

Le changement se déroule
D’un coup d’un seul comme un coup de boule
C’est lorsque plus rien ne vous choque
Qu’on accepte de baisser son froc

Alors tout devient secondaire
Les enfants, la mère et le froid
Et l’important c’est la carrière
Vous comprendrez mon désarroi.

Alors demain de bon matin
Je laisserai tout derrière moi
Et ce sera moi l’orphelin
De mes projets et de nos choix

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo

Je deviendrai vagabond
Et en passant mais pas plus con
Mon coeur et mon corps à l’envie
Renaîtront petit à petit

Si je croise un ou deux vauriens
En cours de route et j’en suis sûr
Nous trinquerons à la nature
A nos amours et à mon chien

Qu’on me parle plus jamais
Ni de mon job ni de ces faits
Qui ont fait de moi un dégueulasse
Qui sont des faits qui me dépassent

Ceux qui jugent ou me recherchent
Car je suis pas tout blanc je l’avoue
Je sais pas, dites leur que je me perche
Inutile de me mettre au trou

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo

(Boulevard Des Airs)

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Emmène-moi (Boulevard des Airs)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021



    

Emmène-moi

Je suis comme un grain de sable
Perdu dans l’océan
J’ai perdu mon cartable
J’ai perdu mes parents

Je suis comme l’eau des courants
Fatigué d’ignorer
Si je coule dans le vent
Si je fais que passer

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme une poussière
Si je m’envole un matin
Je retourne à la terre
Je m’en vais et je viens

Je suis comme l’eau des fontaines
Impuissant et lassé
Poussé par ce système
Qui poursuit sans cesser

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme les autres en fait
Je ne saurai jamais
Si je poursuis la quête
Si j’ai laissé tomber

Je suis comme rempli d’espoir
Ce matin je renais
Emmène-moi près du phare
Allons jusqu’aux rochers

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

(Boulevard des Airs)

(Florent Dasque / Jean Baptiste Labe / Jean Noel Dasque / Jeremie Plante / Melissa Doya / Pierre Emmanuel Aurousset / Sylvain Duthu)

 

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Averse de printemps (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021



Illustration: Robert Bared
    
Averse de printemps
L’un contre l’autre ils vont
Un parapluie pour deux

(Sôseki)

 

Recueil: Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Philippe Picquier

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