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Poésie

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AH ! TOURNESOL (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Victor Wang
    
AH ! TOURNESOL

Ah ! Tournesol, épuisé par le temps,
Toi qui comptes les étapes du soleil,
À la recherche du doux pays d’or
Où s’achève la course du voyageur,

Où le jeune homme oonsumé de désir
Et la pâle Vierge ensevelie sous la neige
Se lèvent de leur tombe et désirent
Le lieu où mon tournesol souhaite aller.

***

AH! SUN-FLOWER

Ah Sun-flower! weary of time,
Who countest the steps of the Sun,
Seeking after that sweet golden clime
Where the traveller’s journey is done:

Where the Youth pined away with desire,
And the pale Virgin shrouded in snow,
Arise from their graves and aspire
Where my Sun-flower wishes to go.

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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Où va l’âme après la mort ? (Jakob Böhme)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



    

Où va l’âme après la mort ?

Il n’est pas nécessaire
qu’elle aille nulle part.

(Jakob Böhme)

 

 

 

 

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LE PETIT GARÇON PERDU (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017




    
LE PETIT GARÇON PERDU

Père, père, où vas-tu ?
Pas si vite, pas si vite.
Parle, père, à ton petit garçon,
Ou bien je me perdrai.

La nuit était noire et le père absent
Le petit garçon était trempé de rosée
La lune était épaisse et l’enfant pleurait.
Alors le brouillard s’en alla.

***

THE LITTLE BOY LOST

`Father, father, where are you going?
O do not walk so fast.
Speak, father, speak to your little boy,
Or else I shall be lost.’

The night was dark, no father was there;
The ohild was wet with dew;
The mire was deep, & the child did weep,
And away the vapour flew.

(William Blake)

 

Recueil: Chants d’Innocence et d’Expérience
Traduction: Marie-Louise et Philippe Soupault
Editions: Quai Voltaire

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J’ai nagé dans le coeur (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
j’ai nagé
dans le coeur du coeur noir
mordant à ton absence

je suis allé au tout profond
là où se récitent les nerfs
là où dansent les cendres

ma nuit a pleuré tout l’espace
dans le coeur du coeur noir
dans la bouche d’une étoile

le souffle en flammes
jusqu’à éteindre l’esprit
c’est la prière de mon désarroi

tant de mots pour trembler juste
dans le coeur du coeur noir
que je porte à mes lèvres

je te dis toute ma fatigue
tout ce qui m’a brûlé
en orties de grâce

je te dis les mots blessés
dans le coeur du coeur noir
pour étreindre l’invisible

pour aspirer
le lait de la lumière
pour boire le dernier sommeil

pas à pas
dans le coeur du coeur noir
là où le feu devient bleu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Dans la bouche d’une étoile (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



    

dans la bouche d’une étoile
je me suis égaré
là où les morts n’ont plus prise
j’ai trouvé la pierre d’angle
pour avancer parmi les grands vivants
pour avancer parmi les grands gisants

dans la bouche d’une étoile
entre l’ébloui et l’englouti
la vie veut sa rosée de nuit
une porte ouverte sur le ciel
où je reviens sans être allé
où je reviens sans être né

dans la bouche d’une étoile
j’écoute mes propres signes
comme la lente infusion
d’une parole jamais dite
d’une parole sourde infiniment
fille de la voix et du vivant

dans la bouche d’une étoile
dis-moi ce que je porte d’ombre
dis-moi la toute-lumière
le sanctuaire laissé en blanc
dis-moi le plus profond de l’aube
ce qui ne cesse de naître et de mourir

dans la bouche d’une étoile
ton jour et ma nuit se croisent
vie et mort c’est tout un
vie et mort c’est sans fin
tu tends des comètes
sur le soir de ma terre

dans la bouche d’une étoile
un gisement de silence
la dent du feu s’est absentée
les bourreaux perdent leur visage
je pressens ton horizon
j’attends ta voie lactée

dans la bouche d’une étoile
dans la chair de l’illimité
j’accueille ta fièvre
au nom de lune
la souffrance en sommeil
le sang tourné vers l’infini

dans la bouche d’une étoile
laisse frémir l’innocence
jusqu’à la fin des mondes
jusqu’au bleu de l’esprit
la forêt des poumons
traversée par le vent

dans la bouche d’une étoile
j’écoute trembler l’arrière-ciel
sur le grain de la peau
sur le grain de la pierre
descente à pic dans la vie
descente à pic dans la nuit

dans la bouche d’une étoile
mille mains offertes
mille plaies ouvertes
le ciel marche en moi
le bleu est une tête brandie
l’éternité nous donne ses doigts

dans la bouche d’une étoile
ta voix chante dans la voix
elle chante un oeil-ciel foudroyant
le vrai nom de l’oubli
le souffle d’un dieu meurtri
dévasté épanoui

dans la bouche d’une étoile
dis-moi le vrai nom
qui brûle tous les noms
dis-moi les voyelles de Dieu
je veux dormir dans ta parole
aspirer ton arc-en-ciel

dans la bouche d’une étoile
pour agrandir la vie
pour prendre corps
pour prendre coeur
jusqu’au linceul de miel
vers le centre des cendres

dans la bouche d’une étoile
au risque de chaque instant
humble et démesuré
vif et insondable
le premier mot du ciel
dans un jour sans limites

dans la bouche d’une étoile
la salive d’un trou noir
le rouge à lèvres des anges
sur le miroir des sans feu ni lieu
pour une vie dans la vie
pour une voix dans la voix

dans la bouche d’une étoile
le ciel entier de tes yeux
le temps dévêtu
la toupie du monde
j’écris un seul et même livre
pour ta nuit écorchée vive

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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L’ÎLE DU DEDANS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



    L’ÎLE DU DEDANS

où nous n’allons pas
l’infini régresse

on partage les souffles
dans la maison du corps

on tend l’oreille
pour prêter parole

qu’il vienne enfin
le sentier étroit
du jamais foulé

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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J’ai fait en moi un grand vide (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration
    
j’ai fait en moi
un grand vide d’amour
une poche de haute ouverture
pour laisser être ce qui se crée
encore une journée
à nourrir le trésor secret
je suis allé très loin
je suis remonté à l’intérieur de moi
je suis allé chercher le noyau
car il y en a toujours un
j’ai traversé les mondes
les signes les mémoires
tous ces mondes serrés de larmes

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Chet Baker (Déploration)
Editions: Le Castor Astral

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Le ciel aux aguets (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    
Le ciel aux aguets
tourne sabre et couteau
Il invente l’origine
A entendre le vent piauler
je crois que la mer me veut
qui seule encore me couche
me relève
me plonge dans ses creux
où sanglés comme un cheval d’obstacle
nous allons à l’écume

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Allez on aura fait son exercice du matin (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Allez on aura fait son exercice
du matin
ses ablutions spirituelles
l’âme purgée des scories
de la nuit
rinçant à grande eau son corps obscur
(une autre toujours plus absente
s’abrite derrière la familière
qui s’obstine
et se défait dans les mots qu’on émiette)

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Est-ce que tout va vraiment vers le vide et le vain (Amir Gilboa)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



    

Est-ce que tout va vraiment
vers le vide et le vain
Est-ce que tout va vraiment vers le vide et le vain
comment as-tu fait pour survivre
as-tu vraiment saisi le bout
d’une corde lancée par qui pour que tu la saisisses
en train de te noyer ne pas couler
et tu as abordé au rivage ronceux
aux parterres fleurissant à nouveau
d’un sourire indulgent et d’intrigues de puissance

(Amir Gilboa)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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