Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘allongé’

Attraper ce qui fuit (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration
    
Attraper ce qui fuit

Ombre et soleil
soleil et ombre
ombre et soleil
un vrai défilé de nuages blancs
depuis ce matin.

J’ai noté ça pour un poème
et le grand chêne d’à côté
les lignes droites des avions
les hirondelles en vol plané.

Et j’ai pensé que j’étais là
allongé sur l’herbe très verte
après le déjeuner
toujours vivant
toujours vivant.

J’ai eu envie de je ne sais quoi
sauf fermer les yeux
me rappeler cette phrase
autrefois de passage entre nous :
«Attraper ce qui fuit ».

Je me souviens nous regardions
le va-et-vient des mésanges bleues
qui chaque année
comme aujourd’hui
dans leur petit nichoir
– toujours intact si tu savais -—
recommencent tout
recommencent tout.

(François de Cornière)

 

Recueil: Anthologie Pour avoir vu un soir la beauté passer
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La chambre dans l’espace (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine
– L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –,
je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ;
je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté.
Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ?
Demander c’est mourir !
L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles.
Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage
que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri
qui me donne ton silence !

(René Char)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

Illustration: Pascal Renoux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ste-Irène (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Ste-Irène

Je suis en ce moment
Le ciel immense que je regarde
Et je n’aperçois point
Quelque part sur la terre
Allongée au soleil
La chose que je suis

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON (Tristan l’Hermite)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



CHANSON

Doux Printemps ne revenez pas
Avec tant d’appas
Vous opposer à ma mélancolie ;
Depuis qu’une Beauté que j’aimais chèrement
Se trouve ensevelie,
Tous mes plaisirs sont dans le monument.

O beaux jours si tôt allongés,
Que vous m’affligez
Moi qui toujours ai des pensers si sombres ;
Dès lors que le sujet de ma félicité
Erre parmi les ombres,
J’ai de l’horreur quand je vois la clarté.

Claires eaux qui lavez des fleurs
Ainsi que mes pleurs,
Votre cristal a pour moi quelques charmes :
En mon affliction j’aime à voir votre cours,
Il ressemble à mes larmes,
La Mort a fait qu’elles coulent toujours.

(Tristan l’Hermite)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Chats (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

(Charles Baudelaire)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 7 Comments »

L’espace de ton miracle (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

la halte

L’espace de ton miracle

nous répéterons l’étreinte ancestrale
avec partout dans le monde des échos sourds
et des ombres et des ondes
allongées jusqu’au bout du futur
et nous croirons amour
l’espace de ton miracle
être dans notre pluriel
entièrement singuliers

(Bernard Pozier)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PIERRES DE LA FORÊT BRUMEUSE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



rochers rouges brume

 

PIERRES
DE LA FORÊT BRUMEUSE
ln memoriam Hiang Pi Fong

1.
Où s’arrête le chemin
les changements commencent
et les rochers surgissent
idées de la terre

2.
Allongé dans la brume
parmi les rochers rouges
attentif aux leçons
du vent et de la pluie

3.
Au dire du vieil homme
ici dans la montagne
tout contre le ciel
chaque rocher est un lotus

*

STONES
OF THE CLOUDY FOREST
In memoriam Hsiang Pi Feng

1.
Where the path ends
the changes begin
and the rocks appear
ideas of the earth

2.
Lying in the mist
among red rocks
admiring the lessons
of wind and rain

3.
As the old man said
up in the mountains
close to the sky
every rock looks like a lotus

(Kenneth White)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jambes allongées (Taneda Santoka)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



Jambes allongées dans la mer agitée
Le voyage écoulé
Le voyage à venir.

(Taneda Santoka)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Allongé (Stéphane Korvin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Illustration: Lucie Llong
    
allongé sur les scènes de ton bras,
j’aurais aimé tromper la peur
avec une histoire précise de la douceur

[…]

ta voix s’y cache
ta voix et ses évocations de nu-possible

(Stéphane Korvin)

 

Recueil: percolamour
Traduction:
Editions: isabelle sauvage

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Allongé sur le lit (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018


1778433786

Allongé sur le lit le soleil me fait grâce
Je garde encore la tendresse de la nuit

Le contact sans fin de la nuit
Dans les îles chaudes du cœur

(Paul Eluard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :