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Poésie

Posts Tagged ‘allongé’

Un matin frais et bleuâtre (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

un matin frais et bleuâtre
transparaissait par la fenêtre
l’air chamaillait l’immobile
danseur érotique
et cette flamme légère
nous donnait la chair de poule
allongés sur le lit
le regard dans l’air
aux nuages
l’univers entier nous tenait dans sa bouche

(Arthur Bidegain)

Illustration: Mustapha Merchaoui

 

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Ils s’étreignent lentement (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
Ils s’étreignent lentement.
Ils font l’amour, lentement d’abord,
puis fort, vite, dans l’urgence,
et chacun découvre
que le rythme de l’autre est le même que le sien.

Ils jouissent en même temps, et restent allongés, enlacés,
lui toujours en elle.

Un tournesol jaillit à côté de leurs têtes et entame sa croissance.
Quand sa croissance est terminée,
Graham l’incline et le hume.
Il sourit.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Purifiés

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LE VERSANT D’EN FACE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration
    
LE VERSANT D’EN FACE

Arrivés tard dans la nuit
et le matin encore couchés
tous les bruits du dehors
(la montagne les arbres les oiseaux
peut-être même le ciel)
nous les écoutions sans bouger.

Nous n’avions rien encore revu
dans les phares du chemin
mais maintenant tout se mettait en place
derrière les volets par-dessus les tuiles
à partir du vieux lit :

un geai était parti sur le versant d’en face
la vigne caressait le mur
le silence passait entre deux vagues de vent
et cette tourterelle — nous ne la connaissions pas —
où pouvait-elle être ?

Nous restions allongés dans la chambre du fond
avec seulement la minuscule fente de lumière
qui tenait tout l’ensemble
en tremblant légèrement derrière le rideau.

Mais qui de nous irait ouvrir ?
Et pourquoi tant attendre ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LA JEUNE FEMME DE KYOTO (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



Illustration: Alex Solodov
    
à Yuko
LA JEUNE FEMME DE KYOTO

Une nuit j’ai allongé ma vie dans son herbe
et j’ai tant joui de sa beauté que je porte
son absence de fée comme un temps de cerisier.
Des années après je sens Yuko infuser
une force d’arbre à pain à mes idées.
Je la vois qui ouvre et ferme
en riant les battants de mon chemin.
Ivre de ses charmes, me voici à jamais
accru de sa flambée de jeune femme.

(René Depestre)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Petite Susie (Michael Jackson)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




    
Petite Susie

Quelqu’un a tué la petite Susie
La fille qui respire la musique
Qui chante la journée, à midi
Elle était là hurlant
Brisant sa voix dans son destin funeste
Mais personne ne lui vint en aide à temps…

Une chute dans les escaliers
Sa robe déchirée,
Oh le sang dans ses cheveux…
Un mystère si renfrogné dans l’air
Elle est allongée là, si fragile
Avec son petit corps tout maigre
Soulevez là avec soin
Oh le sang dans ses cheveux…

Chacun vint pour voir
Cette fille qui est maintenant morte
Le regard dans ses yeux n’était plus…
Et soudain une voix s’éleva de la foule en disant
Cette fille a vécu pour rien
Son visage laissait deviner une telle agonie, une telle épreuve…

Et seul un homme, qui était leur voisin,
Connaissait la petite Susie, et comme il pleura,
Quand il se baissa
Pour fermer les yeux de Susie…
Elle était allongée là, si fragile
Avec son petit corps tout maigre
Soulevez là avec soin
Oh le sang dans ses cheveux…

C’était seulement pour l’amour de Dieu
Qu’elle chantait la mélodie
Pour que quelqu’un sente sa misère
Etre condamné à savoir que tout espoir est perdu et que c’est votre destin
Ensuite crier, crier très fort
Et que personne n’entende…

Elle savait que personne ne se souciait d’elle

Son père avait quitté la maison, sa pauvre mère était morte
Laissant Susie toute seule
Même l’âme du grand père s’était envolée
Personne qui se préoccupait
Rien que de l’aimer
Combien de temps peut-on supporter
De se voir rejeter ce que l’on demande dans ses prières ?

Le manque d’amour peut tuer
Comme un couteau dans votre âme
Oh c’est ce qui arrivera
La petite Susie s’est battue si durement pour vivre…
Elle est allongée là si fragile
Avec son petit corps tout maigre
Soulevez là avec soin
Si jeune et si juste

***

Little Susie

Somebody killed little Susie
The girl with the tune
Who sings in the daytime at noon
She was there screaming
Beating her voice in her doom
But nobody came to her soon…

A fall down the stairs
Her dress torn
Oh the blood in her hair…
A mystery so sullen in air
She lie there so tenderly
Fashioned so slenderly
Lift her with care,
Oh the blood in her hair…

Everyone came to see
The girl that now is dead
So blind stare the eyes in her head…
And suddenly a voice from the crowd said
This girl lived in vain
Her face bear such agony, such strain…
But only the man from next door
Knew Little Susie and how he cried
As he reached down
To close Susie’s eyes…
She lie there so tenderly
Fashioned so slenderly
Lift her with care
Oh the blood in hair…

It was all for God’s sake
For her singing the tune
For someone to feel her despair
To be damned to know hoping is dead and you’re doomed
Then to scream out
And nobody’s there…

She knew no one cared…

Father left home, poor mother died
Leaving Susie alone
Grandfather’s soul too had flown…
No one to care
Just to love her
How much can one bear
Rejecting the needs in her prayers…

Neglection can kill
Like a knife in your soul
Oh it will
But Susie fought so hard to live…
She lie there so tenderly
Fashioned so slenderly
Lift her with care
So young and so fair

(Michael Jackson)

Merci pour cette découverte à MarronBleu (cf réponse comm)

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La chambre dans l’espace (René Char)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



 

Illustration: Oskar Kokoschka  
    
La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine
― l’air se poudre de pluie, de soleil revenant ―,
je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant;
je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté.
Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ?
Demander c’est mourir !

L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles.
Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage
que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri
qui me donne ton silence !

(René Char)

 

Recueil: Commune présence
Traduction:
Editions: Gallimard

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JE VIENDRAI QUAND TU CONNAITRAS LA PIRE ANGOISSE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    
JE VIENDRAI QUAND TU CONNAÎTRAS LA PIRE ANGOISSE

Je viendrai quand tu connaîtras la pire angoisse,
Allongé, seul, dans la chambre assombrie,
La folle joie de la journée évanouie
Et l’heureux sourire banni
Des ténèbres glacées du soir.

Je viendrai quand le vrai sentiment de ton coeur
Régnera pleinement, sans rien pour le gauchir,
Et que mon influence, se glissant en toi,
Aggravant la désolation, gelant la joie,
Emportera ton âme.

Ecoute : voici l’heure, voici
Pour toi le moment redoutable;
Ne sens-tu pas déferler sur ton âme
Un flot d’étranges sensations,
Signes avant-coureurs d’un plus rude pouvoir,
Hérauts de mon avènement?

***

I’LL COME WHEN THOU ART SADDEST

I’ll come when thou art saddest,
Laid alone in the darkened room;
When the mad day’s mirth has vanished,
And the smile of joy is banished
From evening’s chilly gloom.

I’ll
come when the heart’s real feeling
Has entire, unbiassed sway,
And my influence o’er thee stealing,
Grief deepening, joy congealing,
Shall bear thy soul away.

Listen, ’tis just the hour,
The awful time for thee;
Dost thou not feel upon thy soul
A flood of strange sensations roll,
Forerunners of a sterner power,
Heralds of me?

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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L’ÉTOILE (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



L’ÉTOILE

Tandis que je suis couché dans mon lit
Bien allongé tout droit comme statue de gisant
Sous les couvertures plates
Seulement soulevées par la pointe de mes pieds
Je m’aperçois qu’une grosse étoile me regarde
Que peut penser là-bas cette étoile
Qui voit de si haut
Un homme tout simplement au lit
Je ne sais pourquoi ce soir il me paraît
Que cet oeil fixe
Est bien gênant pour l’homme
J’ai peur de ce que pense
L’étoile
Vais-je m’endormir ainsi
Sachant que cette étoile me verra dormir
Non
Je me lèverai pour tirer le rideau
Afin que ce trop bel oeil du Ciel
Ne me voie pas moi
Sur la Terre
Dans mon lit
Bêtement fermer les yeux

(Pierre-Albert Birot)

Illustration

 

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Allongé dans le hamac (Nahoko Okabe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



l_homme_au_hamac

Allongé dans le hamac,
l’impression d’être
sur la cuisse de Bouddha

(Nahoko Okabe)

Illustration

 

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POÈME POUR UNE PEINTURE (Tang Yin)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



POÈME POUR UNE PEINTURE

Les immenses eaux d’automne
se fondent avec le ciel
Dans les montagnes d’innombrables arbres
sombrent au fond du crépuscule
Je hèle la barque pour passer le lac
Allongé, j’admire les falaises
sorties de l’eau au soleil couchant

(Tang Yin)

 

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