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Poésie

Posts Tagged ‘allonger’

Lire la mémoire (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2019




    
Lire la mémoire aux volets fermés,
ses crimes, ses clés, ses caves,
le château des pluies,

Lire la prose des ombres, le babil
des abeilles, cette chose noire et douce,

Lire au soir le blason des nuages
lorsque l’eau se ride et que tu allonges
la main, tirant le fond noir du ciel.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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O mon amour (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018


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Nous avons les yeux bleus des prisonniers
Mais notre corps est adoré par les songes
Allongés nous sommes deux ciels dans l’eau
Et la parole est notre seule absence

(Georges Schehadé)

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Ce n’est pas seulement une lumière (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
Ce n’est pas seulement une lumière
tombant sur le monde
qui allonge sur ton corps
sa neige noyée :
la clarté émane
de toi comme si tu étais
éclairée du dedans.

Sous ta peau loge la lune.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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Je t’écris une lettre (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018




Je t’écris une lettre qui parle
du soleil comme d’une hanche
,

de la mer comme d’une pupille
allongée
,

d’un gâteau de première
communion
,

d’une pomme
;

j’écris une lettre comme on gonfle
une montgolfière en choisissant
soigneusement et uniquement
des consonnes

(Mathieu Bénézet)

 

 

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Tu captes les départs immobiles (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2018



 

 Brendan Monroe Observer__before_sleep_

Tu captes les départs immobiles
au fond d’un rêve où tu laves tes sensations

Tu emplis la rue de ta solitude tendue
et les femmes qui auraient pu t’arrêter
ont déjà emprisonné leurs corps

Tu épuises dans des rencontres sans attente
les biceps que tu allonges dans les stades
et les murs tendres de ta prison
— tu tends des velours pour masquer les pièces —
ne cassent pas souvent ta tête
quand tu la jettes
dans des départs qui ne seront pas réalisés

C’est bien — on le sait que tu as des élans
mais tu retombes assis dans ton aventure assise
enfant
qui par sursaut t’aperçois
que les grains de ta vie tombent tombent
et que se vide ta puissance
et que s’alourdit la moitié basse de ton sablier

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Les Chemins de Fer (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

Les Chemins de Fer

Il m’est impossible de regarder sans une sorte de tristesse
ces chemins merveilleux auxquels notre industrie semble donner des ailes.
Je ne sais si c’est un progrès que de pouvoir fendre ainsi l’espace comme une flèche ;
mais ce qu’il y a de sûr, c’est que cela me rend plus sensible la rapidité de la vie,
qui, avant notre invention, l’était cependant bien assez.
Ces rainures de fer où nous sommes forcés de courir sans dévier d’une ligne,
emportés par une puissance aussi aveugle, presque aussi indomptable que la foudre,
n’est-ce pas une image de cet implacable sort qui nous entraîne,
et dont nous sommes les esclaves alors même que nous croyons les maîtriser ?

On croit gagner du temps parce qu’on l’accélère.
Mais ces voyages étourdissants ne font qu’abréger l’existence,
qui n’est, elle, qu’une traversée.
Ils ne permettent pas la mémoire,
le seul moyen qu’ait l’homme d’allonger et de doubler ses jours.
L’unique souvenir qu’ils nous laissent,
c’est qu’on va vite.
Aller vite, c’est mourir plus tôt.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Chris Ludlow

 

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CINQ AUTRES CHOSES (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Johann Wolfgang von Goethe

    

CINQ AUTRES CHOSES

Qu’est-ce qui m’abrège le temps ?
L’activité !
Qu’est-ce qui l’allonge insupportablement ?
L’oisiveté !
Qu’est-ce qui te plonge dans les dettes ?
Attendre et patienter !
Qu’est-ce qui engendre le gain ?
Ne pas délibérer longtemps !
Qu’est-ce qui procure l’honneur ?
Se défendre!

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Penser (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Penser est une insistance incompréhensible,
quelque chose comme allonger le parfum de la rose
ou creuser des trous de lumière
dans un flanc de ténèbres.

Et c’est aussi faire passer quelque chose
dans une manœuvre insensée
d’un bateau imperturbablement coulé
à une navigation sans bateau.

Penser, c’est persister
dans une solitude sans retour.

***

Pensar es una incomprensible insistencia,
algo así como alargar el perfume de la rosa
o perforar agujeros de luz
en un costado de tiniebla.

Y es también trasbordar algo
en insensata maniobra
desde un barco inconmoviblemente hundido
a una navegación sin barco.

Pensar es insistir
en una soledad sin retorno.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Dixième poésie verticale
Traduction: François-Michel Durazzo
Editions: José Corti

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La pie (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration
    
la pie.
elle est deux,
oiseau-cinéma.

l’hirondelle
vole sur une aile
puis sur l’autre —
allongeant à l’infini ce quai la terre.

le point final sera une étoile.

deux chardonnerets sur la clôture.
soudain
ils sont ma pensée.

le pigeon en vol déborde de son aile.
l’oiseau étendu sur l’air qui est oiseau.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Dans un village dévasté par la guerre (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration:  Rosso Fiorentino

    

Dans un village dévasté par la guerre
un homme à demi nu
que trois silhouettes enturbannées allongent
sur une couverture ocre
la photo est dans le journal
belle comme une déposition de croix
du Quattrocento

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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