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Poésie

Posts Tagged ‘allumer’

Vous écrivez dit-elle (Jacques Robinet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Vous écrivez dit-elle
par ennui ou mélancolie
votre peine
embrume les chemins

Où est votre amour
Où le chant de la grive ?
Vous écrivez dit-elle
car je me suis enfuie

On allume des bougies
dans les églises désertes
Vous écrivez pour remplir
mon absence

Peut-être reviendrai-je
avec la marée pour lire
serrée bien contre vous
ce poème sous un ciel étoilé

(Jacques Robinet)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

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Elle est noire (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2019




    
Elle est noire, c’est vrai. Corail ni jameroses
Ne rient dans sa figure, ou l’or non plus des blés.
Mais, les charbons sont noirs comme elle. Allume-le
On dirait un buisson de roses.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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PETIT FEU (Jean Mogin)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



PETIT FEU

Dans le petit matin, j’allume un petit feu,
Dans le petit matin, mon petit feu de joie,
Avec un brin d’espoir, avec un rien de paille
Un petit peu de feu, un petit feu de peu.

J’allume un feu de bois au fond de ma forêt.
J’allume au plus épais de moi ce peu de joie
Pour rallier de loin mes animaux errants,
Pour rappeler ici mes âmes en errance.

(Jean Mogin)

 

 

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Pendant que vostre main docte … (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Lauri Blank _1

Pendant que vostre main docte …

Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :

Gardez qu’Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n’evente ses chaleurs,
Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs,
D’un petit traict de feu ne vous les renouvelle.

En recueillant des fleurs la fille d’Agenor
Fut surprise d’Amour, et Prosperine encor
L’une fille de roy, l’autre toute déesse.

Il ne faut seulement que soufler un bien peu
Le charbon eschauffé, pour allumer un feu,
Duquel vous ne pourriez enfin estre maistresse.

(Rémy Belleau)

Illustration: Lauri Blank

 

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Moi, je vis la vie à côté (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



 

Moi, je vis la vie à côté

Sonnet

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal coté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête,
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !

(Charles Cros)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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Ce n’est pas l’allumette (Alirezâ Rôshan)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

ce n’est pas l’allumette
mais le chagrin de ton absence
qui allume ma cigarette

(Alirezâ Rôshan)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Benoit Colsenet

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LE FEU DE TA MÉLODIE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
LE FEU DE TA MÉLODIE

Ce feu de mélodie que Tu as allumé dans mon coeur,
Ce feu a tout embrasé, partout.
Les flammes dansent tout en battant la mesure,
De branche en branche, sur des arbres croulants :
Qui appellent-elles dans le ciel
Les mains exaltées ?
Ébahies, les étoiles dévisagent le noir,
Affolé, un vent surgit d’on ne sait où,
Immaculé, au plus profond de la nuit
S’épanouit ce lotus d’or :
Personne ne peut sonder le sortilège de cette flamme.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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SILENCE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



SILENCE

Quoi de neuf ? Je passe ma nuit à lire
Et je crois bien être vivant, ma foi.
La lampe… Qui l’allume, la fait luire
Quand il est trop tard, maintenant pour moi ?

Sur l’étagère, une montre respire…
Puis-je ne pas savoir tout ce qu’on doit ?
Nuit…
La lampe… Qui l’allume, la fait luire
Quand il est trop tard, maintenant, pour moi ?

(George Bacovia)

 

 

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La lumière s’est éteinte (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019


ombres-et-lumiere-beaubourg

La lumière s’est éteinte
J’allumerai l’astre de mes rêves

(Adonis)

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TROMPERIE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019




TROMPERIE

1
Printemps. Le matin est ivre de soleil,
Plus net le parfum des roses sur la terrasse,
Le ciel a plus d’éclat qu’une faïence bleue.
Le cahier est relié en maroquin très souple,
J’y lis des stances et des élégies,
Qui furent écrites pour ma grand-mère.

Je vois le chemin jusqu’à la grille, les bornes
Se détachent en blanc sur l’émeraude du gazon.
Oh! ce coeur est plein d’un amour exquis, aveugle.
Et quelle joie! ces couleurs, dans les massifs,
Et dans le ciel le cri aigu du corbeau noir,
La voûte du cellier au profond de l’allée.

2
Le vent souffle chaud, étouffant.
Le soleil brûle les mains.
La voûte de l’air sur la tête,
On dirait un verre bleu.

Odeur sèche des immortelles
Dans ma tresse qui se défait.
Sur le tronc rugueux du sapin
Une route pour les fourmis.

Reflets paresseux sur l’étang.
Vie légère, comme jamais…
Aujourd’hui j’ai cru voir quelqu’un
(Mais qui?) dans le hamac léger.

3
Soir bleu. Les vents sont apaisés,
La lumière veut que je rentre.
Qui est là? Devine… un fiancé?
Et pourquoi pas mon fiancé ?…

Sur la terrasse une silhouette familière,
On parle, mais très doucement.
Oh, je n’avais jamais éprouvé jusqu’ici
Une langueur si séduisante.

Les peupliers frémissent d’inquiétude,
Visités par des rêves de tendresse
Le ciel est couleur d’acier bruni,
La pâleur des étoiles est mate.

Je tiens un bouquet de giroflées blanches.
Elles cachent un feu secret, pour brûler
Celui qui les prendra de mes mains timides,
En effleurant ma paume tiède.

4
J’ai écrit des mots
Que longtemps je n’ai pas osé dire.
Le mal de tête m’engourdit,
Mon corps est comme insensible.

Le cor au loin s’est tu, mon coeur
Ressasse les mêmes énigmes,
Une légère neige d’automne
A recouvert le terrain de croquet.

Les feuilles bientôt ne frémiront plus !
La pensée bientôt oubliera ses tourments.
Je ne voulais pas être une gêne
Pour ceux dont le devoir est de se divertir.

J’ai pardonné à ces lèvres rouges
Leur cruelle plaisanterie…
Vous viendrez nous voir demain
En foulant aux pieds la première neige.

On allumera des bougies,
De jour leur éclat est plus doux,
On apportera un bouquet
De roses cueillies dans l’orangerie.

(Anna Akhmatova)

 

 

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