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Les paroles de l’eau (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Les paroles de l’eau

La lumière était de plus en plus lumière
clarté pure et sèche froide avec douceur
pendant que nous montions le chemin des alpages
où les clochettes des vaches tintent nonchalamment
Nous avons pris ensuite le sentier de terre
qui longe la forêt de grands sapins noirs
noirs du noir bleuté d’un plumage de choucas

Tout le long de la route une eau secrète nous parle
visible un instant quand le léger ruisselet traverse
le sentier puis de nouveau cachée mais toujours s’enchantant
parole de fraîcheur patience murmurée
l’incessante la volubile l’eau qui avance à notre pas

Toi dans ma vie ma chantante en sourdine
rire caché dans l’herbe source ma continuelle

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je vais plus loin que la route (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Tel un vagabond
Je pars pour les montagnes désertes.
(Milarépa)

Je vais plus loin que la route,
plus haut que les alpages
près des rochers ou rien ne pousse.
La lionne suit la ligne des neiges,
l’aigle tourne dans l’azur,
j’entends les cris des petits singes.
Le vent s’est fait mon équipage,
la nuit la compagne de mon coeur
et le soleil m’offre à boire.
Si tout me manque rien ne manque,
prenez les braises de mon foyer,
je vis d’un souffle de feu.
(Le vagabond se joue des apparences,
le vagabond met l’infini dans son jeu,
il chante follement sa folle liberté.)
Je vais plus loin que mon refuge,
plus haut que l’écho des vallées
près de la seule lumière.

(André Velter)

 

 

 

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