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Poésie

Posts Tagged ‘altitude’

La flûte de Stravinsky (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
La flûte de Stravinsky

Le cou du cygne se contracte
et le cygne
quitte les marécages du Silence

Une voix d’évangile de haute glace
s’envole à travers la voûte fendue

Le siffleur élyséen
entraîne une tresse de sons
dans l’altitude flûtée

comme la main d’un Hindou lancerait
une corde jusqu’au Nirvana

S’élèvent
aiguës les résonances d’étoiles —

À cette écoute
la bouche et l’oreille
de la musique
ne font qu’une

(Mina Loy)

 

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

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Emeraude (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Lorsque tout n’était qu’altitude,
altitude,
altitude,
l’émeraude froide attendait
là-haut, le regard émeraude :
c’était un oeil :
il regardait
et c’était le centre du ciel,
et c’était le centre du vide :
l’émeraude
regardait :
unique, dure, verte immensément,
on aurait cru voir l’oeil
de l’océan,
l’oeil fixe, l’oeil de l’eau,
goutte de Dieu, victoire
du froid, tour, verte tour.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Parler (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



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Parler —

Art de laisser filer la sonde dans la profondeur
que ne peut soupçonner l’homme de surface, l’homme actif, psychique.
Car nous, riverains ou nageurs,
toujours nous péririons dans l’ignorance de l’altitude sous nous,
sans la parole qui opère à tout instant le sondage pour nous,
et qui ainsi est notre profondeur,

Ecrire, c’est écrire malgré tout.
Comme une barque assemblée contre l’Océan sans mesure
— et la barque tire sa forme de l’Enorme qu’elle affronte en craignant la défaite,
et différents sont les esquifs autant que les ports d’un pôle à l’autre —
ainsi le style est ajointement malgré tout, manière de se jeter à cœur perdu mesure de l’immense;
et chacun reçoit figure de l’aspect que montre l’Elément où de son côté il se trouve jeté,
de la terreur déterminée que lui inspire l’indéterminé.

Faire front dans le tumulte pour m’y tenir à flot, quelque temps, sur l’inconnaissable.
—La phrase, ligne de flottaison.

(Michel Deguy)

Illustration: Hokusai

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À l’infini (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
À l’infini

Là-haut, tu es. Là-haut quoiqu’il advienne,
femme-soleil d’un miracle à jamais
que rien ne sépare de la pure lumière
ni du souffle ascendant de notre amour promis

à une autre altitude. Tu es là, hors d’atteinte,
hors du monde où meurent les âmes et les corps.
Tu danses sur l’horizon que je porte en moi
pour abolir l’espace et le temps. Tu vis à l’infini.

(André Velter)

 

 

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Chamois (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



Chamois

Le roc me légua sa robe
De prudence et de rigueur
Solitaire je traverse
Le passage
de l’éclipse
Et lèche le lait bleui
de l’altitude.

(Charles Dobzynski)


Illustration

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Écoutez (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



    

Écoutez : c’est mon nom que j’entends, qu’elle crie.
Je ne suis que silence et je baisse les yeux.
Seigneurs de l’altitude et des ravins poudreux,
Vous qui me regardez, vous qui me connaissez,
Ai-je perdu la vie?

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Moine en mal d’amour (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018




Illustration  de l’auteur
    
Le Moine en mal d’amour

Je me suis rasé le crâne
J’ai revêtu une robe
Je dors dans un coin de cabane
à deux mille mètres d’altitude en montagne
C’est lugubre ici
La seule chose dont je peux me passer
c’est un peigne

***

The lovesick monk

I shaved my head
I put on robes
I sleep in the corner of a cabin
sixty-five hundred feet up a mountain
It’s dismal here
The only thing I don’t need
is a comb

(Leonard Cohen)

 

Recueil: Le livre du désir
Traduction: Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Editions: Cherche Midi

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J’ai tant rêvé (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
J’ai tant rêvé

J’ai tant rêvé que je n’ai plus de rêves,
que le réel est mon rêve à présent.
Il a pour moi des douceurs de nuage
et le tranchant des lames de couteau.

J’ai tant marché que je n’ai plus de pas,
que mon errance est celle d’un oiseau.
De l’altitude il me faut le vertige
et je me veux l’aliment du soleil.

J’ai tant écrit que je n’ai plus de mots.
Quel est celui qui contient tous les autres ?
Je l’ai cherché depuis la glaise rouge
jusqu’à l’étoile en ne le trouvant pas,

mais je revis chaque aube de l’attendre.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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J’étais une ruche (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018


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J’étais une ruche
qui s’envolait aux sources de l’altitude
avec tout son miel
et toutes ses abeilles.

(René Char)

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Qui sommes-nous ? (Zéno Bianu)(André Velter)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




    
Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous vraiment, au plus intime de notre vacillement
Des grains d’étoiles jetés à l’orée du sens et du non-sens ?
De la poussière d’anciennes lunes en éclipse ?
Des copeaux de mémoires qui saignent ?
Des veilleurs aussi silencieux qu’intarissables ?
Des décrypteurs pulsant une même intensité d’altitude ?
Des voltigeurs d’extase ?

Pour celui qui n’a de cesse de recomposer son propre puzzle
en le tendant vers l’infini
le « qui suis-je » n’est plus une simple question,
mais un état, une implosion créatrice, une profession de foi.

Qui suis-je ?

Rien d’autre que le murmure polyphonique de cela.
Une onde en quête de droitures essentielles.

(Zéno Bianu)(André Velter)

 

Recueil: Prendre feu
Editions: Gallimard

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