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Poésie

Posts Tagged ‘amande’

Tronc versé au fossé de tes hanches (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Tronc
versé au fossé
de tes hanches

Les lierres du ventre
à l’écorce des eaux
Fourreau
comme la chair à l’os
Mes mains
aux ronces de l’approche

Différemment:

Amande amère douce
Etoile aux toiles des toisons
toujours toi
sexe insecte aux élytres d’odeurs
Amanite incertaine amante

(Werner Lambersy)


Illustration: Zhaoming Wu

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SIGNES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



 

FIN

SIGNES

Quand un client parfois dans un restaurant sombre
décortique une amande
une main vient se poser sur son étroite épaule
il hésite à finir son verre
la forêt au loin repose sous les neiges
la servante robuste a pâli
il lui faut bien laisser tomber la nuit d’hiver
n’a-t-elle pas souvent vu
à la page dernière
d’un livre à modeste savoir
le mot fin imprimé
en capitales dorées ?

(Jean Follain)

 

 

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Dans ta paume chaude et caline (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019


main

Ne peux-tu donc prendre les vagues
Dont les barques sont les amandes
Dans ta paume chaude et caline?

(Paul Eluard)

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Chaque personne (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


écureuil

Chaque personne que je rencontre
Est pour moi une Expérience
Si elle contenait une Amande?
La tournure d’une Noix

Sur un Arbre inspire
Autant confiance,
Mais de la Viande est exigée à l’intérieur
Pour les Ecureuils, et Moi.

***

Experiment to me
Is every one I meet
If it contain a Kernel?
The figure of a Nut

Presents upon a Tree
Equally plausibly,
But Meat within, is requisite
To Squirrels and to Me.

(Emily Dickinson)

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Bouddha (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018




    
Bouddha

Comme s’il écoutait. Silence : un lointain…
Nous retenons notre souffle et ne l’entendons pas.
Il est étoile. Entouré d’étoiles plus grandes
que nous ne voyons pas.

Il est tout. Nous attendons-nous vraiment
à ce qu’il nous voie ? En aurait-il besoin ?
Et quand on se prosterne il reste loin
profond et pesant comme un animal.

Car ce qui nous jette à ses pieds
circule en lui depuis le fond des millénaires.
Négligeant notre savoir
il pénètre ce qui nous rejette.

*

Bouddha

De loin déjà le pèlerin, craintif étranger,
ressent cette pluie d’or qui ruisselle de lui;
comme si des riches, soucieux de se racheter,
avaient amassé là tous leurs trésors.

Mais en s’approchant il est troublé
par la majesté de ces sourcils;
ce qu’il voit là ne ressemble guère
ni à leur vaisselle ni aux pendants d’oreilles
que portent leurs femmes.

Ah, si quelqu’un pouvait donc dire
quelles furent les choses qu’il fallut fondre
pour ériger dans le calice d’une fleur
cette image plus muette d’un jaune plus calme
que celui de l’or et qui effleure
tout l’espace autant que soi-même.

*

Bouddha en majesté

Coeur de tous les coeurs, centre de tous centres,
amande qui se clôt et perd son amertume, —
tout cela jusqu’aux étoiles
est ta pulpe : Je te salue.

Vois, tu le sens : rien à toi ne tient plus;
ta coque est dans l’infini,
la vigueur de ta sève s’y presse.
Et du dehors l’aide un rayonnement,

car tout là-haut tes soleils
pleins et ardents sont renversés.
Mais en toi déjà et né
ce qui surmonte tout soleil.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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C’est du bleu pur (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



c’est du bleu pur
la dragée et son amande
les dents de lait
l’oreiller blanc
on plonge dedans
une voix demande,
le paradis, c’est
le bleu tout le temps ?

(Katell Antoine)


Illustration

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Tes mains (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018




Tes mains

Lorsque tes mains s’envolent,
mon amour, vers les miennes,
que m’apporte leur vol ?
Pourquoi s’être arrêtées
brusquement sur ma bouche,
se faisant familières
comme si lors, avant,
je les avais touchées,
comme si avant d’être
elles avaient couru
sur mon front, sur ma taille ?

Leur douceur s’avançait
en volant sur le temps,
sur la mer, la fumée,
sur le printemps aussi,
et quand tu as posé
tes mains sur ma poitrine,
j’ai reconnu ces ailes
de colombe dorée
reconnu cette argile,
cette couleur de blé.

J’ai passé mes années
à marcher, les quêtant.
J’ai franchi les récifs,
gravi les escaliers,
les trains m’ont emmené,
les eaux m’ont ramené,
dans la peau du raisin
je croyais te palper.
Le bois m’a apporté
un beau jour ton contact,
l’amande m’annonçait
ta secrète douceur,
lorsque sur ma poitrine
tes mains se sont fermées
et là comme deux ailes
ont fini leur voyage.

(Pablo Neruda)

Illustration: Partarrieu

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Mains (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Mains

Lorsque tes mains s’envolent,
mon amour, vers les miennes,
que m’apporte leur vol ?
Pourquoi s’être arrêtées
brusquement sur ma bouche,
se faisant familières
comme si lors, avant,
je les avais touchées,
comme si avant d’être
elles avaient couru
sur mon front, sur ma taille ?

Leur douceur s’avançait
en volant sur le temps,
sur la mer, la fumée,
sur le printemps aussi,
et quand tu as posé
tes mains sur ma poitrine,
j’ai reconnu ces ailes
de colombe dorée
reconnu cette argile,
cette couleur de blé.

J’ai passé mes années
à marcher, les quêtant.
J’ai franchi les récifs,
gravi les escaliers,
les trains m’ont emmené,
les eaux m’ont ramené,
dans la peau du raisin
je croyais te palper.
Le bois m’a apporté
un beau jour ton contact,
l’amande m’annonçait
ta secrète douceur,
lorsque sur ma poitrine
tes mains se sont fermées
et là comme deux ailes
ont fini leur voyage.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Il n’y a plus d’amandes (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



 

Il n’y a plus d’amandes

Il n´y a plus d´amandes :
Les écureuils ont tout mangé
Et les oiseaux ont ravagé
Les vignes qui s´étendent
Jusqu´au prochain verger.
Le foin sent la lavande,
Ta gorge chaude l´oranger.
Mes lèvres vont se mélanger
A tes lèvres gourmandes.
Rien ne viendra nous déranger.

Le vieux moulin à vent
Ne battra plus des ailes.
Le seau rouillé sur sa margelle
Ne grincera plus comme avant.
Les écureuils au coin du feu s´endorment.
Viens, faisons comme eux.

Je te fais une guirlande
De fleurs des champs, de fleurs des prés,
Et nos deux corps sont bien trop près
Et notre faim si grande.
Ne nous faisons plus désirer.
Il n´y a plus d´amandes :
Les écureuils ont tout mangé

Mais j´en aurai en contrebande
Pour t´y faire goûter
Sans attendre l´été.

(Georges Moustaki)

Illustration: William Bouguereau

 

 

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L’amande (Muhammad al-Amir ibn Shâraz)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018




L’amande

Au coeur de l’amande dort
la fortune secrète
de l’amour.

Sous l’odorant velours
qui verdit
le coin ensoleillé du désir,
la lune parfois est douce,
parfois distille de l’amertume.

(Muhammad al-Amir ibn Shâraz)

 

 

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