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Poésie

Posts Tagged ‘amandier’

Avant l’orage (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Serge Agombart
    
Avant l’orage

Entre les amandiers
Le trop-plein de l’été
s’est retiré
Un chant de loriot
depuis la haie
Vient se loger
Dans le nid défait
de la vacance

Jailli de la senteur
du sol originel
Le rayonnement vert
Se fait plus proche
plus ardent
plus transparent
Comme pour tout reprendre

Avant l’orage

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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CHRYSANTHEME (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



chrysantheme

CHRYSANTHEME

Sous les amandiers, au pied noir des treilles,
Au coeur des corbeilles,
Au sein des massifs, au long des allées,
Sont tombées fanées,
De toutes senteurs, de toutes couleurs,
Des fleurs et des fleurs.

Elles ont péri, les fleurs lascives,
D’amours excessives

Avec le soleil en rut sur leur coeur
Lubrifié d’odeurs.

Il en est tombé, il en est tombé
Sur la terre dure,
Pendant tout l’été,
Séchées de baisers, mûres de luxure ;
Acres chairs d’oeillets, sexes noirs d’iris,
Et même des lys,
Et surtout des lys.

Et de ce charnier par l’eau fécondé,
Et de ce charnier,
A peine frôlé par des rayons blêmes,
Marqué d’anathème,
Voici naître le pathétique chrysanthème

(Charles Vildrac)

Illustration

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Et la neige tomba sur Hermon (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



neige désert [800x600]

La floraison du bâton

[36]
Et la neige tomba sur Hermon,
le lieu de la Transfiguration,

et la neige tomba sur Hébron
où, au printemps dernier, poussait les anémones,

dont l’écarlate et le rose et le rouge et le bleu,
Il compara aux robes d’un Roi,

mais Salomon même, dit-Il,
n’était pas si bien vêtu que l’un d’eux ;

et la neige tomba sur les amandiers
et les muriers furent couvert d’un dôme

comme une hutte de forestier ou de berger
sur les pentes du mont Liban,

et la neige tomba
en silence… en silence.

[37]
Tandis que la neige tombait sur Hébron,
le désert fleurit comme il l’avait toujours fait ;

en une nuit, un million de millions de petites plantes
jaillirent du sable,

et sur chaque million de millions de petits brins d’herbe
apparut une toute petite fleur,

elles étaient si petites, on pouvait à peine
les visualiser séparément,

ainsi finit-on par dire,
la neige tombe sur le désert ;

cela était déjà arrivé,
cela arriverait encore.

[38]
Et Kaspar fut peiné comme toujours,
quand un seul jumeau de ses nombreuses chèvres se perdit —

un si petit chevreau, de si peu d’importance,
il était si riche, d’innombrables troupeaux, bétail et moutons —

et il laissa les chèvres montagnardes à long poil
rentrer au pâturage plus tôt que de coutume,

car elles s’irritaient dans leurs enclos, reniflaient l’air
et l’herbe fleurie ; et lui même resta éveillé toute la nuit

près de la plus jeune de ses chamelles blanches mettant bas avec peine,
et choya son chamelon — pareil à une grosse chouette blanche —

sous son manteau et l’emporta dans sa tente
à l’abri et au chaud ; ce fut ainsi que se répandit la légende

que Kaspar
était Abraham.

***

And the snow fell on Hermon,
the place of the Transfiguration,

and the snow fell on Hebron
where, last spring, the anemones grew,

whose scarlet and rose and red and blue,
He compared to a King’s robes,

but even Solomon, He said,
was not arrayed like one of these;

and the snow fell on the almond-trees
and the mulberries were domed over

like a forester’s hut or a shepherd’s hut
on the slopes of Lebanon,

and the snow fell
silently … silently .. .

And as the snow fell on Hebron,
the desert blossomed as it had always done;

over-night, a million-million tiny plants
broke from the sand,

and a million-million little grass-stalks
each put out a tiny flower,

they were so small, you could hardly
visualize them separately,

so it came to be said,
snow falls on the desert;

it had happened before,
it would happen again.

And Kaspar grieved as always,
when a single twin of one of his many goats was lost—

such a tiny kid, not worth thinking about,
he was such a rich man, with numberless herds, cattle and sheep—

and he let the long-haired mountain-goats
return to the pasture earlier than usual,

for they chafed in their pens, sniffing the air
and the flowering-grass; and he himself watched all night

by his youngest white camel whose bearing was difficult,
and cherished the foal—it looked like a large white owl—

under his cloak and brought it to his tent
for shelter and warmth; that is how the legend got about

that Kaspar
was Abraham.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Février (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




février

déjà ici
le printemps
triomphe

jamais
l’élan
ne fléchit

la faim
ne s’apaise

jamais
ne vient
le repos

et comment
vivre

comment aller
du labour aux moissons

comment ne rien détruire
et consentir à la soif

*

être un jour cet amandier
ne plus avoir
à s’inventer un chemin

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Vincent Van Gogh

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Ma Poésie (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration

    
Ma Poésie

Il est dans le Midi des fleurs d’un rose pâle
Dont le soleil d’hiver couronne l’amandier ;
On dirait des flocons de neige virginale
Rougis par les rayons d’un soleil printanier.

Mais pour flétrir les fleurs qui forment ce beau voile,
Si la rosée est froide, il suffit d’une nuit ;
L’arbre alors de son front voit tomber chaque étoile,
Et quand vient le printemps il n’a pas un seul fruit.

Ainsi mourront les chants qu’abandonne ma lyre
Au monde indifférent qui va les oublier ;
Heureuse, si parfois une âme triste aspire
Le parfum passager de ces fleurs d’amandier.

(Louise Colet)

 

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Le diamant du frelon (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Le diamant du frelon
lézarde
l’amandier.

(Jean-Marie Barnaud)

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Notre arbre est-il le lotus (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



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Les murs ne tombent pas
[27]

Notre arbre est-il le lotus
du bosquet de lotus,

le rêve
grisant, somnolent du lourd magnolia ?

ou le pommier grenat
dont le nom décore des sonnets,

mais soit acide soit trop mûr,
parfait pour l’instant seulement ?

de toutes les floraisons du bois,
sommes-nous amandier sauvage ou cerisier d’hiver ?

sommes-nous pin ou sapin,
sentinelle, solitaire ?

ou cyprès,
fragrant-arbutus ?

***

Is ours lotus-tree
from the lotus-grove,

magnolia’s heavy, heady, sleepy
dream?

or pomegranate
whose name decorates sonnets,

but either acid or over-ripe,
perfect only for the moment?

of all the flowering of the wood,
are we wild-almond, winter-cherry?

or are we pine or fir,
sentinel, solitary?

or cypress,
arbutus-fragrant?

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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LE NOUVEAU PRINTEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: Philibert Léon Couturier

    

LE NOUVEAU PRINTEMPS

Les tantes veuves portent de pesantes armatures
de mort et de gourgouran. Du cou
jusqu’à l’inviolée pointe des brodequins, elles proclament
leur rupture avec le siècle. Et rien n’existe plus
hors de la nuit de leurs maris empreinte
en chacun de leurs gestes de superbe solitude.

Ainsi les voulons-nous pour toujours de nouveau
vierges, réintégrées dans la pureté originelle.
Malheur à qui murmure: les tantes sont des femmes
sujettes à la terrestre loi du désir,
et dans leurs nuits blanches elles luttent corps à corps avec les farfadets.

Une tante, pourtant, oublie les commandements
et se remarie. La foudre s’abat sur la famille.
Elle est toute jardin, elle est pur amandier
dans le joyeux abandon de son autre virginité.
La famille en a décidé: cette tante est morte.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Faut-il toujours que le matin revienne ? (Novalis)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



Faut-il toujours que le matin revienne ?
L’empire de ce monde ne prend-il jamais fin ?
Une fatale activité engloutit les élans divins de la Nuit qui s’approche.
Ne va-t-il donc jamais, le sacrifice occulte de l’Amour, éternellement brûler ?

La lumière a son temps, qui lui fut mesuré ;
mais le royaume de la Nuit est hors le temps et l’espace.
– Et c’est l’éternité que le sommeil a pour durée.
Sommeil sacré ! Ne t’en viens pas trop rarement, durant le terrestre labeur du jour,
combler de tes félicités les adeptes fidèles de la Nuit.

Les insensés uniquement te méconnaissent
et ne savent point d’autre sommeil que l’ombre que tu jettes,
par compassion pour nous, au crépuscule de la nuit évidente.

Ils ne te sentent point dans le flot d’or des grappes
– dans l’huile miraculeuse de l’amandier ou dans la brune sève du pavot.

Ils ne le savent pas, que c’est toi qui nimbes ainsi le tendre sein de la vierge
et nous fais de son cœur un paradis.

Ils ne pressentent pas que, te levant des légendes anciennes,
tu t’avances vers nous, ouvrant le ciel,
et tu portes la clé qui ouvre les demeures de la béatitude,
silencieux messager des infinis mystères !

(Novalis)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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CAPTIVITÉ (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



 

 

CAPTIVITÉ

Autrefois, dans un palais orné de belles peintures,
j’ai connu le bonheur.
On brûlait des parfums sur mon passage.
Je dormais sur des coussins de soie.
Des musiciennes m’entouraient,
et je n’apercevais que des jardins
sablés de poudre de corail.

Aujourd’hui, dans cette forteresse de Koueï-tcheou,
je n’entends que les sinistres appels
des veilleurs et les cris des singes
qui s’ébattent au clair de lune, parmi les rochers.

J’attends.
Je frissonne.
Je perds courage.
Si je distinguais, seulement, les lumières de notre capitale…
Je dois me contenter de regarder la constellation
qui brille au-dessus de cette lointaine ville.

Quand ma tristesse est trop lourde,
je vais m’asseoir sur la Terrasse du Nord,
où le vent dépose les fleurs
d’un invisible amandier

(La Flûte de Jade)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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