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Les bois… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Les bois…

Les bois ont des douceurs de cimes
Bleuâtres comme sont les nues;
Sur le banc où nous nous assîmes
Tombe l’ombre des branches nues.

La source mollement s’étire
Au ras des pentes défleuries,
Avec le pli las d’un sourire
Sur des lèvres endolories.

Nulle voûte d’or et nul porche
Triomphant qui s’ouvre et s’allume.
Flamme de cierge, âme des torches
Et léthargique encens qui fume.

Brume des brumeuses fontaines,
Avec des gestes de mystère,
Disparaissent les formes vaines
Des rêves qui nous enchantèrent.

O mon songe triste…! qu’il dorme
Sans plus errer, pauvre âme en peine,
Sous les rameaux noueux des cormes,
Brume des brumeuses fontaines,

Qu’il dorme…! en la vase odorante
La source douloureuse pleure
Et le soleil, sombre amaranthe,
Se fane en l’ombre qui l’effleure.

(Marie Dauguet)

 

 

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Je porte en moi (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Dédicace
Pour Henri

Je porte en moi, parmi des clartés de vitrail,
Des fleuves étalés, des cités fulgurantes,
Des bouleaux d’argent pur, des prés de frais émail,
Des jardins constellés de lys et d’amaranthes.

Je nourris des dragons en de lointains bercails;
Mais rien ne transparaît du rêve qui me hante;
Je suis ce manuscrit fleuri d’absurdes plantes
Qui recèle à l’abri de mon double fermail,

– Magique parchemin et dont la garde est vierge,
Que nul doigt n’effleura sous sa gaine de serge, –
Des psaumes exaltés et d’amoureux cantiques.

A toi, j’offre aujourd’hui les cités, les chimères,
Le vitrail d’or liquide et le livre mystique
Où repose mon coeur comme en un reliquaire.

(Marie Dauguet)

Illustration: Guy Baron

 

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