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Poésie

Posts Tagged ‘amarres’

On lâche les amarres (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



A la mort, on lâche les amarres:
tout ce par quoi nous sommes, êtres et choses.
C’est par là d’abord qu’on meurt, qu’on cesse d’être.
Ceux qui sont sans attachements, en un sens ne meurent pas.

(Roger Munier)

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Vient le jour où l’on quitte la gare (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



Illustration
    
Vient le jour où l’on quitte la gare.
Enfermé depuis toujours, on cesse soudain
de chercher des abris.
On lâche les amarres.
Tout s’allège et le ciel s’entrouvre.

Alors, plus nue de n’avoir jamais été nue
notre âme écoute pour la première fois
son silence intérieur.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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J’irai plus loin (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
J’irai plus loin

—Je ne sens rien de moi crever votre écriture
Je suis la page blanche et l’encre reste en vous.

—J’écris pourtant sur vous Votre corps est ma table
Les mots me sont dictés par votre parchemin.

— Je ne suis pas l’objet que vous croyez décrire
De chair de sang vous évidez ce que je suis.

—Penser à vous s’infuse en mes veines
Que vous n’ayez qu’un sens m’est inadmissible.

—Vous faites bifurquer ce sens imaginaire
De mon fleuve secret vous ignorez le cours.

—Je ne vous quitte plus La nuit je suis la barque
Qui ne pourrait sans vous rompre ses amarres.

—Vous mentez par ma personne interposée
Mais j’habite un miroir où vous êtes éteint.

—J’irai plus loin plus loin pour accoster votre rivage
Ce rivage du corps qui déserta sa peau.

— Vous cherchez un rivage et je ne suis qu’une île
Au grand large du corps que vous ne pouvez voir.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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Au midi des contradictions (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




Au midi des contradictions

Il n’y a pas de vague plus fatale que la mer ;
pas d’arbre plus illustre que la forêt.

Ni du limon, ni de l’étoile ;
nous tenons de l’un et l’autre à la fois.
Les contraires embroussaillent nos chemins ;
notre avance se réalise à la lente cadence du choix.

Le souffle court, nous ne marchons que par étapes ;
le regard impatient, nous ne savons pas séjourner.
Avancer, reprendre joie, défier l’obstacle,
peut-être le vaincre, puis aller de nouveau : tels sont nos possibles.
Aimons les rayons d’un soleil menacé ;
qu’il nous soit cher l’étang qui retient sa part de ciel.

Incertains de nos sources, qu’aurons-nous à livrer à la nuit ?
Peut-être ces lueurs qui dénoncèrent l’opaque, peut-être
la trace bleue d’un bonheur qui fuit.

«L’amour est toute la vie », Il est vain de prétendre
qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.

Ceux qui s’aiment dénouent, en leur saison privilégiée,
toutes les amarres.
Étrange et doux espace.
S’entremêlant, les fleuves chantent déjà la mer.

Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.

Regarder, écouter, c’est un peu la même chose :
une attention passionnée à la transparence de l’ami.

(Andrée Chedid)


Illustration: Sylvie Lohmann   » Pensées Contradictoires »

 

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Larguez les amarres (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016




Larguez les amarres

Larguez les amarres
On est embarqués
Je suis à la barre
C’est pour naviguer
Le temps nous prépare
De quoi bourlinguer
Pour changer de quai
Larguez les amarres

Carguez les voilures
Virons à tribord
Le vent est d’allure
À virée du nord
À deux encablures
La lune s’endort
Pour changer de port
Carguez les voilures

Accostés la veille
Repartis demain
Avec des merveilles
Au creux de nos mains
Ton œil appareille
Vers mes lendemains
Au gré des chemins
Accostés la veille

Si j’ai la tempête
J’aurai vos soleils
Si j’y perds la tête
J’aurai vos conseils
Si quelque mouette
Hante vos sommeils
Restez en éveil
Et soyez poète

Le temps d’une rose
Vous fasse la cour
Qu’un oiseau se pose
Dans vos alentours
Acceptez que j’ose
Vous dire l’amour
Et comme il est court
Le temps d’une rose

J’inscris cette escale
Au journal de bord
Avec dans mes cales
La vie et la mort
À même fringale
De l’âme et du corps
Je veille et je dors
Selon vos escales

J’ai mal à me dire
Qu’il est quelque part
Des voiles qui virent
Mon dernier départ
Tel est mon navire
Toujours en retard
Lancé par hasard
Mais c’est mon navire

Larguez les amarres
On est embarqués
Je suis à la barre
C’est pour naviguer
Le temps nous prépare
De quoi bourlinguer
Pour changer de quai
Larguez les amarres

(Gilles Vigneault)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Tu aimes ce grand vent accouplé à la mer (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2016



Tu aimes ce grand vent accouplé à la mer
Jailli de nulle part il occupe d’un bond le présent
fouille la racine des eaux, des arbres,
puis rompt les amarres de la vieille maison —

et les rochers tremblent sous le fracas des eaux —

celui qui cherchait à entendre sa musique
dans le poème vidé de ses mots
le vent pour pensée, déjà si loin en mer,
contemplait ces forces, ces dieux anciens,
qui détruisent sans colère ni haine —
et voici un souffle qui passe
entre la crête d’une vague et d’une aile –

(Lorand Gaspar)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com

Illustration: ArbreaPhotos /

 

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Du côté du soleil (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2016



Du côté du soleil
de jour et de même de nuit,

la tête tournée
et qui tourne et qui tourne

pour voir l’azur
à la renverse

pour être au monde
plus ébloui

pour larguer l’ombre
et les amarres.

Il y a ce feu
qui s’offre au bleu,

il y a ce bleu
qui boit de l’or.

(André Velter)

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