Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘amas’

AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS…

Amour déshabillé de nous comme, de mousse,
Par la rage de l’eau,
Un mur, toujours plus bas plongeant dans le terreau
Peuplé de larves douces,

Ton torse blanc résiste à la griffe des houx,
Aux hachures de l’ombre
Et chaque pierre en toi reste fidèle au nombre
Qui s’est défait de nous.

Te retrouverons-nous ? Brûlerons-nous ensemble ?
Parfois, dans le charbon,
L’enfant croit reconnaître en nos amas profonds
Quelqu’un qui lui ressemble,

Mais ce n’est qu’un nuage, une feuille, un serpent
Ou quelque rêve informe
Comme en font les rochers lorsque l’on croit qu’ils dorment
A l’ombre des vivants.

Et toi tu resplendis, à la fois vierge et veuve
Au soleil revenu :
On dirait que, nous arrachant à ton flanc nu,
La mort te fait plus neuve,

Amour femelle, et ton entêtement joyeux
Dans la beauté du monde
Qui n’est beau que de toi, de ton haleine blonde
Et de l’eau de tes yeux.

(Jean Rousselot)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand tu seras vieille et grise (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
Quand tu seras vieille et grise et pleine de sommeil,
Quand, ta tête inclinée près du feu, tu prendras ce livre,
Et lentement, liras et reverras le doux regard
De tes yeux d’autrefois, et de leurs ombres profondes.

Combien ont aimé tes moments de joie prodigue,
Et aimèrent ta beauté d’un amour sincère ou faux,
Mais un seul aima l’âme du pèlerin en toi,
Et aima les défaites de ton visage changeant ;

Et quand courbée sur la hampe incandescente,
Tu murmureras comment l’amour te quitta
Comment il s’envola au-dessus des montagnes
Et cacha son visage dans un amas d’étoiles.

***

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des milliers de souvenirs (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019




    
…Des milliers de souvenirs d’avoir senti la solitude
et souhaité avec rage la fin des mauvais temps ou de la pensée.

Peut-être ne laissera-t-il qu’un amas informe de fragments aperçus,
de douleurs brisées contre le Monde, d’années vécues dans une minute,
de constructions inachevées et glacées,
immenses labeurs pris dans un coup d’oeil et morts.

Mais toutes ces ruines ont une certaine rose.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOIR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



NOIR

Fleurs faites cendres, vaste amas de noir…
Cercueils calcinés, d’un noir métallique,
Habits funéraires d’un noir tragique,
Et le noir profond, cet amas de noir…

Étincelles de rêve… amas de noir…
Carbonisé, l’amour n’est que fumée,
Dans la pluie un parfum, plumes brûlées…
Et rien que ce noir, cet amas de noir…

(George Bacovia)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Certaine flamme sous le silence du vivant (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
Certaine flamme sous le silence du vivant est-elle amour
est-elle une inconnue réplique de l’énergie noire
à des millions d’années-lumière de toi mêlée
de galaxies, de tourbillons de feu
dans le bouillonnement de
leurs cratères et leurs
amas de glace, leurs
pluies de métaux
en fusion,
nulle
part
et
partout,
des univers comme
la même flamme en toi
d’étoiles surgies d’ombres
autour d’infinités neuronales,
écoutes-tu l’amour qui te crée au
silence du vivant, en son hasard au cycle
du vivant, écoutes-tu le rien d’amour que tu
inventes, ta création du rien en peuple d’astres que
tu es, écoute et danse pour un instant de vie son feu de ciel

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les voyelles les voyelles (Amelia Rosselli)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
les voyelles les voyelles,
je commence à pénétrer dans l’amas des choses

(Amelia Rosselli)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Je crois donc (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



 

feu

Je crois donc, avenir d’une réalité,
Que tu viens, devançant l’Age des Créatures,
Ouraganer la paix de mon éternité
Afin que je m’apprête aux tempêtes futures.

Vite déchiffre-moi cette énigme de feu
Qu’alimentent, bizarre amas d’allégories,
Des fanfares, des paons, des blasphèmes à Dieu,
Des serments tronçonnés et des chocs de patries.

Oh dis, spectre à rebours, la Force de demain
Que tu fais pressentir par une telle emprise
Que ma barbe si blonde a blanchi de surprise ! »
Et la Flamme lança : « Je suis l’Orgueil Humain. »

(Saint-Pol Roux)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Et nous, les deux fois nés d’aujourd’hui (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Les murs ne tombent pas
[14]

Et nous, les deux fois nés d’aujourd’hui,
avons pourtant nos mauvais moments quand

traînant la vaine
bogue du moi derrière nous,

nous sommes obligés d’avouer
malaise et embarras ;

nous tirons sur cette coquille morte,
luttons mais il nous faut attendre

que le nouveau Soleil sèche
les humeurs de l’ancien corps ;

maladroits, nous traînons cette vieille
volonté, vieille volition, vieille habitude

partout avec nous ;
nous sommes ces gens,

nostalgiques, entêtés, ironiques,
qui ne veulent rien savoir

de la reconstruction d’un monde neuf,
dans la confédération du travail,

des questions de pratique en art
et du catalogage des utilités :

ô, ne regardez pas
dans l’air,

vous qui êtes pris
dans l’amas labyrinthique

de sable déroutant
des efforts de notre temps ;

vous serez, moins effrayés
que paralysés par l’inaction,

et d’ailleurs,
nous n’avons pas rampé bien haut

sur notre brin d’herbe individuel
vers notre étoile individuelle.

***

Yet we, the latter-day twice-born,
have our bad moments when

dragging the forlorn
husk of self after us,

we are forced to confess to
malaise and embarrassment;

we pull at this dead shell,
struggle but we must wait

till the new Sun dries off
the old-body humours;

awkwardly, we drag this stale
old will, old volition, old habit

about with us;
we are these people,

wistful, ironical, wilful,
who have no part in

new-world reconstruction,
in the confederacy of labour,

the practical issues of art
and the cataloguing of utilities:

O, do not look up
into the air,

you who are occupied
in the bewildering

sand-heap maze
of present-day endeavour;

you will be, not so much frightened
as paralysed with inaction,

and anyhow,
we have not crawled so very far

up our individual grass-blade
toward our individual star.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Vladimir Kush

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chaque Nuit (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

Chaque Nuit

Chaque nuit
je me promène
solitaire et calme
contemplant
sous un amas de poussières
les objets de mon insomnie

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

HORIZON (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

HORIZON

Tu te voues au néant,
tu te brûles
dans le dégel, tu
dores de genêts les falaises.

Mon souffle
se brise en toi. Je suis
particule
de l’amas qui te compose,
cendre — planant

dans ton second ciel, dans le bleu
que j’ai extrait du bleu
du matin.

Et la demi-parole reste
dans nos poumons haletants, mêlant
l’excès de feu au manque,
et au mot qui nous conduira
au-delà de nous-mêmes —

ici, où la terre durcie
nous donne l’assaut, transpercée
par l’alêne ravageuse du vent.

(Paul Auster)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :