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Poésie

Posts Tagged ‘amas’

HORIZON (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

HORIZON

Tu te voues au néant,
tu te brûles
dans le dégel, tu
dores de genêts les falaises.

Mon souffle
se brise en toi. Je suis
particule
de l’amas qui te compose,
cendre — planant

dans ton second ciel, dans le bleu
que j’ai extrait du bleu
du matin.

Et la demi-parole reste
dans nos poumons haletants, mêlant
l’excès de feu au manque,
et au mot qui nous conduira
au-delà de nous-mêmes —

ici, où la terre durcie
nous donne l’assaut, transpercée
par l’alêne ravageuse du vent.

(Paul Auster)

Illustration: ArbreaPhotos

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AMAS SINISTRE OU QUARANTE-HUITESQUE (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Albert Herter 
    
AMAS SINISTRE OU QUARANTE-HUITESQUE

Ils partaient tous et adieu,
et adieu et adieu et à Dieu.
Moi, seul qui ne partais pas,
partais dans ce désarroi.

***

TRISTISSIMA COPIA OVVERO QUARANTOTTESCA

Partivan tutti e addio
e addio e addio e a Dio.
Soltanto chi non partiva (io)
partiva in quel rimescolio.

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

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Attente (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Attente

L’univers
est en attente de quelque chose
qui encore n’a pas éclos.
La flore infinie
des étoiles
et les faunes de l’âme
retiennent leur souffle
et regardent vers un point
qui est loin
attendant la clé
du mystère,
point qu’attaque la mort
avec un marteau fantastique.
Car si le point lointain
venait à s’effacer du ciel
il y aurait une catastrophe
d’étoiles
un énorme amas
d’étoiles
couronnées de fantastiques
squelettes.

***

Espera

El universo
está en espera de algo
que aún no se ha abierto.
La floresta infinita
de los luceros
y las faunas del alma
contienen el aliento
y miran hacia un punto
que está lejos
esperando la clave
del misterio,
punto que ataca la muerte
con un martillo feérico.
Mas si el punto lejano
se borrara del cielo
habría una catástrofe
de luceros,
un enorme montón
de luceros
coronados por feéricos
esqueletos.

(Federico García Lorca)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Grenier d’étoiles
Traduction: Danièle Faugeras
Editions: Erès

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Que j’aime au fond des bois… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Que j’aime au fond des bois…

Que j’aime au fond des bois la plainte souterraine,
Fuyant sous le gravier, d’une source captive!
L’anneau de fer verdit au pavé qui le rive
Parmi l’amas des glands, des cornes et des faînes.

Partout la mousse étend autour de la fontaine
Son velours moite; à peine, amoureuse et pensive,
Murmure obscurément, à travers la bourdaine
Et le houx, l’eau suintant aux glèbes de la rive.

Mon coeur est cette source en pleurs au fond des bois,
Qu’entoure le silence et voile le mystère,
Que nul rayon ne frôle, où nul oiseau ne boit;

Mais vers la sombre dalle approche et penche-toi,
Ecoute pour toi seul du flot crépusculaire
La chanson s’égrener comme un divin rosaire!

(Marie Dauguet)

 

 

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Brume (Giovanni Pascoli)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Brume

Tu caches les choses lointaines,
toi brume impalpable et blafarde,
fumée qui semble sourdre encore,
vers l’aube,
des éclairs nocturnes où croulent
des amas de ciel !

Toi cache les choses lointaines,
cache-moi tout ce qui est mort !
Que je voie seulement la haie
d’entour,
le murger dont les trous sont pleins
de valérianes.

Cache bien les choses lointaines :
les choses sont ivres de pleur !
Que je voie mes arbres fruitiers,
les deux,
qui donnent leur douceur de miel
pour ma tranche de pain.

Cache bien les choses lointaines
qui veulent que j’aime et que j’aille !
Que je ne voie là que ce blanc
de route,
qu’un jour je devrai prendre, au las
tintement des cloches…

Oui, cache les choses lointaines,
cache-les, vole-les au vol
du cœur ! Que je voie le cyprès
là, seul,
rien que les entours, près d’ici
où sommeille mon chien.

***

Nebbia

Nascondi le cose lontane,
tu nebbia impalpabile e scialba,
tu fumo che ancora rampolli,
su l’alba,
da’ lampi notturni e da’ crolli
d’aeree frane !

Nascondi le cose lontane,
nascondimi quello ch’è morto!
Ch’io veda soltanto la siepe
dell’orto,
la mura ch’ha piene le crepe
di valeriane.

Nascondi le cose lontane:
le cose son ebbre di pianto!
Ch’io veda i due peschi, i due meli,
soltanto,
che dànno i soavi lor mieli
pel nero mio pane.

Nascondi le cose lontane
che vogliono ch’ami e che vada!
Ch’io veda là solo quel bianco
di strada,
che un giorno ho da fare tra stanco
don don di campane…

Nascondi le cose lontane,
nascondile, involale al volo
del cuore! Ch’io veda il cipresso
là, solo,
qui, solo quest’orto, cui presso
sonnecchia il mio cane.

(Giovanni Pascoli)

 

Recueil: Canti di Castelvecchio
Traduction: Jean-Charles Vegliante

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Un amas de neige s’effondre… (Eiji Hashimoto)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017



Un amas de neige s’effondre…
Résonances
aux quatre coins de la nuit

(Eiji Hashimoto)

 

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Un citadin (Jacques Réda)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Un citadin

Je regarde souvent la rue où je vais comme si
J’avais depuis longtemps quitté l’émouvante surface
Du monde pour l’autre côté sans fond qui nous efface
Un jour ou l’autre sans retour mais libres de souci.

Je m’applique assez bien à ce délicat exercice
Pour que très vite mon regard cesse d’appartenir
A l’amas nuageux d’espérance et de souvenir
Auquel j’aurai donné mon nom.

(Jacques Réda)

Illustration: Robert Doisneau

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Ciel nocturne peuple d’étincelles (Jean-Pierre Luminet)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2016



Ciel nocturne
peuple d’étincelles
ta nuit est une mer sans rivages dont les jours sont des îles.
Il y a des portions de firmament
vides d’étoiles et d’un noir absolu
Certains y voient de simples déchirures
entre les amas stellaires
D’autres navigateurs prétendent que ces masses d’ombre
frappent d’aveuglement ceux qui les regardent

(Jean-Pierre Luminet)

 

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La main levée sur le silence (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



La main levée sur le silence

Sur quelle neige poser les signes

Sur quel amas de bruits
Mettre une oreille

La rivière passe très loin
Et les constellations se taisent.

(Georges Jean)

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UN SEUL THÉÂTRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



UN SEUL THÉÂTRE

Plus obscur s’il se peut
Mais c’est toujours le même
Théâtre sous la peau

Côté jardin l’amas
Des sentiments gâtés
Des foudres émoussées

Côté cour l’incurable
Echolalie des choses

Côté public l’éternité
Qui se cramponne à notre coeur
Comme un nageur fourbu.

De toutes façons les dieux
Sifflent si fort dans les cintres
Qu’on ne s’entend pas mourir.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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