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Ah, femme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

Alexander Nedzvetskaya (5)

Que de fois, un rêve
nous fait, de jour, prendre les armes,
accuser, défendre — ah femme nôtre ! —
une aigrette sur la lune !

— Ah, femme, plus qu’un corps,
âme presque, au point
où celui-là va vers celle-ci
et où l’âme est presque celui-là :
germe de confusions
de vérité et de mensonge ! —

Femme, et nous ne savons pas
quel domaine est le tien ;
où prendre ta part, rose ambiguë !

***

¡Qué de veces, un sueño
nos hace tomar armas en el día,
acusar, defender — iay mujer nuestra—
a un vilano en la luna!

—¡ay, mujer, más que cuerpo,
casi alma, en el punto
en que aquél va hacia ésta
y el almas es casi aquél;
jermen de confusiones
de verdad y mentira!—

¡Mujer, y no sabemos
qué dominio es el tuyo;
dónde tomar tu parte, ambigua rosa!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

 

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Que de fois (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

Vladimir Volegov

Que de fois, un rêve
nous fait, de jour, prendre les armes,
accuser, défendre — ah femme nôtre ! —
une aigrette sur la lune !

— Ah, femme, plus qu’un corps,
âme presque, au point
où celui-là va vers celle-ci
et où l’âme est presque celui-là :
germe de confusions
de vérité et de mensonge ! —

Femme, et nous ne savons pas
quel domaine est le tien ;
où prendre ta part, rose ambiguë !

***

¡Qué de veces, un sueño
nos hace tomar armas en el día,
acusar, defender — iay mujer nuestra—
a un vilano en la luna!

—¡ay, mujer, más que cuerpo,
casi alma, en el punto
en que aquél va hacia ésta
y el almas es casi aquél;
jermen de confusiones
de verdad y mentira!—

¡Mujer, y no sabemos
qué dominio es el tuyo;
dónde tomar tu parte, ambigua rosa!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Vladimir Volegov

 

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Les paroles du poème (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

Il faudrait qu’elles fussent justes et ambiguës
jamais rencontrées, évidentes, reconnues,
sorties du ventre, retenues, sorties,
serrées comme des grains dans la bouche d’un rat,
serrées, ordonnées comme les grains dans l’épi,
secrètes comme est l’ordre
que font luire ensemble les arbres du paradis,
les paroles du poème.

(André Frénaud)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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LES PAROLES DU POÈME (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

LES PAROLES DU POÈME

Si mince l’anfractuosité d’où sortait la voix,
si exténuant l’édifice entrevu,
si brûlants sont les monstres, terrible l’harmonie,
si lointain le parcours, si aiguë la blessure
et si gardée la nuit.
Il faudrait qu’elles fussent justes et ambiguës,
jamais rencontrées, évidentes, reconnues,
sorties du ventre, retenues, sorties,
serrées comme des grains dans la bouche d’un rat,
serrées, ordonnées comme les grains dans l’épi,
secrètes comme est l’ordre
que font luire ensemble les arbres du paradis,
les paroles du poème.

(André Frénaud)

 

 

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LE COURRIER NE VA GUÈRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



LE COURRIER NE VA GUÈRE

Des lettres de là-haut doivent se perdre
Dans le puant mâchefer d’astéroïdes

Ne nous parviennent qu’instructions confuses
Tendresses ambiguës
Absolutions au porteur ou factures
Que nous avons déjà réglées cent fois

Nos psychopompes eux-mêmes
Dans leurs sublimes cagnas
Sont sans doute aussi mal desservis que nous

Ou bien il faut admettre
Qu’ils alimentent leur feu
Avec nos suppliques nos réquisitoires
Et nos coupons-réponse
En regardant leur télé
Pour être certains qu’ils vivent.

(Jean Rousselot)

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