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Poésie

Posts Tagged ‘amble’

Tant (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



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Tant je l’ai regardée caressée merveillée

et tant j’ai dit son nom à voix haute et silence

le chuchotant au vent le confiant au sommeil

tant ma pensée sur elle s ‘est posée reposée

mouette sur la voile au grand large de la mer

que même si la route où nous marchons l’amble

ne fut et ne sera qu’un battement de cil du temps

qui oubliera bientôt qu’il nous as vus ensemble

je lui dis chaque jour merci d’être là

et même séparée son ombre sur un mur

s’étonne de sentir mon ombre qui l’effleure

(Claude Roy)

Illustration: François Gérard

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LA JUMENT FAMILIÈRE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Véronique Favereau
    
LA JUMENT FAMILIÈRE
A Maurice Genevoix.

Une grande jument morte
Qui galope dans mes nuits.
Ce n’est pas un cauchemar
Mais un soupir de l’enfance.

Une grande jument blanche,
Grave, douce et débonnaire,
Dans un silence de tonnerre
Passe entre les haies en fleurs.

Mon grand-père tient les rênes,
Chapeau melon sur les yeux.
La fumée des cigarettes
Monte droit dans le soir bleu.

Buissons fleuris d’amertume…
La rivière parle bas;
Le village dort au son des enclumes,
Puis s’allume, feu par feu.

Mais voici, mangée de pluie,
Mangée de neige et de vent
La grande nuit intérieure
Où je me penche souvent,

Où la jument trotte l’amble…
Grande et douce jument morte
Qui fut de notre famille
Et qui finit humblement.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sous le soleil (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018


Un cavalier s’avance
son cheval à naseau fumant
va à l’amble
sur le minerai bleu
les feuilles s’usent sous la marche des nuages
on entend la chute d’eau
à grandes retombées
dans les champs fouissent les lapins gris
sous le soleil tout apparaît
symbole de rien.

(Jean Follain)

Illustration: ArbreaPhotos

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Nous dormirons ensemble (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017



Nous dormirons ensemble

    
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensemble

C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble.

(Louis Aragon)

Découvert ici: https://livresdunjourblog.wordpress.com/

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JE PARLE DROIT… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



JE PARLE DROIT…

Je parle droit, je parle net, je suis un homme,
Je soupèse l’oiseau, le sein, le mot qui bouge,
Je fais ce que je peux de mon corps qui s’étonne,
Je fais ce que je veux du monde que j’épouse.

J’ouvre l’oeil : un chemin jaillit de ma paupière,
Fait le tour de la foule et l’engrange en mon coeur ;
J’ouvre l’oreille : un flot me jette au bout des mers
Avec ma femme et mon bonheur

Et si je tends la main, dans l’aube soupçonneuse,
Vers celui que je fus, qui mourait chaque soir,
C’est celui que je suis qui me parle d’espoir
Et ferme à mon côté la blessure d’enfance.

Je dis : « un arbre » et l’arbre monte dans la vie,
Tout frémissant de certitude
Avec sa cargaison d’étoiles et de nids,

Je dis : « Courage » et l’homme enjambe sa statue,

Je dis « Amour » et les fleurs poussent dans la rue,
Je dis « Malheur » et tous se sentent responsables,
« Liberté », ce ruisseau fait craquer son corsage
Et met du rouge aux joues des prairies affamées.

Je parle droit, je fais flamber les huches sombres
Ou le pain moisit sous les hardes.
Je parle net, je mets en pièces les grabats,
Le bordereau plié dans le tiroir des maîtres,
Les écluses du coeur que manoeuvre la Banque,
Je broie la dragée haute et les bonnes raisons,
Celles qui jamais ne nous manquent.

Je suis un homme et j’ai souffert
De la nuit, du hasard et de la solitude ;
Je suis un homme et j’ai vécu
D’avoir aimé le jour, l’ordre, la multitude

Je suis un homme et j’ai rêvé
De moissons de cristal, de cloches sous la mer,
De vaisseaux enfouis dans la houille du coeur,
De repos parfumés sur les grèves du ciel ;

Je suis un homme et j’ai choisi
De moissonner l’aurore et ses bleuets lucides
Sur les carreaux souillés des maisons endormies
Et ses coquelicots qui sont des cris d’usine,
Et de marcher sans trêve à l’amble de mon sang,
A la bouche les mots qui nomment, qui rassemblent,
Et près de moi les hommes inventaient cet amble
Pour eux, pour moi, pour tous et nous allions ensemble
Et devant nous les choses faisaient chien-couchant.

Je parle droit, je parle net, je suis un homme,
Les mains actives, l’oeil peuplé,
Et j’appartiens à tous les hommes
Pour avoir su leur ressembler.

(Jean Rousselot)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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