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Poésie

Posts Tagged ‘ambroisie’

L’abeille (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




Multitude de l’abeille!
Élévation
sacrée
de l’unité,
collège
palpitant!

Bourdonnent
de sonores
nombres
qui travaillent
le nectar,
et passent
de rapides
gouttes
d’ambroisie :
c’est la sieste
de l’été dans les vertes
solitudes
d’Osorno. Là-haut
le soleil plante ses lances
dans la neige,
les volcans luisent,
vaste
comme
les mers
est la terre,
bleu est l’espace,
mais
il y a quelque chose
qui frémit, c’est
le coeur
brûlant
de l’été,
le coeur de miel
multiplié,
la bruissante
abeille,
le crépitant
rayon de miel,
d’envol et d’or!

Abeilles,
travailleuses pures,
ogivales
ouvrières,
fines, étincelantes
prolétaires,
parfaites,
téméraires milices
attaquant au combat
d’un aiguillon suicide,
bourdonnez,
bourdonnez par-dessus
les dons de la terre,
famille d’or,
multitude du vent,
secouez l’incendie
des fleurs,
la soif des étamines,

le vif
fil

(Pablo Neruda)

 

 

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La Soif des Amours (Pétrus Borel)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 

Gabriel Bonmati  (31)

La Soif des Amours

Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j’oublie en ton sein
Le chagrin,
Qui, partout, dans cette vie,
Suit le pauvre pèlerin ;

Qu’un autre envieux de la gloire
Dans le tracas coule ses jours ;
Moi, toujours,
Riant de ce mot illusoire,
Je n’ai que la soif des amours !

Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j’oublie en ton sein
Le chagrin,

Qui, partout, dans cette vie,
Suit le pauvre pèlerin.

Qu’un buveur, la tasse remplie,
Aux coteaux consacre ses jours ;
Moi, toujours,
Sans goût savourant l’ambroisie,
Je n’ai que la soif des amours !

Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j’oublie en ton sein
Le chagrin,
Qui, partout, dans cette vie,
Suit le pauvre pèlerin.

Qu’un ladre accumulant sans cesse,
Sur ses trésors traîne ses jours ;
Moi, toujours,
Méprisant honneurs et richesse,
Je n’ai que la soif des amours !

Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j’oublie en ton sein
Le chagrin,
Qui, partout, dans cette vie,
Suit le pauvre pèlerin.

Qu’un Anglais trace sur la tombe
Des vers sombres comme ses jours ;
Moi, toujours,
Sur des fleurs ma lyre retombe,
Je n’ai que la soif des amours !

Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j’oublie en ton sein
Le chagrin,
Qui, partout, dans cette vie,
Suit le pauvre pèlerin.

Le temps éteindra sous ses ailes
Les feux ardents de mes beaux jours ;
Moi, toujours,
Je serai galant près des belles,
Je n’ai que la soif des amours !

Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j’oublie en ton sein
Le chagrin,
Qui, partout, dans cette vie,
Suit le pauvre pèlerin.

(Pétrus Borel)

Illustration: Gabriel Bonmati

 

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Le melon (Marc-Antoine Girard de Saint-Amant)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Le melon

(extraits)

Quelle odeur sens-je en cette chambre ?
Quel doux parfum de musc et d’ambre
Me vient le cerveau réjouir
Et tout le coeur épanouir ?
Ha ! bon Dieu ! j’en tombe en extase :
Ces belles fleurs qui, dans ce vase,
Parent le haut de ce buffet,
Feraient-elles bien cet effet ?
A-t-on brûlé de la pastille ?
N’est-ce point ce vin qui pétille
Dans le cristal, que l’art humain
A fait pour couronner la main
Et d’où sort, quand on en veut boire,
Un air de framboise à la gloire
Du bon terroir qui l’a porté
Pour notre éternelle santé ?

Non, ce n’est rien d’entre ces choses,
Mon penser, que tu me proposes.
Qu’est-ce donc ? je l’ai découvert
Dans ce panier rempli de vert :
C’est un MELON, où la nature,
Par une admirable structure,
A voulu graver à l’entour
Mille plaisants chiffres d’amour,
Pour claire marque à tout le monde
Que, d’une amitié sans seconde,
Elle chérit ce doux manger
Et que, d’un souci ménager,
Travaillant aux biens de la terre,
Dans ce beau fruit seul elle enserre
Toutes les aimables vertus
Dont les autres sont revêtus.

… Ha ! Soutenez-moi, je me pâme,
Ce morceau me chatouille l’âme ;
Il rend une douce liqueur
Qui me va confire le coeur ;
Mon appétit se rassasie
De pure et nouvelle ambroisie,
Et mes sens, par le goût séduits,
Au nombre d’un sont tous réduits.

(Marc-Antoine Girard de Saint-Amant)

Illustration

 

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Les jours ne s’en vont pas longtemps (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Théodore Chassériau
    
Les jours ne s’en vont pas longtemps
Mais nous laissent leur poids qui pense.
Mon hiver sert en plat d’argent
Aux jours en grappes de vacances

Sans poids sans ombre, leur ballade
Dévêtit sur mon sol maussade
L’ombre changeante, ou devenir,
Qui s’y répand comme le sang
Interrogeable d’un présent.

Beaux nus dans le soleil mémoire
Volez ou plongez !
nous traitant
De passeurs et de passe-temps
Vers l’ambroisie de notre histoire.
– Allez-vous-en ! pas pour longtemps.

(Olivier Larronde)

 

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QUELQUES MOTS (Claude Prouvost)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Gabriel Ferrier  l

QUELQUES MOTS

Je t’écris quelques mots de nuit
Quelques fragments de ma banquise
Un flot d’espoir trop vite enfui
En laissant des mots de hantise

Je t’écris quelques mots de fleurs
Quelques parfums de pétulance
Un peu de faste et de couleurs
Pour peindre mes mots d’espérance

Je t’écris quelques mots d’azur
Quelques vigueurs de forteresse
Un incendie sur le futur
Pour brûler des mots d’allégresse

Je t’écris quelques mots d’amour
Quelques fournaises de ma vie
Ton souvenir en chaque jour
Habillant mes mots d’ambroisie

(Claude Prouvost)

Illustration: Gabriel Ferrier

 

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Chair, céleste chair de la femme ! (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Aydemir Saidov
    
Chair, céleste chair de la femme ! Kaolin,
dit Hugo — ambroisie plutôt, ô miracle divin !
on supporte la vie,
si courte et si dure,
seulement pour ceci :
un frôlement, un baiser ou même une morsure
sur ce biblique pain
pour lequel notre sang se fait vin !
En elle est la lyre,
quelle est la rose,
en elle la science harmonieuse repose,
en elle on respire
le parfum vital de toute chose.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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LE CHARME DU BAISER (Charles-Louis Mollevaut)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



 Illustration: Salvador Dali
    
LE CHARME DU BAISER

L’abeille emplit ses rayons d’or
Du tribut odorant de la plaine fleurie ;
Mais la douceur de son trésor
Ne vaut point la douceur du baiser d’Azélie.

La rose sur un ciel d’azur
S’élève, de pudeur et de grâce embellie ;
Eh bien ! son parfum le plus pur
Ne vaut point le parfum du baiser d’Azélie.

Taisez-vous, indiscrets ruisseaux,
Qui joyeux folâtrez sur la molle prairie :
Le bruit enchanteur des roseaux
Ne vaut pas le doux bruit du baiser d’Azélie.

Laissons au banquet éternel
La cour de Jupiter s’enivrer d’ambroisie ;
Des dieux le nectar immortel
Ne vaut point le nectar d’un baiser d’Azélie.

(Charles-Louis Mollevaut)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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SUR UN BAISER (Roger de Bussy-Rabutin)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
SUR UN BAISER

Fais que je vive, ô ma seule Déesse!
Fais que je vive, et change ma tristesse
En plaisirs gracieux.

Change ma mort en immortelle vie,
Et fais, cher coeur, que mon âme ravie
S’envole avec les Dieux.

Fais que je vive, et fais qu’en la même heure
Que je te baise, entre tes bras je meure,
Languissant doucement;

Puis, qu’aussi-tôt doucement je revive,
Pour amortir la flamme ardente et vive
Qui me va consumant.

Fais que mon âme à la tienne s’assemble;
Range nos coeurs et nos esprits ensemble
Sous une même loi.

Qu’à mon désir ton désir se rapporte;
Vis dedans moi, comme en la même sorte
Je vivrai dedans toi.

Ne me défens ni le sein, ni la bouche:
Permets, mon coeur, qu’à mon gré je les touche
Et baise incessamment,
Et ces yeux, où l’amour se retire;

Car tu n’as rien qui tien se puisse dire,
Ni moi pareillement.
Mes yeux sont tiens; des tiens je suis le maître.
Mon coeur est tien, à moi le tien doit être,
Amour l’entend ainsi.

Tu es mon feu, je dois être ta flamme;
Tu dois encor, puisque je suis ton âme,
Etre la mienne aussi.

Embrasse-moi d’une longue embrassée;
Ma bouche soit de la tienne pressée,
Suçant également
De nos amours les faveurs plus mignardes;

Et qu’en ces jeux nos langues frétillardes
S’étreignent mollement.
Au paradis de tes lèvres écloses
Je vais cueillir de mille et mille roses
Le miel délicieux.

Mon coeur s’y paît, sans qu’il s’y rassasie,
De la liqueur d’une douce ambroisie,
Passant celle des Dieux.

Je n’en puis plus, mon âme à demi folle
En te baisant par ma bouche s’envole,
Dedans toi s’assemblant.
Mon coeur halète à petites secousses;

Bref, je me fonds en ces liesses douces,
Soupirant et tremblant.
Quand je te baise, un gracieux zéphire,
Un petit vent moite et doux, qui soupire,
Va mon coeur éventant.

Mais tant s’en faut qu’il éteigne ma flamme,
Que la chaleur qui dévore mon âme
S’en augmente d’autant.
Ce ne sont point des baisers, ma mignonne,
Ce ne sont point des baisers que tu donne,

Ce sont de doux appas,
Faits de Nectar, de Sucre et de Canelle,
Afin de rendre une amour éternelle
Vive après le trépas;
Ce sont des fruits de l’Arabie heureuse,

Ce sont parfums qui font l’âme amoureuse
S’éjouir dans ces feux;
C’est un doux air, un baume, des fleurettes,
Où comme oiseaux volent les amourettes,
Les plaisirs et les jeux.

Parmi les fleurs de ta bouche vermeille,
On voit dessus voler comme une abeille
Amour plein de rigueur;

Il est jaloux des douceurs de ta bouche:
Car aussi-tôt qu’à tes lèvres je touche,
Il me pique le coeur.

(Roger de Bussy-Rabutin)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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SCHERZO (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2016




SCHERZO

Sourires, fleurs, baisers, essences,
Après de si fades ennuis,
Après de si ternes absences,
Parfumez le vent de mes nuits !

Illuminez ma fantaisie,
Jonchez mon chemin idéal,
Versez-moi votre ambroisie,
Longs regards, lys, lèvres, santal !

*

Car j’ignore l’amour caduque
Et le dessillement des yeux,
Puisqu’encor sur ta blanche nuque
L’or flamboie en flocons soyeux.

Et cependant, ma fière amie,
Il y a longtemps, n’est-ce-pas ?
Qu’un matin tu t’es endormie,
Lasse d’amour, entre mes bras.

*

Ce ne sont pas choses charnelles
Qui font ton attrait non pareil,
Qui conservent à tes prunelles
Ces mêmes rayons de soleil.

Car les choses charnelles meurent,
Ou se fanent à l’air réel,
Mais toujours tes beautés demeurent
Dans leur nimbe immatériel.

*

Ce n’est plus l’heure des tendresses
Jalouses, ni des faux serments.
Ne me dis rien de mes maîtresses,
Je ne compte pas tes amants.

À toi, comète vagabonde
Souvent attardée en chemin,
Laissant ta chevelure blonde
Flotter dans l’éther surhumain,

Qu’importent quelques astres pâles
Au ciel troublé de ma raison,
Quand tu viens à longs intervalles
Envelopper mon horizon ?

*

Je ne veux pas savoir quels pôles
Ta folle orbite a dépassés,
Tends-moi tes seins et tes épaules ;
Que je les baise, c’est assez.

(Charles Cros)

Illustration: Arthur Braginsky

 

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L’Etoile de Vénus (IV) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



J’aime … et de cet amour j’ai l’âme toute pleine;
Je tremble … mon coeur bat … Je ne sais? … Mais je sens
Quand je touche sa robe ou sa main tous mes sens
Tressaillir, et le feu me courir dans la veine;

Aussi je meurs d’amour aux genoux de ma reine,
A voir s’épanouir la fleur de ses vingt ans,
Rayonner dans ses yeux un éternel printemps,
A l’écouter parler, respirant son haleine.

Mais ce que j’aime en toi surtout, ô ma beauté,
C’est ta jeune poitrine où bat la volupté.
Oh! Quel enivrement et quelle poésie

Dans ces deux seins naissants façonnés par l’Amour!
Oui la Grèce eût moulé sur leur divin contour
Une coupe où les Dieux auraient bu l’ambroisie.

(José-Maria de Heredia)

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