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Poésie

Posts Tagged ‘âme’

Le son de sa voix n’est plus dans mon oreille (René Maublanc)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Camille Godet [800x600]

Je n’irai pas au cimetière
Je cherche son souvenir,
Et non son cadavre.

***

C’est dans sa chambre,
Où flotte encore son âme,
Qu’est son vrai tombeau.

***

Le son de sa voix
N’est plus dans mon oreille;
Vais-je oublier – déjà ?

***

Mes amis sont morts.
Je m’en suis fait d’autres.
Pardon…

***

La nature a jeté
Sur les ruines humaines
La pitié de la neige.

***

Soleil de juin.
Le soldat, penché, veut boire
toute l’eau de la borne-fontaine.

(René Maublanc)

Illustration: Camille Godet

 

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Prends soin de ce corps (Shan Sa)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2019



Illustration: Chloe Yzoard
    
Prends soin de ce corps
Trois mille âmes l’ont habité
Il te conduit
Vaisseau large
De la rivière à la mer
De la mort à la renaissance

(Shan Sa)

 

Recueil: Le vent vif & le glaive rapide
Traduction:
Editions: William Blake & CO. Edit.

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MARAIS DE YEUN ELEZ (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

MARAIS DE YEUN ELEZ

MARAIS DE YEUN ELEZ

Parmi les chiens bleus
je partirai sans dire rien
dans les marais de Yeun Elez

Je laisserai glisser toute chair
dans la terre triste de Botmeur
les larmes lisseront pierres

Je partirai sans maudire rien
muet, inutile, sans paupières
dans l’inutilité des tourbes

Lasses sont les âmes
de trop aimer sans recevoir
fourbues les pluies de féconder rien

Peuple errant des maudits
crapauds clabaudant aux étangs
sonnent les glas à Brennilis

Passion selon l’Ankou
les poètes aux enfers descendent
fous les vents sur les collines

Dans les marais de Yeun Elez
l’archange ne répond pas aux mourants
crient les landes à minuit

Plaisirs mauvais qui me crucifient
c’est fini, je m’en vais aux marais
traînant ma plainte et ma légende

(Xavier Grall)

 

 

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De la complexité une âme se détache (Stéphane Sangral)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



Illustration: Matthew Spiegelman
    
De la complexité une âme se détache
et perdue regarde et perdue se regarde et
perdue se regarde regarder et perdue
se regarde se regarder, âme, perdue
dans un bloc de regards, ne pouvant voir — nuit et
nocturne jour — que rien jamais ne se détache…

(Stéphane Sangral)

 

Recueil: Méandres et Néant
Traduction:
Editions: Galilée

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Dansemuse (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019


muse.

Il s’en faut d’une parole
Qu’elle ait l’âme comme avant
Elle court où les jours volent
Elle est née avec le vent

Ses lèvres chantent pour elle
Tous les oiseaux du couchant
Brûlent ensemble leurs ailes
A ce qui luit dans ses chants

Les heures suivent son ombre
Elle les voit dans les fleurs
Ne devinant qu’à leur nombre
Qu’elle était tout dans leur coeur

Elle est grise et se dit folle
Et danse à fermer les yeux
Un coeur bat dans ses paroles
Nul ne sait où sont ces cieux

Comme un astre dans ses branches
Sa candeur étreint les soirs
Dont elle est la rose blanche
Il faut l’aimer pour la voir

Une larme la ramène
A la lumière des jours
Où l’homme instruit de ses peines
L’enfant qu’elle est pour toujours

Et dans le vent qui chemine
C’est la nuit blanche des pleurs
Dont la lumière orpheline
A vu le jour dans le coeur

(Joë Bousquet)

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UNE BRIQUE (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2019




    
UNE BRIQUE

Encore une infusion de soleil
alors que tout est si noir dans l’âme
las, souffrant et comme à bout.
Alors mieux vaut peut-être ne rien faire
rester comme une brique qui attend:
les souffles de l’air sont sur elle de toutes parts
le soleil parfois, et le froid aussi.
Elle est seule dans son coin.
Mais un jour le maçon, d’un seul coup
lui trouvera sa place au sein du mur.

(Paul de Roux)

 

Recueil: Les pas
Traduction:
Editions: L’Alphée

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HÉRACLITE AU-DESSUS DES EAUX (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration   
    
HÉRACLITE AU-DESSUS DES EAUX

Héraclite, au-dessus des eaux,
Je chante de tout mon pouvoir d’âme
La fuite souple du ruisseau-temps
Où la danseuse,
Mon âme,
Se détend en bras,
Cherche sa fraîcheur…

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Oh ! mes chers (Giorgo Caproni)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



 

Jeanie Tomanek amongus

Oh ! mes chers

Ils apparaissaient tous
en transparence.
Tous
en âme.
Tous
dans l’insaisissable essence
de l’ombre.

Mais vivants.

Vivants dans la mort
comme vivants sont les morts
dans la vie.

Je cherchai
à les compter.

Le nombre
se perdait dans le vide
comme dans le vent le nombre
des feuilles.

Oh mes chers.
Oh ! odieux.

Je pleurai.
d’amour et de rage.

Je pensai
à mon esprit aveuglé.

Je fermai la fenêtre.

Mon coeur.

La porte.

À double tour.

(Giorgo Caproni)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Rejaillir vivant (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Une fraîcheur de la mer exhalée.
Me rend mon âme… O puissance salée!
Courons à l’onde en rejaillir vivant!

(Paul Valéry)

Illustration: Clark Little

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COMME SI NOUS ETIONS REVENUS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



 

Oskar Kokoschka bride-of-the-wind-1914.jpg!HD

COMME SI NOUS ETIONS REVENUS

Comme nous nous souvenons ou bien nous taisons,
Une lueur, un éclat de lumière nous accompagne,
Venant de la terre, de la chair, des choses.

Comme si nous étions morts et revenus.

C’est la mer aux mille lumières
Qui nous entourait, pénétrait en nous-mêmes,
Jusque dans le sommeil, jusque dans la chair.
Mer ineffable comme notre âme.

Sous ce toit-ci, à cette heure,
Avec ces mains, avec ces corps,
Nous nous sommes donnés l’un à l’autre dans la nuit.

(C’est une heure, c’est une nuit, et elles ne cessent pas
Le sommeil ne cesse pas, l’amour n’a pas de fin.)

Sur ce bois, dans cette lumière,
Sur ce bois, tu t’es appuyée, tu as regardé
Le sens matinal de l’arbre sans feuilles,
L’arbre le plus solitaire et le plus silencieux entre tous les arbres.

(Les arbres auront-ils jamais à rendre compte ?)

Tu m’as regardé dans les yeux, tu me regardes,
Ton visage est resté sur mon visage.

Tout le temps s’est embaumé, l’air s’est embaumé.

(Georges Themelis)

Illustration: Oskar Kokoschka

 

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