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Poésie

Posts Tagged ‘âme’

Maman les p’tits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes? (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Maman les p’tits bateaux
Qui vont sur l’eau
Ont-ils des jambes?
Mais oui, mon gros bêta
S’ils n’en avaient pas
Ils ne march’raient pas.

Allant droit devant eux,
Ils font le tour du monde,
Mais comme la Terre est ronde,
Ils reviennent chez eux.

Maman les p’tits bateaux
Qui vont sur l’eau
Ont-ils une âme?
Mais oui, mon gros bêta
S’ils n’en avaient pas
Ils n’voyageraient pas.

(Anonyme)

Illustration

 

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Retouche à la méditation (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
retouche à la méditation

automne au goût de chair usée

de grands quartiers pendent
dans la chambre froide de l’âme

l’odeur est la lézarde du temps

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à l’ossuaire (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à l’ossuaire

un chien qui ressemble à mon âme
reste en arrêt
devant mon souvenir

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à la consolation (3) (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017



Illustration: François-Joseph Durand
    
Retouche à la consolation (3)

mon âme dit l’artiste
d’autres l’auront quand je ne serai plus
j’en vois deux ou trois même plus
aussi rien ne m’attriste

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Vestiaire des anges
Editions: Grasset

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C’est maintenant (Anatole France)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
C’est maintenant que je t’aime.

Je croyais vous aimer,
quand vous n’étiez qu’un fantôme
chargé de mes désirs.

Maintenant,
tu es la chair
où j’ai mis mon âme.

(Anatole France)

 

 

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Extase (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



Illustration: Louis Pierre Verwee
    
Extase

D’un coeur passionné savourons notre rêve
Avant que la vie dure et fausse nous l’enlève,
O mon amour, viens nous asseoir
Sous les saules d’azur pleurant au bord du soir.

Tout fuit intensément, embrassons notre songe;
Que l’heure nous oublie et pour nous se prolonge,
Et que, sans jamais s’épuiser,
Renaissent, floraisons brûlantes, nos baisers.

La cétoine s’endort gitée au coeur des roses;
Comme une hostie au fond d’un ciboire repose,
Qu’entoure un mystique halo,
Dans ton âme et ta chair tout mon être est enclos.

Et nous nous étreignons, expirants, bouche à bouche,
Pendant que les grands lys penchés sur notre couche
Y versent des parfums d’autel.
Anéantis au flux du désir immortel,

Aimons-nous, mes amours! Ayons pour seule envie,
Puisque l’heure agonise et que s’enfuit la vie,
Lèvre à lèvre, d’avoir goûté,
Dans un spasme trop bref, toute une éternité!

(Marie Dauguet)

 

 

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L´éternel mirage (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Illustration: Josephine Wall
    
L´éternel mirage

Et le vent coulera parmi les herbes lisses,
Les tiges d’angélique et les brins de mélisse;
La mousse entourera comme un souple linceul
Les vieux rochers et les racines des tilleuls.

Je dormirai dans l’odeur triste des fontaines,
Dont le flot déroulé comme une écharpe traine,
Et je palpiterai aux sanglotants aveux
Que prodigue la brise à leurs bords vaporeux.

Je serai confondue au murmurant cantique
Des sources s’égouttant dans le bois noir, la nuit,
Infiltrant lentement leur âme fluidique
Sous la sombre bruyère où mon âme la suit.

Je serai la fraîcheur tranquille après la pluie
Des troënes et des prèles glacés d’argent,
Le silence attendri, les rayons où s’essuie
La ronce bleue au long des pentes s’effrangeant.

Je serai le reflet qui songe et qui transpose,
Le rêve frissonnant des coudriers sur l’eau,
L’âcreté des bourgeons, le miel sucré des roses,
Le baiser haletant aux lèvres de l’écho.

Je serai le miroir clair à travers l’espace
Et qui saisit parfois au fond du ciel serein
La trace d’une image immense qui s’efface;
Je me tendrai vers toi, ô visage divin.

(Marie Dauguet)

 

 

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POEME (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Halina Menaï Bleus -

POEME
Pour le portrait d’un jeune Africain
à la manière de Gauguin.

Tous les tam-tams de la jungle battent dans mon sang,
Toutes les lunes farouches et ardentes de la jungle brillent
au fond de mon âme.
J’ai peur de cette civilisation,
si dure,
si forte,
si froide.

***

POEM
For the portrait of an African boy
after the manner of Gauguin

All the tom-toms of the jungles beat in my blood,
And all the wild hot moons of the jungles shine in my soul.
I am afraid of this civilization—
So hard,
So strong,
So cold.

(Langston Hughes)

Illustration: Halina Menaï

 

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LES PARFUMS (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Malinowsky
    
LES PARFUMS

J’ai recueilli tous vos trésors, molles errances,
Haleine aux soirs dormants qu’ont les chanvres rouis,
Les trèfles que l’on fauche en la brume enfouis
Et les sainfouins qu’un souffle matinal balance.
J’ai recueilli tous vos trésors, molles errances.

Je connais la douceur que vos parfums renferment,
Chambres à four où le pain brûlant fume encor,
Margelle des vieux puits parés de mousse d’or
Et, pleine de fumier, cour sereine des fermes.
Je connais la douceur que vos parfums renferment.

J’ai saisi quelquefois, rêvant dans l’écurie,
Où le souffle des boeufs sortant des mufles blonds
Monte en brouillard d’azur, un peu l’âme qu’ils ont
De résignation calme et de paix fleurie.
J’aime l’odeur qui flotte aux murs de l’écurie.

J’ai goûté bien souvent l’arôme ambrosiaque
Des sarrasins meurtris qu’écrasent les fléaux
Et des tiges s’entassent en pourpres monceaux,
Pendant que le grain noir jaillit et qu’on l’ensaque.
J’ai goûté bien souvent l’arôme ambrosiaque,

En septembre, des fruits tombant dans l’herbe humide,
De l’estragon, des lys, des floraisons d’asters
Et des noyers livrant leurs feuillages amers,
Sous le ciel pluvieux, au vent qui les oxyde.

Et j’ai fait un linceul à mes désirs défunts,
Par les vergers d’automne et que la brume inonde,
De l’effeuillement doux des roses moribondes:
Mon âme est une amphore où dorment des parfums.

(Marie Dauguet)

 

 

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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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