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Poésie

Posts Tagged ‘âme’

Les mots d’amour (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



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Les mots d’amour

Les mots d’amour ne meurent pas,
Ils vivent au fond des mémoires
Comme les anciennes histoires
Qu’enfants, on nous contait, tout bas.

Ils sont les souvenirs des heures
Dont les regrets sont les moments ;
Parfois, ils en sont les tourments
Et blessent les âmes meilleures.

Car plus d’une, au jour des aveux,
Prenant pour témoin l’hirondelle,
Jura qu’elle serait fidèle
Et ne ferait qu’une de deux.

Elles ont trahi ! Pauvres âmes,
Leur amour, c’était l’amitié…
Mais les mots d’amour, sans pitié,
Les brûlent ainsi que des flammes !

Car – tristesse ! – ils ne meurent pas,
Ils vivent au fond des mémoires
Comme les anciennes histoires
Qu’enfants, on nous contait, tout bas.

(Albert Lozeau)

 

 

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L’amitié de l’âme (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Anne Yvonne Gilbert 05639_8 [1280x768]

L’amitié de l’âme

… Voici l’amitié de l’âme : les souffrances que vous ne connaissez pas, il faudra les apprendre;
entrer profondément dans le coeur pour être sûr de les vivre en amitié;
car l’amitié spirituelle porte la prière que l’autre ne peut pas exprimer,
l’amour que l’autre ne peut pas ressentir; c’est tellement une même vie intérieure qui supplie…

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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BOIS D’AMOUR (Adolphe Boschot)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



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BOIS D’AMOUR

Il est un endroit solitaire
Où mon âme semble habiter ;
Là notre amour a pu se taire,
Nous l’entendions en nous chanter.

On y voit une eau calme et verte,
Sombre parmi des peupliers ;
C’est là que de mon âme ouverte
Tu vis les tourments familiers.

Près de moi tu restais très tendre
A m’abriter de ta pitié,
Et ton cœur ne voulait entendre
Que des mots chastes d’amitié…

Je pense à ce bois à toute heure,
De ma douleur il est connu :
C’est là que mon âme demeure,
Et je n’y suis point revenu.

(Adolphe Boschot)

Illustration: Oleg Zhivetin 

 

 

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Près de chaque être humain, il est une limite (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Près de chaque être humain, il est une limite
Que ne peuvent franchir ni passion ni tendresse.
Que des lèvres se joignent en un silence affreux!
Que l’amour mette un coeur en pièces!

L’amitié ne peut rien ici, ni les années
De haut bonheur, de bonheur enflammé,
Quand l’âme est libre, étrangère
À la lente langueur des voluptés.

Ceux qui la désirent sont fous, mais ceux qui
Y parviennent sont frappés par l’angoisse…
Voilà. Tu as compris pourquoi
Mon coeur ne bat pas sous ta main.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Kotova

 

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QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



    

Illustration: Edmund Blair Leighton

QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE

Quel secours faut-il plus que j’atende à ma peine,
Si ce n’est par la mort qui m’est toute certaine,
Puis que mes longs soupirs, ma foy, mon amitié
Le brasier de mon cœur, l’éfroy de mon visage,
Ne peuvent esmouvoir vostre obstiné courage
A se laisser toucher d’un seul trait de pitié.

O que le feu d’Amour est d’estrange nature !
Mon cœur sans defaillir luy sert de nourriture.
Je n’ay sang ny poulmon qui n’en soit consommé,
Mais differant et tout de la commune flame,
Encor que je vous touche il n’émeut point vostre ame,
Et rien qui soit en vous n’en peut être allumé.

***

What further help must I await for my suffering,
If it is not by death that is quite certain for me,
Since my long sighs, my faith, my friendship
My heart ablaze, the fright of my face
Cannot move your obstinate spirit
To let itself be touched by a single act of pity.

O how strange is the fre of Love!
Without flinching, my heart serves as sustenance.
I have neither blood nor lung that not be consumed by it,
But different and all of the common flame,
Even though I touch you, it does not move your soul,
And nothing in you can be lit.

***

Welch‘ Hilfe muss ich noch erwarten meiner Pein,
Wenn nicht durch den Tod, der mir ist gewiss.
Da doch meine langen Seufzer, meine Treue‘ und meine Freundschaft,
Die Glut mein‘s Herzens, die Furcht auf meinem Antlitz
Nicht erweichen können Euer störrisch‘ Herz,
Sich von auch nur einer Gest‘ des Mitleids rühren zu lassen?

Oh, wie das Liebesfeuer seltsam ist!
Mein Herze dient ihm voll & ganz als Speise.
Blut und Lunge all werden so verzehrt.
Aber anders ist‘s als die gemeine Flamme,
Auch wenn mein Berühren Euch nicht die Seele rührt,
Und nichts in Euch sich dadurch kann entzünden.

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

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Je rêve à des planètes mortes (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Quand les bureaux et les usines
Par le peuple sont désertés,
Et que Paris semble en gésine
D’une trop vaste humanité,

Alors que l’homme au rire bête
Et son épouse aux airs penchés
Croient égayer ce jour de fête
Parce qu’ils sont endimanchés,

Mon âme, loin des foules grises,
Dont le tumulte est odieux,
Se recueille, avant tout éprise
De la solitude des dieux.

Sur le monde fermant la porte
Et tisonnant mon poêle éteint,
Je rêve à des planètes mortes
Comme à des paradis lointains.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

 

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À LA BEAUTÉ (Karin Boye)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



À LA BEAUTÉ

Quand tombent nos dieux
et que nous restons seuls au milieu des décombres
sans plus d’attache sous nos pieds
que la sphère dans l’espace –
alors un instant tu te laisses entrevoir, auguste Beauté.
Alors, alors seulement.
Implacable comme le feu, tu consoles:
“Tout peut s’écrouler – je suis immortelle.”
Ô demeure, demeure, Beauté sacrée,
et sauve mon âme
du mensonge d’un infini chagrin.

(Karin Boye)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Ekaterina Panikanova

 

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Ténèbres (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




    
Ténèbres

Ton âme pleure le passé.
Laisse aller ta mélancolie
Qui ravive un amour lassé.
Élève-toi vers la folie.

C’est une clarté indécise,
Ce sont les dernières lueurs
D’un feu qui s’éteint, d’un bonheur
Qu’un souvenir trop pur excise.

C’est une musique céleste
Qui berce et berce et berce encore.
Mais cette harmonie est funeste
À celui qui n’a plus de corps.

Pleure ami, c’est un jour de deuil.
Si la mort frappe à la fenêtre
De ton coeur, montre le cercueil ;
Elle aura pitié de ton être.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Tristesse (Napoléon Aubin)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Tristesse

Seul bien que j’envie,
Amour! douce erreur!
Viens, ma triste vie
S’éteint de langueur.
Ô coupe d’ivresse,
Pourquoi te tarir?
Ô fleur de jeunesse,
Pourquoi te flétrir?

Une fièvre ardente
Consume mes os :
Chacun se tourmente
Pour changer de maux,
On suit sa chimère,
On fait des projets…
Et bientôt la terre
Les couvre à jamais.

Comme un flot se brise
Aux rochers du bord,
Ma vigueur s’épuise
À vaincre le sort.
Mal qui me possèdes,
Abrège ton cours!
Combien tu m’obsèdes,
Ô fardeau des jours!

Seul parmi la foule
Je m’en vais rêvant,
Et sans but je roule
Au pouvoir du vent.
J’offre, en ma détresse,
J’offre à tous la main,
Mais nul ne la presse;
Ils vont leur chemin…

Ô mélancolie
Qui partout me suit,
Vois, mon âme se plie
Aux faix des ennuis!
Chaque doux prestige
A fui devant toi :
Monde où tout m’afflige
Que veux-tu de moi?

La joie est donnée
À nos jeunes ans.
La vie et l’année
N’ont qu’un seul printemps.
Malheur à qui chasse
Les tendres plaisirs;
L’hiver bientôt glace
Et fleurs et désirs…

Je vis une rose
Au déclin du jour;
Que ma main t’arrose,
Dis-je, ô fleur d’amour!
Pour qu’elle te cueille
Demain sans retard.
Je vins… mais sa feuille
Volait au hasard.

(Napoléon Aubin)

 

 

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La beauté (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



La beauté

Perle d’or
Un souvenir
mais nulle nostalgie
Nulle mélancolie
Toujours une larme
Or si pur
Glisse sa joie
Aux racines du cœur
Quand luit
A fleur d’âme
La beauté
Sa surprise

(Kristel Saint-Cyr)

 

 

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