Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘âme’

Le tilleul (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



La somnolence du dimanche
M’ayant couché sous le tilleul
Je cessai bientôt d’être seul.
Je fus d’abord la basse branche.

De marche en marche vers le dôme
Se porta mon être épandu.
Je le soutenais de mon fût,
J’étais le pilier de ce baume.

Puis vers les racines secrètes,
Vers le parallèle réseau,
Descendit mon âme d’en haut,
Et je fus cet arbre à deux têtes.

Pour retrouver mon âme humaine
À la place exacte du front
Il fallut le bruit de mon nom
Avec une main dans la mienne.

(Pierre Menanteau)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

S’ils étaient parmi nous ceux du monde invisible ? (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (7) [1280x768]

S’ils étaient parmi nous ceux du monde invisible ?
Si l’objet que je touche allait vivre soudain,
si du sable montaient d’étranges créatures
et passaient cette porte où je suis attendu :
ceux d’hier dans mes yeux,
dans mon sang, les gestes que je trace
et le son de ma voix,
ceux d’hier par l’esprit et moi-même
au sein des apparences,
dans un tonnerre d’âmes et d’éclairs
à la rencontre de Dieu ?

(Géo Libbrecht)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le feu obscur (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Le feu obscur
l’oeil noir de la flamme
brille en chaque point
du temps
où s’origine l’âme des pierres
la braise des corps mortels

le feu obscur
passe et demeure
passe en sa pointe
entraîne l’écorce et la chair et les feuilles
jusqu’aux regards
jusqu’au minuit de la lumière

mais sans perdre
ses racines

celui qui trouve ses racines
trouvera la clairière

(Jean Mambrino)

Illustration: Josette Mercier

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

La Terre est une vallée (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Illustration: Josephine Wall 
    
La Terre est une vallée
où poussent les âmes.

(John Keats)

 

Correspondance
Lettre à George and Georgiana Keats (avril 1819 )
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Hommage (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Hommage

Elvira, par grâce d’amour
Passe ici devant toi
Un clair éclat
Qui fait de toutes âmes vaniteuses
Des bougies quand vient midi.

Le son métallique et fort des prétendants
Fond devant toi
Comme le roulement des chars,
Mais tu viens en silence
Et hommage est rendu.

Maintenant le petit raccourci
Qui conduit à l’amour
Est encore plein de joie et de sa foule;
Et la large grand-route
Venant de l’amour
Est sans passant.

***

HOMAGE

Elvira, by love’s grace
There goeth before you
A clear radiance
Which maketh ail vain souls
Candies when noon is.The loud clangour of pretenders
Melteth before you
Like the roll of carts passing,
But you corne silently
And homage is given.Now the little by-path
Which leadeth to love
Is again joyful with its many;
And the great highway
From love
Is without passers.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRÉSAGES (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




PRÉSAGES

J’allais à vous : en tourbillon
les rêves joyeux m’escortaient,
la lune brillait sur ma droite,
accompagnant ma course allègre.

Au retour j’eus bien d’autres rêves,
mon âme éprise était dolente
et la lune mélancolique
luisait à gauche du chemin.

Dans le silence un rêve unique
captive l’âme des poètes,
bons ou mauvais, les signes sont
en harmonie avec leur coeur.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: MUSTAPHA MERCHAOUI

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô quelle grande solitude (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



 

Ô quelle grande solitude tu as fait dans ma maison,
Ma petite Ursule bien-aimée, par ton rapide départ;
Nous sommes nombreux, et pourtant, notre maison est déserte;
L’absence d’une petite âme a fait chez nous un grand vide.
Tu babillais tout le temps, et tu chantais pour tous,
Ta personne remplissait tous les coins de notre demeure.
Du front de ta mère tu chassais la chagrine tristesse,
De la tête de ton père tu chassais les noirs soucis,
Prenant un tel par le bras, et étreignant un autre,
Déridant toute la maisonnée par ton rire joyeux.
Maintenant tout se tait : la maison est un désert :
Pas un jeu; personne n’a envie d’éclater de rire.
Et dans chaque coin le regret saisit l’homme par le coeur;
C’est en vain que l’on cherche la moindre trace de bonheur.

(Adam Mickiewicz)

Illustration: Henry Raeburn

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Immortelle (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Immortelle

La Lavande dit à l’Immortelle:
Nous avons vécu ensemble, sur la même colline; le printemps va finir,
et je sens ma feuille se sécher; demain je ne serai plus, et toi tu vivras,
tu entendras les chants joyeux de l’alouette;
comme elle, tu pourras saluer le soleil
quand il viendra sécher tes pieds trempés de rosée.
Il est si doux de vivre, pourquoi suis-je condamnée à mourir!

L’Immortelle répondit:
Tout change, tout se renouvelle dans la nature, moi seule, je ne change pas.
Le printemps ne me donne pas une jeunesse nouvelle,
ma feuille a tous les feux de l’été, toutes les glaces de l’hiver
et garde sa pâleur éternelle.
Jamais je n’entends autour de moi le doux murmure des abeilles;
jamais le papillon ne m’effleure de son aile;
la brise passe sur ma tête sans s’arrêter;
les jeunes filles s’éloignent de moi:
qui voudrait cueillir la fleur des tombeaux, la froide et sévère immortelle?
Balance encore une fois tes longs épis en signe d’allégresse,
Lavande aux yeux bleus; lève tes regards vers le ciel pour le remercier:
tu es heureuse, tu vas mourir!
Tandis que moi, pauvre condamnée,
je subirai les ennuis des pâles journées et des longues nuits d’hiver,
je sentirai frissonner mes épaules sous la neige,
j’entendrai dans les ténèbres la plainte monotone des morts!

Tu vas donc mourir, Lavande; ton âme va s’envoler vers le ciel avec ton parfum.
Je te confie ma prière, ma soeur: dis à celui qui nous a créées toutes deux
que l’immortalité est un présent funeste,
qu’il me rappelle auprès de lui,
source de tout bonheur, de toute vie.

(J.J. Grandville)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ni mains ni joues (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019




Oh, dois-tu prendre mon âme, entremêlée à ton âme?
Le rouge teinte la joue, chauffe la main; la part est dans le tout
Ni mains ni joues ne s’écartent quand l’âme est jointe à l’âme.

(Elizabeth Browning)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand nos deux âmes (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Quand nos deux âmes se tiennent dressées et fortes,
Face à face, silencieuses, jusqu’à ce que
De proche en proche leurs ailes soudain s’enflamment
En leurs extrémités – quel tort cruel
La terre peut-elle nous causer, que nous ne
Soyons plus longtemps comblés ? Réfléchis.
Nous élevant, les anges empressés
Déposeraient l’étoile dorée du chant
Dans notre profond, cher silence. Restons
Plutôt sur terre, Aimé – où les humeurs
Ineptes des hommes repoussent au loin
Puis isolent les purs esprits, et dispensent
Un lieu où vivre et s’aimer pour un jour,
Encerclé d’ombre et par l’heure de la mort.

(Elizabeth Browning)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :