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L’oreiller d’un enfant (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



 

Aron Wiesenfeld   Immigrant

L’oreiller d’un enfant

Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir …

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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Tronc versé au fossé de tes hanches (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Tronc
versé au fossé
de tes hanches

Les lierres du ventre
à l’écorce des eaux
Fourreau
comme la chair à l’os
Mes mains
aux ronces de l’approche

Différemment:

Amande amère douce
Etoile aux toiles des toisons
toujours toi
sexe insecte aux élytres d’odeurs
Amanite incertaine amante

(Werner Lambersy)


Illustration: Zhaoming Wu

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LES SECRETS DU MÉTIER (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



LES SECRETS DU MÉTIER

Je n’ai que faire des glorieux héros,
Non plus que des inventions élégiaques;
Il faut faire des vers mal à propos,
Comme ça, tout à trac.

Si vous saviez sur quel terreau d’ordures
Sans vergogne le poème jaillit —
Comme les orties, les moisissures,
La bardane, les pissenlits.

— Odeur du goudron, cri de colère,
Une tache secrète de lichen —
Et la strophe surgit, tendre ou amère,
Pour votre joie et la mienne

(Anna Akhmatova)

 

 

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TYRANNIE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019




TYRANNIE

Ô dame sans coeur, ô fille du ciel,
viens à mon secours en cette heure solitaire,
violente, indifférente comme une arme
avec ton sens de l’oubli sans pardon.

Un temps absolu tel un océan,
une blessure confuse telle un nouvel être,
étreignent la racine tenace de mon âme
rongeant le coeur de ma confiance.

Quel sourd battement s’agite en mon coeur
tel une vague qu’auraient faite toutes les vagues,
et ma tête se lève, désespérée
en un effort de saut et de mort.

Un hostile imprécis tremble en ma certitude,
grandissant ou naissant des larmes,
telle une plante déchirante et dure
faite de feuilles enchainées, amères.

(Pablo Neruda)

Illustration

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Oui ! c’était une fête (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



 

Armand Point  légende dorée via french-painters.blogspot.com [1280x768]

Oui ! c’était une fête, une heure parfumée ;
On moissonnait nos fleurs, on les jetait dans l’air ;
Albertine riait sous la pluie embaumée ;
Elle vivait encor ; j’étais encore aimée !
C’est un parfum de rose… il n’atteint pas l’hiver.

Du moins, n’irai-je plus dans l’enclos de ma mère ?
N’irai-je plus m’asseoir sur les tombes en fleurs ?
D’où vient que des beaux ans la mémoire est amère ?
D’où vient qu’on aime tant une joie éphémère?
D’où vient que d’en parler ma voix se fond en pleurs ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Armand Point

 

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Si je pouvais (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018



Si je pouvais de cette vie amère
M’éveiller comme d’un rêve,
Nouveau-né dans l’innocence,
Pour voir le premier jour qui se lève,
La promesse de l’aube éternelle
Porterait ton nom.

***

If I could wake
From bitter life as from a dream,
In innocence new-born
To see the first day break,
The promise of the eternal dawn
Would bear your name.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Au temps (Virginie Sampeur)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

Edward Okun 4_15

Au temps

Médecin de mon coeur naguère si souffrant,
qu’as-tu fait de mon mal que je regrette tant?
Rends-le-moi, je t’en prie;
Rends-moi mon autre vie;

Rends-moi des jours passés le langoureux soupir
et l’espoir décevant dont j’ai failli mourir,
Et mes douces chimères,
Et mes larmes amères!

Mon pauvre coeur va-t-il saigner encor, ô Temps?
Connaîtra-t-il encor la foi de ses vingt ans?
J’aurais trop peur d’y croire :
Cours à d’autres victoires!

(Virginie Sampeur)

Illustration: Edward Okun

 

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Il pleut (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Il pleut.

C’est le chant habituel.
les fougères sont
plus belles qu’ailleurs
corsetées de vert.
En fin d’été une
rousseur amère
les couche superposées.

(Katell Antoine)


Illustration

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L’ENVIE DE DIRE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



L’ENVIE DE DIRE…

L’envie de dire vient aux mâchoires
Comme une salive un peu plus amère ;
L’envie de dire dès qu’on voit ;
C’est une étrange maladie.
C’est une atroce boule d’enfance
Qui remonte la gorge ; on la baptise
Poésie ; et beaucoup en sont morts
Sur ces terres nouvelles que le sang fertilise.

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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CHANSON DE FOU (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

 

FEUILLE MORTE

CHANSON DE FOU

Vous aurez beau crier contre la terre,
La bouche dans le fossé,
Jamais aucun des trépassés
Ne répondra à vos clameurs amères.

Ils sont bien morts, les morts,
Ceux qui firent jadis la campagne féconde ;
Ils font l’immense entassement de morts
Qui pourrissent, aux quatre coins du monde,
Les morts.

Alors
Les champs étaient maîtres des villes,
Le même esprit servile
Ployait partout les fronts et les échines,
Et nul encor ne pouvait voir
Dressés, au fond du soir,
Les bras hagards et formidables des machines.

Vous aurez beau crier contre la terre,
Le bouche dans le fossé :
Ceux qui jadis étaient les trépassés
Sont aujourd’hui, jusqu’au fond de la terre,
Les morts.

(Emile Verhaeren)
Illustration: ArbreaPhotos

 

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