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Poésie

Posts Tagged ‘ami’

TYNDARIS (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



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TYNDARIS

Q blanche Tyndaris, les Dieux me sont amis:
Ils aiment les Muses Latines ;
Et l’aneth, et le myrte et le thym des collines
Croissent aux prés qu’ils m’ont soumis.

Viens ! mes ramiers chéris, aux voluptés plaintives,
Ici se plaisent à gémir ;
Et sous l’épais feuillage il est doux de dormir
Au bruit des sources fugitives.

(Leconte de Lisle)

Illustration

 

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Lorsque reviendra le printemps (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019




    
Lorsque reviendra le printemps
peut-être ne me trouvera-t-il plus en ce monde.
J’aimerais maintenant pouvoir croire que le printemps est un être humain
afin de pouvoir supposer qu’il pleurerait
en voyant qu’il a perdu son unique ami.
Mais le printemps n’est même pas une chose : c’est une façon de parler.
Ni les fleurs ne reviennent, ni les feuilles vertes.
Il y a de nouvelles fleurs, de nouvelles feuilles vertes.
Il y a d’autres jours suaves.
Rien ne revient, rien ne se répète, parce que tout est réel.

***

Quando tornar a vir a Primavera
Talvez já não me encontre no mundo.
Gostava agora de poder julgar que a Primavera é gente
Para poder supor que ela choraria,
Vendo que perdera o seu único amigo.
Mas a Primavera nem sequer é uma coisa:
É uma maneira de dizer.
Nem mesmo as flores tornam, ou as folhas verdes.
Há novas flores, novas folhas verdes.
Há outros dias suaves.
Nada torna, nada se repete, porque tudo é real.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Gardeur de troupeaux
Traduction: Armand Guibert
Editions: Gallimard

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DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



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Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

 Illustration

 

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Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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Écoute bien, ma sœur d’ici (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Écoute bien, ma sœur d’ici.
C’était la vieille chambre bleue
De la maison de mon enfance.
J’étais né là.
C’est là aussi
Que m’apparut jadis, dans le recueillement de la vigile,
Mon premier arbre de Noël, cet arbre mort devenu ange
Qui sort de la profonde et amère forêt,
Qui sort tout allumé des vieilles profondeurs
De la forêt glacée et chemine tout seul,
Roi des marais neigeux, avec ses feux follets
Repentis et sanctifiés, dans la belle campagne silencieuse et blanche :
Et voici les fenêtres d’or de la maison de l’enfant sage.

Vieux, très vieux jours ! si beaux, si purs ! c’était la même chambre
Mais froide pour toujours, mais muette, mais grise.
Elle semblait avoir à jamais oublié
Le feu et le grillon des anciennes veillées.

Il n’y avait plus de parents, plus d’amis, plus de serviteurs !
Il n’y avait que la vieillesse, le silence et la lampe.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

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Epanouissement des fleurs (Masaoka Shiki)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2019



    

Illustration: Kunichika

 

(Masaoka Shiki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Déménagement (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Marc Chagall   
    
Déménagement

Photos

Mariage les enfants
et les logis successifs
parents amis paysages
et repas d’anniversaire
les sourires de la tendresse

Livres

Bibles corans paroissiens
classiques et dictionnaires
policiers science-fiction
manuels guides annuaires
les lectures de la tendresse

Albums
Peinture
et architecture
villes déserts archipels
atlas de terre et de ciel
échantillons de la vue
les merveilles de la tendresse

Dessins

Ingres Canson Japon Chine
plumes crayons ou pinceaux
lithos ou sérigraphies
eaux-fortes collages bois
les impressions de la tendresse

Peintures

Huiles aquarelles gouaches
sur la toile ou le papier
châssis cadres et vitrines
serres du plaisir des yeux
les arcs-en-ciel de la tendresse

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Comment m’appeler ? (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: pierres qui roulent

    

Comment m’appeler ?

Arbre je fus un jour et attaché,
puis oiseau m’échappai, libre comme l’air,
dans un fossé trouvé enchaîné,
un œuf souillé en se brisant brisa mes fers.

Comment me garder? J’ai oublié
d’où je viens et où je vais,
de tant de corps suis possédé,
un piquant résistant et un chevreuil en fuite.

Ami aujourd’hui des branches d’érable,
demain sur le tronc je porte la main…
Quand la faute commença-t-elle sa ronde infernale
me menant de semence en semence sans fin ?

Mais en moi chante encore un commencement
– ou bien une fin – et combat ma fuite,
je veux échapper à cette faute, à sa flèche
qui en grain de sable ou canard sauvage me cherche.

Peut-être puis-je un jour me reconnaître
une colombe une pierre qui roule… Manque
un mot seulement ! Comment m’appeler
sans être dans une autre langue ?

***

Wie soll ich mich nennen?

Einmal war ich ein Baum und gebunden,
dann entschlüpft ich als Vogel und war frei,
in einen Graben gefesselt gefunden,
entließ mich berstend ein schmutziges Ei.

Wie hait ich mich? Ich habe vergessen,
woher ich komme und wohin ich geh,
ich bin von vielen Leibern besessen,
ein harter Dom und ein flüchtendes Reh.

Freund bin ich heute den Ahornzweigen,
morgen vergehe ich mich an dem Stamm…
Wann begann die Schuld ihren Reigen,
mit dem ich von Samen zu Samen schwamm?

Aber in mir singt noch ein Beginnen
— oder ein Enden — und wehrt meiner Flucht,
ich will dem Pfeil dieser Schuld entrinnen,
der mich in Sandkorn und Wildente sucht.

Vielleicht kann ich mich einmal erkennen,
eine Taube einen rollenden Stein…
Ein Wort nur fehlt! Wie soll ich mich nennen,
ohne in anderer Sprache zu sein.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Même après la nuit de la chute (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




    

Même après la nuit de la chute
jusqu’à l’abîme, tu resteras
dans les orbites de nos proches et amis
Une demeure : La poésie comme l’amour a ses portes et ses légendes
Elle accorde pour les amants et les poètes les baies de ses désirs,
les couches de ses voluptés,
et ses répits.
Notre mort sera
une autre langue
dans les ascensions de nos futurs secrets.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Mes yeux désarmés demandent Grâce (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2019



Illustration: Robert Cattan
    
Mes yeux désarmés demandent
Grâce. Mais que faire alors
Que devant moi on prononce
Le nom bref et si sonore ?

Je marche dans la campagne,
Le long des tas de rondins ;
Le vent printanier est libre
De souffler où il veut bien,

Et mon coeur languide entend
Que là-bas – secret supplice ! –
Mon ami vit et respire
Et ose n’être pas triste.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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