Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘amiante’

Comète (Bernard Damoiseau)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2016



Dans le désert de feu que damnent mes pensées
Glissent furtivement de belles caravanes
Méharis au col fier échine bossuée
Arabes en burnous en quête de savanes
Moi naufragé tenace hélant un paquebot
Je leur fais des signaux courant de dune en dune
Suppliant qu’on me hisse et qu’on m’emmène au beau
Pays des orangers et des olives brunes
Merveilleux voyageur de mon Kalahari
Il me regarde enfin le chef de l’équipage
Sous son turban hautain et méprisant il sourit
Son cortège s’enfuit indifférent mirage
Ainsi chaque matin je m’accroche au destin
D’un noble sentiment qui traverse mon âme
Et s’éloigne de moi comme on laisse un pantin
Aux blonds sables mouvants où se trame son drame
Les dromadaires bruns les méharistes blancs
N’essaiment derrière eux que l’empreinte et la fiente
Il n’est plus d’oasis le ciel est accablant
Et je brûle à jamais dans ma toile d’amiante.

(Bernard Damoiseau)

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La salamandre (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015



La salamandre

« Le crains-tu, le feu, le crains-tu
le feu, le feu, salamandre ?
habillée de feuille et de cendre
le crains-tu, dis-nous, le crains-tu ? »

«On t’a vue, c’est sûr, on t’a vue
dans le feu, on t’a vue descendre
peut-être n’est-ce qu’une légende
on t’a vue dans le feu, on t’a vue ! »

La salamandre hausse les sourcils
elle met ses lunettes noires
et sa combinaison d’amiante

elle se couche sans soucis
sur son lit de braises du soir
pendant que la bouilloire chante.

(Jacques Roubaud)

Illustration

 

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L’amour comme (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2015


Comme un amas forestier la fille consentante.
Comme une source en haut de l’arbre la fille convoitée.

Comme une statue d’amiante une femme interdite.
Comme un ventre de jument une bouche embrasée.

Comme une rayure de quartz une femme attendant.
Comme un chaos de pierres une femme perdue.

Comme un cuivre qui luit l’épouse aimante.
Comme une branche reverdie la femme aimée.

(André Frénaud)

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