Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘amie’

Au pays (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



Ils avaient décidé de s’en aller
au pays
où la même vieille femme
tricote sur le chemin
où la mère
secoue un peu l’enfant
lui disant à la fin des fins
te tairas-tu, te tairas-tu ?
Puis dans le jeu à son amie
la fillette redit tu brûles
et l’autre cherche si longtemps
si tard – ô longue vie –
que bientôt les feuilles sont noires.

(Jean Follain)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A l’Ondine (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



 

A l’Ondine

Je te prendrai dans l’émotion des landes
muettement tu embrasseras ma terre
Je te prendrai dans la clarté des fontaines
avidement je te boirai
Tu portes mes amours mauves
dans la source des prunelles
écoute
les ajoncs et les plantes
vont chanter pour nous deux
la nuit fertile, la plage fraternelle
Nous referons cette Cornouaille mortelle
secrètement
dans le lit des hautes herbes
je te prendrai dans la grange verte
et ton corps aux semences mélangé
concevra tout un pays de fougères
et de genêts.
Ma belle amie sur la grève allongée
comme moi désire la mer
laisse-toi chavirer sous le vent des navires

(Xavier Grall)

Découvert chez Lara ici

Illustration: William Bouguereau

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La route enchantée (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Marcio Melo 04

La route enchantée

1. Le ciel est plein de joie
La nuit est parfumée
Ah! Quel parfum subtil
Odeur de feu de bois
Douce odeur de fumée
Odeur du mois d´avril
On sent que bientôt c´est la fête
La jolie fête du printemps
Qui fleurit par-dessus nos têtes
Le ciel d´avril comme les champs

{Refrain:}
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Connais-tu le pays du rêve
Le pays d´amour où,sous le ciel bleu
Tout est joyeux
Les beaux jours sont courts
Au pays d´amour
Et les nuits les nuits sont brèves
Mais l´on vit sa vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : en voilà!
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…

2. Rivière mon amie
C´est pour toi que je chante
Et vous petits oiseaux écoutez-moi
Cochons vaches et veaux
Et vous bêtes méchantes
Qui hurlez dans les bois
Demain c´est le jour où l´on s´aime
Et qui sème récolte l´amour
L´amour c´est le plus beau poème
Pourquoi ne pas s´aimer toujours

{Refrain} :
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Chante l´amour au clair de lune
Chante sans un sou
Chante comme un fou
Partout partout
La jeunesse est là
Qui te tend les bras
Le soleil c´est la fortune
Si tu vis ta vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : En voilà
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…
Bonjour le jour la vie la nuit l´amour!

(Charles Trenet)

Illustration: Marcio Melo

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

MARGUERITE AU ROUET (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020


 


 

fileuse 1 [1280x768]

MARGUERITE AU ROUET

— Vous qui faites la jolie et l’enjôleuse
Marguerite au rouet lent pourquoi filer ? —
— Je veux faire une ceinture merveilleuse
pour donner à mon Gottlieb ensorcelé —

Sur le pont d’Avignon qui viendra danser ?

— La mignonne, vous qui faites l’endormie,
La mignonne au rouet lent pourquoi songer ?
— Je veux être de Gottlieb la douce amie
Et lui ceindre mon costume d’or frangé –

Sur le pont d’Avignon iront-ils danser ?

Elle n’est plus la jolie et l’enjôleuse
— Marguerite au rouet lent pourquoi pleurer
Elle ne filera plus ô la fileuse :
Son Gottlieb d’une autre écharpe s’est paré.

Sur le pont d’Avignon qui viendra danser ?

(Tristan Klingsor)


 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

QUATRIÈME CONCERT SUR TERRE OU CONCERT DÉ FIÉLLOUZE (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



Anne-Marie Zilberman (30)

QUATRIÈME CONCERT SUR TERRE
OU CONCERT DÉ FIÉLLOUZE

I
Annie, tu es tant mon amour
Que ma vieille voix imprécise
Se repent d’avoir murmuré
Un pareil mot avant ce jour,
Car c’est le seul qui te traduise.
Je n’en ai jamais décoré
Une autre bouche féminine,
Je l’ai gardé vierge et si clair
Pour ta seule âme, pour tes yeux,
Avec son filet de lumière
Qu’il tient de la grâce divine,
Comme il est le seul mot pour Dieu…

II
Je n’ai rien connu avant toi
Où je puisse me reposer,
Sinon les choses d’espérances;
Je ne pouvais sortir
de moi…
Ne t’effraie pas, si je m’étonne
De ton amour, de ta présence :
Je suis créé pour m’étonner…
J’ai tant cru devoir m’en aller,
N’étant amoureux de personne
Et sans être vraiment aimé…

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOTRE TERRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020



 

Giampaolo Ghisetti -  (6)

NOTRE TERRE

Il nous faudrait une terre de soleil
De soleil resplendissant,
Et une terre d’eaux parfumées
Où le crépuscule
Est un léger foulard
D’indienne rose et or,
Et non cette terre où la vie est toute froide.

Il nous faudrait une terre pleine d’arbres,
De grands arbres touffus
Aux branches lourdes de perroquets jacassants
Et vifs comme le jour,
Et non cette terre où les oiseaux sont gris.

Ah, il nous faudrait une terre de joie,
D’amour et de joie, de chansons et de vins
Et non cette terre où la joie est péché.

O ma douce amie, fuyons!
Fuyons, ma bien-aimée!

(Langston Hughes)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Berceuse (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



Berceuse

Viens vers moi quand tu chantes, amie, j’ai des secrets
Que tu liras toi-même au reflet de mes yeux.
Viens, entoure mon cou dans tes bras, viens tout près
Et ton cœur entendra des mots silencieux.

Viens vers moi quand tu rêves, amie, j’ai des paroles
Dont le murmure seul est comme une douceur.
Elles imposent l’oubli, le doute, elles désolent,
Et pourtant leur musique enchante la douleur.

Viens vers moi quand tu ris, amie, j’ai des regards
Très longs qui vont porter la peur au fond de l’âme.
Viens, ils transperceront ton cœur de part en part
Et tu sentiras naître en toi une autre femme.

Viens vers moi quand tu pleures, amie, j’ai des caresses
Qui captent les sanglots amers au bord des lèvres
Et feront de ton amertume une allégresse :
Amie, viens boire une âme nouvelle sur mes lèvres.

(Remy de Gourmont)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A vous que je ne peux nommer (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




A vous que je ne peux nommer
Comme à mon gré je l’aimerais,
Ce jour de l’an, de biens et joie
Que Dieu veuille vous faire étrennes !

Vous appeler amie serait
Vous décerner un nom trop simple,
À vous que je ne peux nommer
Comme à mon gré je l’aimerais.

Vous donner comme nom: ma dame,
Ce serait vous rendre orgueilleuse ;
Je récuse en vous la maîtresse:
Comment faut-il que je m’adresse
À vous que je ne peux nommer

(Charles d’Orléans)

Illustration: Fabienne Contat

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu arrives du Sud avec ses maisons pauvres (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Tu arrives du Sud avec ses maisons pauvres,
dures régions du froid, du tremblement de terre
qui, même quand leurs dieux roulèrent dans la mort,
ont donné la leçon de la vie dans la glaise.
Tu es un poulain de glaise noire, un baiser
de boue sombre, amour, coquelicot de glaise,
ramier du crépuscule éployé sur les routes,
tirelire à chagrin de notre pauvre enfance.
Fille, tu as conservé ton coeur de pauvresse
et tes pieds de pauvresse habitués aux cailloux,
ta bouche qui n’eut pas toujours pain ou délice.
Tu es du pauvre Sud, d’où est venue mon âme :
dans son ciel ta mère lave toujours du linge
avec la mienne. Amie, ainsi t’ai-je choisie.

***

Vienes de la pobreza de las casas del Sur,
de las regiones duras con frío y terremoto
que cuando hasta sus dioses rodaron a la muerte
nos dieron la lección de la vida en la greda.
Eres un caballito de greda negra, un beso
de barro oscuro, amor, amapola de greda,
paloma del crepúsculo que voló en los caminos,
alcancía con lágrimas de nuestra pobre infancia.
Muchacha, has conservado tu corazón de pobre,
tus pies de pobre acostumbrados a las piedras,
tu boca que no siempre tuvo pan o delicia.
Eres del pobre Sur, de donde viene mi alma
en su cielo tu madre sigue lavando ropa
con mi madre. Por eso te escogí, compañera.

(Pablo Neruda)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand je caresse mon amie (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019




    
Quand je caresse mon amie, mes yeux magnifient son regard,
mon tact habille et exalte sa peau qui glorifie la mienne.

L’ego vit et vaut de créer de l’ego chez autrui qui, alors,
peut le rendre au premier au décuple, en vie et en valeur.

(Michel Serres)

 

Recueil: Biogée
Traduction:
Editions: Dialogues

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :