Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘amis’

Chanson de musette (Henri Murger)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020




    
Chanson de musette

Hier, en voyant une hirondelle
Qui nous ramenait le printemps,
Je me suis rappelé la belle
Qui m’aima quand elle eut le temps.
Et pendant toute la journée,
Pensif, je suis resté devant
Le vieil almanach de l’année
Où nous nous sommes aimés tant.

Non, ma jeunesse n’est pas morte,
Il n’est pas mort ton souvenir ;
Et si tu frappais à ma porte,
Mon cœur, Musette, irait t’ouvrir.
Puisqu’à ton nom toujours il tremble,
Muse de l’infidélité,
Reviens encor manger ensemble
Le pain béni de la gaîté.

Les meubles de notre chambrette,
Ces vieux amis de notre amour,
Déjà prennent un air de fête
Au seul espoir de ton retour.
Viens, tu reconnaîtras, ma chère,
Tous ceux qu’en deuil mit ton départ,
Le petit lit — et le grand verre
Où tu buvais souvent ma part.

Tu remettras la robe blanche
Dont tu te parais autrefois,
Et comme autrefois, le dimanche,
Nous irons courir dans les bois.
Assis le soir sous la tonnelle,
Nous boirons encor ce vin clair
Où ta chanson mouillait son aile
Avant de s’envoler dans l’air.

Dieu, qui ne garde pas rancune
Aux méchants tours que tu m’as faits,
Ne refusera pas la lune
A nos baisers sous les bosquets.
Tu retrouveras la nature
Toujours aussi belle, et toujours,
Ô ma charmante créature,
Prête à sourire à nos amours.

Musette qui s’est souvenue,
Le carnaval étant fini,
Un beau matin est revenue,
Oiseau volage, à l’ancien nid ;
Mais en embrassant l’infidèle,
Mon cœur n’a plus senti d’émoi,
Et Musette, qui n’est plus elle,
Disait que je n’étais plus moi.

Adieu, va-t’en, chère adorée,
Bien morte avec l’amour dernier ;
Notre jeunesse est enterrée
Au fond du vieux calendrier.
Ce n’est plus qu’en fouillant la cendre
Des beaux jours qu’il a contenus,
Qu’un souvenir pourra nous rendre
La clef des paradis perdus.

(Henri Murger)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le soleil s’assied (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



Le soleil s’assied tel un prince
dans l’antichambre de l’horizon
Les amis accourent en groupes –
araignées oiseaux princes des papillons
abeilles cigales et lézards –
hôtes d’un seul désir
sans aucune hiérarchie
entre l’un et l’autre
Le soleil monte dans son chariot
et leur abandonne le pouvoir

(Adonis)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

Quelque temps (Jalâl-al-Dîn Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



Quelque temps, dans notre enfance, nous sommes allés à l’école
Quelque temps, nous nous sommes contentés de voir nos amis
Écoute la fin de notre histoire: que nous est-il arrivé?
Nous sommes apparus comme le nuage, nous avons disparu comme le vent.

(Jalâl-al-Dîn Rûmî)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

AMIS (William Michaelian)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



AMIS

AMIS Sur le trottoir,
La vieille femme est assise
Devant une petite table.
Elle parle à son chien ;
Elle boit un café,
Elle lui donne des miettes
De son assiette en carton
«  Croissant  » dit-elle
Et le chien répond
Par un petit aboiement
Un éternuement
Qui ressemble exactement
Au mot « flocon ».
Ils se sourient,
Puis s’arrêtent un instant
Pour gratter leurs puces.
Le soleil se lève
Au-dessus du bâtiment de brique
En face dans la rue.
C’est un bon soleil
Plein de compréhension
et d’ancienne sagesse.

(William Michaelian)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Chaim Soutine

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fontaine du Var (Fernand Sauvaire)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Les fontaines de mon village,
Sur chaque place où dort l’ennui,
Sans fin laissent leur verbiage
Remplir les vasques jour et nuit,

Elles ont des grâces anciennes
Pour les vieilles et les oiseaux
Rêvant, aux douces antiennes
Du jet limpide de leurs eaux.

Car le passé de nos aïeules
Est aussi pur que leur cristal.
Il y revit pour elles seules
Avec le miel du sol natal.

Quand aux oiseaux, amis fidèles
Ils y viennent tous les midis,
Afin que le bruit de leurs ailes
Double l’écho du clapotis.

(Fernand Sauvaire)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ah combien de temps combien de temps (Alain Eludut)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2016



Je suis mort mes amis
(l’êtes-vous aussi?) au-delà
des festins d’étoiles qui m’inondent.
Merci à vous d’exister – c’est par vous
que je vis (par vous – que je meurs)

Cela dit ils s’aimaient
comme le verbe
du matin au soir

Visages qui passent visages disparus
Ah combien de temps combien de temps

(Alain Eludut)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

La lune et le prunier (An Min-Yông)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015


prunier

Après le coucher du soleil, la lune
A-t-elle promis de te rencontrer?
Les fleurs endormies dans la pièce l’accueillent
En lançant un doux parfum
Comment ignorais-je auparavant
Que la lune et le prunier étaient amis?

(An Min-Yông)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :