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Poésie

Posts Tagged ‘amitié’

Marco (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Mikhaïl Vroubel
    
Marco

Quand Marco passait, tous les jeunes hommes
Se penchaient pour voir ses yeux, des Sodomes
Où les feux d’Amour brûlaient sans pitié
Ta pauvre cahute, ô froide Amitié ;
Tout autour dansaient des parfums mystiques
Où l’âme, en pleurant, s’anéantissait.
Sur ses cheveux roux un charme glissait ;
Sa robe rendait d’étranges musiques
Quand Marco passait.

Quand Marco chantait, ses mains, sur l’ivoire
Évoquaient souvent la profondeur noire
Des airs primitifs que nul n’a redits,
Et sa voix montait dans les paradis
De la symphonie immense des rêves,
Et l’enthousiasme alors transportait
Vers des cieux connus quiconque écoutait
Ce timbre d’argent qui vibrait sans trêves,
Quand Marco chantait.

Quand Marco pleurait, ses terribles larmes
Défiaient l’éclat des plus belles armes ;
Ses lèvres de sang fonçaient leur carmin
Et son désespoir n’avait rien d’humain ;
Pareil au foyer que l’huile exaspère,
Son courroux croissait, rouge, et l’on aurait
Dit d’une lionne à l’âpre forêt
Communiquant sa terrible colère,
Quand Marco pleurait.

Quand Marco dansait, sa jupe moirée
Allait et venait comme une marée,
Et, tel qu’un bambou flexible, son flanc
Se tordait, faisant saillir son sein blanc ;
Un éclair partait. Sa jambe de marbre,
Emphatiquement cynique, haussait
Ses mates splendeurs, et cela faisait
Le bruit du vent de la nuit dans un arbre,
Quand Marco dansait.

Quand Marco dormait, oh ! quels parfums d’ambre
Et de chair mêlés opprimaient la chambre !
Sous les draps la ligne exquise du dos
Ondulait, et dans l’ombre des rideaux
L’haleine montait, rhythmique et légère ;
Un sommeil heureux et calme fermait
Ses yeux, et ce doux mystère charmait
Les vagues objets parmi l’étagère,
Quand Marco dormait.

Mais quand elle aimait, des flots de luxure
Débordaient, ainsi que d’une blessure
Sort un sang vermeil qui fume et qui bout,
De ce corps cruel que son crime absout :
Le torrent rompait les digues de l’âme,
Noyait la pensée, et bouleversait
Tout sur son passage, et rebondissait
Souple et dévorant comme de la flamme,
Et puis se glaçait.

(Paul Verlaine)

 
Découvert ici: https://marinegiangregorio.wordpress.com/

Recueil: Poèmes saturniens
Traduction:
Editions:

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Viens-t’en avec moi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Tony Cook

    
Viens-t’en avec moi

Viens-t’en avec moi
Il n’est plus que toi
Dont mon cœur puisse se réjouir ;
Nous aimions par les nuits d’hiver
Errer dans la neige :
Si nous renouvelions ces vieux plaisirs ?
Noires et folles, les nuées
Tachent d’ombre, là-haut, les terres élevées
Comme elles faisaient autrefois,
Et ne s’arrêtent que là-bas,
À l’horizon confusément amoncelées,
Tandis que les rayons de lune
Si prestement luisent et fuient
Qu’à peine pouvons-nous dire qu’ils ont souri.

Viens avec moi — viens te promener avec moi ;
Nous étions bien plus autrefois,
Mais la Mort nous a dérobés nos compagnons
Comme le Soleil la rosée ;
Oui, la Mort les a pris un à un, nous laissant
Tous deux seuls désormais ;
Aussi mes sentiments se voudraient-ils aux tiens
Nouer étroitement, n’ayant d’autre soutien.

« Non, ne m’appelle pas, cela ne saurait être ;
L’Amour serait-il si constant ?
La fleur de l’Amitié peut-elle dépérir
Pour revivre après de longs ans ?
Non, quand même le sol est humide de larmes
Et si belle qu’elle ait pu croître ;
Car la sève une fois tarie, son flux vital
Ne s’épanchera jamais plus :
Mieux encore que ne fait l’étroit cachot des morts
La Terre sépare le cœur des hommes. »

***

Come, walk with me

Come, walk with me ;
There only thee
To bless my spirit now ;
We used to love on winter nights
To wander throw the snow.
Can we not woo back old delights ?
The clouds rush dark and wild ;
They fleck with shade our mountain heights
The same as long ago,
And on the horizon rest at last
In looming masses piled ;
While moonbeams flash and fly so fast
We scarce can say they smiled.

Come, walk with me — come, walk with me ;
We were not once so few ;
But Death has stolen our company
As sunshine steals the dew :
He took them one by one, and we
are left, the only two ;
So closer would my feelings twine,
Because they have no stay but thine.

« Nay, call me not ; it may not be ;
Is human love so true ?
Can Friendship’s flower droop on for years
And then revive anew ?
No ; though the soil be wet with tears,
How fair soe’er it grew ;
The vital sap once perished
Will never flow again ;
And surer than that dwelling dread,
The narrow dungeon of the dead,
Time parts the hearts of men. »

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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L’AMOUR ET L’AMITIÉ (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos     

L’AMOUR ET L’AMITIÉ

L’amour à la sauvage églantine est pareil
Et l’amitié pareille au houx.
Si le houx reste obscur quand fleurit l’aubépine,
Lequel fleurit plus constamment?

La sauvage églantine est suave au printemps;
L’été, ses fleurs embaument l’air.
Attendez toutefois que revienne l’hiver,
Qui dira l’églantine belle?

Dédaigne l’églantine et sa vaine couronne,
Fais du houx luisant ta parure
Afin, lorsque Décembre aura flétri ton front,
Qu’il y respecte sa verdure.

***

LOVE AND FRIENDSHIP

Love is like the wild rose-briar,
Friendship like the holly-tree —
The holly is dark when the rose-briar blooms
But which will bloom most constantly?

The wild rose-briar is sweet in spring,
Its summer blossoms scents the air;
Yet wait till winter comes again
And who will call the briar fair?

Then scorn the silly rose-wreath now
And deck thee with the holly’s sheen,
That when December blights thy brow
He still may leave thy garland green.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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CHANSON (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
CHANSON

Entre joie et poignant ennui
Oh! ne se peut nulle tendresse :
C’est en vain qu’un coeur en détresse
Retient l’amitié qui s’enfuit.

Jamais tes yeux ne souriraient
A voir les miens mouillés de larmes,
Mais je sais bien qu’ils ne sauraient
Toujours partager mes alarmes.

Adieu. C’en est fini du temps
Que nous pensions, sentions de même.
Je veux rôder par l’océan,
Je veux courir les mers désertes.

Aux îles, aux lointains rivages
Le malheur est libre d’errer;
Ton oreiller sera suave,
Mon très cher, sans moi pour veiller.

Tu n’auras plus, chaque matin,
Quand ton coeur bondit d’allégresse,
A simuler un air chagrin
Pour t’accorder à ma tristesse.

Jour par jour, quelque triste gage
Désertera ton souvenir,
Et, tous liens brisés, pour finir,
Que serai-je à tes yeux qu’un songe?

***

SONG

O between distress and pleasure
Fond affection cannot be;
Wretched hearts in vain would treasure
Friendship’s joys when other flee.

Well I know thine eye would never
Smile, while mine grieved, willingly;
Yet I know thine eye for ever
Could not weep in sympathy.

Let us part, the time is over
When 1 thought and felt like thee;
I will be an Ocean rover,
I will sail the desert sea.

Isles there are beyond its billow;
Lands where woe may wander free;
And, beloved, thy midnight pillow
Will be soft unwatched by me.

Not on each returning morrow
When thy heart bounds ardently
Need’st thou then dissemble sorrow,
Marking my despondency.

Day by day some dreary token
Will forsake thy memory
Till at last all old links broken
I shall be a dream to thee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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La Carte du Royaume des Précieuses (Charles Sorel)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



La Carte du Royaume des Précieuses

On s’embarque sur la Rivière de Confidence
pour arriver au Port de Chuchoter.

De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère,
qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie
qui est la capitale du Royaume.

A une lieue de cette ville est un château bien fortifié
qu’on appelle Galanterie.
Ce Château est très noble,
ayant pour dépendances plusieurs fiefs,
comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés
et Amitiés amoureuses.

Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie,
qui sont toutes couvertes d’un côté par les Montagnes de Minauderie
et de l’autre par celles de Pruderie.

Derrière tout cela est le lac d’Abandon,
qui est l’extrémité du Royaume.

(Charles Sorel)

voir ici: Carte DE Tendre (et pas « du ».. Tendre est un Pays.. un BEAU Pays!)  de Madeleine de Scudéry (15/11/1607  02/06/1701)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre
http://www.miscellanees.com/t/tendre01.htm

 

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Agir et penser comme un chat (2) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats, les femmes et les grands criminels
ont ceci de commun,
ils représentent un idéal inaccessible
et une capacité à s’aimer soi-même
qui nous les rend attirants.

(Sigmund Freud)

Il n’y a pas de chat ordinaire.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

A fréquenter les chats,
on ne risque que de s’enrichir.

(Sidonie-Gabrielle Colette)

Comme quiconque les a un tant soit peu fréquentés le sait bien,
les chats font preuve d’une patience infinie
envers les limites de l’esprit humain.

(Cleveland Amory)

Les chats savent très bien qui les aime
et qui ne les aime pas, mais s’en soucient trop peu
pour y remédier.

(Winifred Carrière)

Conquérir l’amitié d’un chat est chose difficile.
C’est une bête philosophique, rangée, tranquille, tenant à ses habitudes,
amie de l’ordre et de la propreté,
et qui ne place pas ses affections à l’étourdie:
il veut bien être votre ami,
si vous en êtes digne,
mais non pas votre esclave

(Théophile Gautier)

La différence entre un chien et un chat.

Le chien pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
ils doivent être des dieux.

Le chat pense: ils me nourrissent,
ils me protègent,
je dois être dieu.

(Ira Lewis)

Les chats sont malins
et conscients de l’être.

(Tomi Ungerer)

Les chiens ont des maîtres,
les chats ont des serviteurs.

(Dave Barry)

De tous les animaux,
seul le chat atteint
une vie contemplative.

(Andrew Lang)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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Proverbes de l’Enfer (4) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Illustration
    
Proverbes de l’Enfer (4)

Le renard pourvoit à ses besoins,
mais Dieu pourvoit aux besoins du lion.

Pense le matin. Agis à midi. Mange le soir. Dors la nuit.

Celui-là te connaît bien qui te laissa lui en imposer.

De même que la charrue obéit à la parole,
Dieu récompense les prières.

Les tigres de la colère sont plus sages
que les chevaux de l’instruction.

Attends de l’eau qui dort du poison.

Tu ne sauras jamais ce qui suffit
si tu ignores ce qui est plus que suffisant.

Prête l’oreille au blâme du sot : c’est un privilège royal !

Les yeux des flammes, les narines de l’air,
la bouche des eaux, la barbe de la terre.

Celui dont le courage est faible trouve la force dans la ruse.

Jamais le pommier ne demande au hêtre comment croître,
ni le lion au cheval comment saisir sa proie.

Qui reçoit avec gratitude, porte une abondante moisson.

Si d’autres n’avaient été stupides, il nous faudrait l’être.

L’âme de la joie délicieuse ne peut être souillée.

Lorsque tu vois un Aigle, tu vois un morceau de Génie :
lève la tête !

De même que la chenille choisit les plus belles feuilles
pour y déposer ses oeufs, le prêtre dépose ses malédictions
sur nos plus belles joies.

Créer une petite fleur est le travail des âges.

Maudire excite. Bénir détend.

Le meilleur vin est le plus vieux,
l’eau la meilleure est la plus fraîche.

Les prières ne labourent pas !
Les louanges ne moissonnent pas !

Les joies ne rient pas ! les chagrins ne pleurent pas !

***

The fox provides for himself. but God provides for the lion.
Think in the morning. Act in the noon. Eat in the evening. Sleep in the night.
He who has suffer’d you to impose on him knows you.
As the plow follows words, so God rewards prayers.
The tygers of wrath are wiser than the horses of instruction.
Expect poison from the standing water.
You never know what is enough unless you know what is more than enough.
Listen to the fools reproach! it is a kingly title!
The eyes of fire, the nostrils of air, the mouth of water, the beard of earth.
The weak in courage is strong in cunning.
The apple tree never asks the beech how he shall grow; nor the lion, the horse, how he shall take his prey.
The thankful reciever bears a plentiful harvest.
If others bad not been foolish, we should be so.
The soul of sweet delight can never be defil’d.
When thou seest an Eagle, thou seest a portion of Genius. lift up thy head!
As the catterpiller chooses the fairest leaves to lay her eggs, so the priest lays his curse on the fairest joys.
To create a little flower is the labour of ages.
Damn braces: Bless relaxes.
The best wine is the oldest, the best water the newest.
Prayers plow not! Praises reap not!
Joys laugh not! Sorrows weep not!

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Proverbes de l’Enfer (3) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
Proverbes de l’Enfer (3)

Les Prisons sont bâties avec les pierres de la Loi,
les Bordels, avec les briques de la Religion.

L’orgueil du paon est la gloire de Dieu.

La lubricité du bouc est la munificence de Dieu.

La colère du lion est la sagesse de Dieu.

La nudité de la femme est le travail de Dieu.

L’excès de douleur rit, l’excès de joie pleure.

Le rugissement des lions, le hurlement des loups,
les fureurs de la mer démontée sont des morceaux d’éternité
trop grands pour l’oeil de l’homme.

Le renard accuse la trappe et non lui-même.

Les joies fécondent. Les douleurs enfantent.

Que l’homme revête la peau du lion, la femme,
la toison de la brebis.

Le nid à l’oiseau, la toile à l’araignée, à l’homme l’amitié.

Le sot égoïste et souriant et le sot sombre et soucieux
seront l’un et l’autre tenus pour sages,
afin qu’ils puissent servir à notre punition.

Ce qui est maintenant prouvé, ne fut autrefois qu’imaginé.

Le rat, la souris, le renard, le lapin regardent les racines ;
le lion, le tigre, le cheval, l’éléphant regardent les fruits.

La citerne contient ; la fontaine déborde.

Une seule pensée emplit l’immensité.

Sois toujours prêt à dire ta pensée, l’homme servile t’évitera.

Tout ce qu’il est possible de croire est l’image de la vérité.

L’aigle jamais ne perdit plus de temps
qu’à suivre les leçons de la corneille.

***

Prisons are built with stones of Law, Brothels with bricks of Religion.
The pride of the peacock is the glory of God.
The lust of the goat is the bounty of God.
The wrath of the lion is the wisdom of God.
The nakedness of woman is the work of God.
Excess of sorrow laughs. Excess of joy weeps.
The roaring of lions, the howling of wolves, the raging of the stormy sea, and the destructive sword, are portions of eternity too great for the eye of man.
The fox condemns the trap, not himself.
Joys impregnate. Sorrows bring forth.
Let man wear the fell of the lion. woman the fleece of the sheep.
The bird a nest, the spider a web, man friendship.
The selfish smiling fool, & the sullen frowning fool shall be both thought wise, that they may be a rod.
What is now proved was once only imagin’d.
The rat, the mouse, the fox, the rabbet; watch the roots; the lion, the tyger, the horse, the elephant, watch the fruits.
The cistern contains: the fountain overflows.
One thought fills immensity.
Always be ready to speak your mind, and a base man will avoid you.
Every thing possible to be believ’d is an image of truth.
The eagle never lost so much time, as when he submitted to learn of the crow.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Amitié (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017



Illustration
    
Amitié
À Yves Miramont,
à la mémoire de sa mère,

Poète, je t’écris en ce jour de malheur,
Je t’écris ma plus belle page
Pour te dire que je partage
Ta douleur.

Ma poésie, hélas ! n’a pas grande valeur.
Mais tu lui ouvriras ta porte,
Car d’un ami elle t’apporte
Le coeur.

Quand on est las, quand on est triste,
Il est doux,
Il est doux de savoir qu’il existe
Un vieil ami qui pense à vous.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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La bouée (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
La bouée

Je veux vous avouer ce soir, ma chère amie,
Que lorsque je m’ennuie et que j’ai peur de tout,
Lorsque je me sens seul, tout seul, je pense à vous ;
Car vous êtes, je crois, ma plus sincère amie.

Je pense à vous souvent, car souvent je m’ennuie ;
Et dès que je m’égare en un mauvais sentier,
Je fais appel à la merveilleuse amitié
Qui, depuis un grand jour, l’un à l’autre nous lie.

Si j’ai chanté pour vous ce soir ces quelques vers,
C’est que mon pauvre coeur malade s’est ouvert.
S’il vous parlait tout bas, voudriez-vous l’entendre ?

Si avec ses défauts, avec ses qualités,
Ses mauvais sentiments et sa naïveté,
Il se donnait à vous, voudriez-vous le prendre ?

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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