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Poésie

Posts Tagged ‘amour’

Vers la naissance… (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Vers la naissance…
Tu trouveras peut-être un secret
Qui s’embrase
Une respiration possible

L’amour d’un instant

Entre source et incendie
La mort ne déchire
Que des moments

(Jamel Eddine Bencheikh)


Illustration

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Au bois d’amour (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Au bois d’amour
de feu
l’arbre se fend

(Jean Joubert)


Illustration: Emile Bernard

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Un cerf volant déchiré (Patrick Druart)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



En haut d’un grand chêne
un cerf volant déchiré
à jamais perdu
ton amour tout comme lui
désormais inaccessible

(Patrick Druart)

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Les cris (Sophie Darblade)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



J’avais cru
Tu savais
On se tue
A ne pas dire
L’écrit a raisonné
Dans le silence de l’amour

(Sophie Darblade)


Illustration: Pascal Renoux

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POEME DE COLLEGIEN (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



POEME DE COLLEGIEN

Amis, mon amie a su
Me télégraphier, me téléphoner.

Nous sourions à la campagne
Et la campagne nous sourit,
Minute rare, minute flamme
Où vient brûler toute la vie.

Oh! j’ai vu tes dents
Plus nouvelles et plus vives
Que les fleurs des champs,
Non, le jour n’est plus un mal effrayant.

Le retour fut une angoisse douce,
En te serrant, je t’ai juré.
L’amour est le sang d’un ours
Qui perd son sang dans sa toison.

Amis, mon amie a su
Me télégraphier, me téléphoner.

(Pierre Morhange)

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LE ROSSIGNOL (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

LE ROSSIGNOL
A Georges Artigues.

Dans le secret de cet arbre tout nu
— Mais il n’est rien qu’au silence on ne vole
Puisqu’en lui-même un dieu s’est entendu.
Pluie ou soleil, vertige ou dénuement,

Si je me tais, rien en moi ne dément
L’aveu confus qui cherche sa parole
Je fais mon nid dans ces branches obscures,
Soeurs d’un espace où j’éclate à foison :

Plutôt mourir dans ma verte prison
Que de changer d’amour et de blessures!
Avril en fleurs, le chant des créatures

Brûle au zénith de cette pâmoison;
Je suis ce chant, ce ciel, cet horizon,
La nuit du monde avec ses aventures.

(Louis Emié)

Illustration

 

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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J’ALLAIS DANS LE VERGER… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (53) [1280x768]

J’ALLAIS DANS LE VERGER…

J’allais dans le verger où les framboises au soleil
chantent sous l’azur à cause des mouches à miel.
C’est d’un âge très jeune que je vous parle.
Près des montagnes je suis né, prés des montagnes.
Et je sens bien maintenant que dans mon âme
il y a de la neige, des torrents couleur de givre
et de grands pics cassés où il y a des oiseaux
de proie qui planent dans un air qui rend ivre,
dans un vent qui fouette les neiges et les eaux.

Oui, je sens bien que je suis comme les montagnes.
Ma tristesse a la couleur des gentianes qui y croissent.
Je dus avoir, dans ma famille, des herborisateurs
naïfs, avec des boîtes couleur d’insecte vert,
qui, par les après-midi d’horrible chaleur,
s’enfonçaient, dans l’ombre glacée des forêts,
à la recherche d’échantillons précieux
qu’ils n’eussent point échangés pour les vieux
trésors des magiciens des Bagdads merveilleuses
où les jets d’eau ont des fraîcheurs endormeuses.
Mon amour a la tendresse d’un arc-en-ciel
après une pluie d’avril où chante le soleil.
Pourquoi ai-je l’existence que j’ai ?… N’étais-je fait
pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement
de neige des troupeaux, avec un haut bâton,
à l’heure où on est grandi par la paix du jour qui tombe ?

(Francis Jammes)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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JOLIE MÔME (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Harding Meyer 1964 - Brazilian Portrait painter -   (4) [1280x768]

T’es tout’ nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu’est maboul’
Jolie môme
T’as ton cœur
A ton cou
Et l’bonheur
Par en d’ssous
Jolie môme
T’as l’rimmel
Qui fout l’camp
C’est l’dégel
Des amants
Jolie môme
Ta prairie
Ça sent bon
Fais-en don
Aux amis
Jolie môme
T’es qu’un’ fleur
Du printemps
Qui s’fout d’l’heure
Et du temps

T’es qu’un’ rose
Eclatée
Que l’on pose
A côté
Jolie môme
T’es qu’un brin
De soleil
Dans l’chagrin
Du réveil
T’es qu’un’ vamp
Qu’on éteint
Comm’ un’ lampe
Au matin
Jolie môme
Tes baisers
Sont pointus
Comme un accent aigu
Jolie môme
Tes p’tits seins
Sont du jour
A la coque
A l’amour
Jolie môme
Ta barrière
De frou-frous
Faut s’la faire
Mais c’est doux
Jolie môme
Ta violette
Est l’violon
Qu’on violente
Et c’est bon
Jolie môme
T’es qu’un’ fleur
De pass’ temps
Qui s’fout d’l’heure
Et du temps
T’es qu’une étoile
D’amour
Qu’on entoile
Aux beaux jours
Jolie môme
T’es qu’un point
Sur les « i »
Du chagrin
De la vie
Et qu’une chose
De la vie
Qu’on arrose
Qu’on oublie
Jolie môme

T’as qu’un’ paire
De mirettes
Au poker
Des conquêtes
Jolie môme
T’as qu’un’ rime
Au bonheur
Faut qu’ça rime
Ou qu’ça pleure
Jolie môme
T’as qu’un’ source
Au milieu
Qu’éclabousse
Du bon dieu
Jolie môme
T’as qu’un’ porte
En voil’ blanc
Que l’on pousse
En chantant
Jolie môme
T’es qu’un’ pauv’
Petit’ fleur
Qu’on guimauv’
Et qui meurt
T’es qu’un’ femme
A r’passer
Quand son âme
Est froissée
Jolie môme
T’es qu’un’ feuille
De l’automne
Qu’on effeuille
Monotone
T’es qu’un’ joie
En allée
Viens chez moi
La r’trouver
Jolie môme

T’es tout’ nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu’est maboule

JOLIE MÔME !

(Léo Ferré)

Illustration: Harding Meyer

 

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DE LA FEMME AU CIEL (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Oleg Korolev  sun_s_10 [1280x768]

DE LA FEMME AU CIEL

L’âme a des étapes profondes.
On se laisse d’abord charmer,
Puis convaincre. Ce sont deux mondes.
Comprendre est au-delà d’aimer.

Aimer, comprendre : c’est le faîte.
Le Coeur, cet oiseau du vallon,
Sur le premier degré s’arrête ;
L’Esprit vole à l’autre échelon.

A l’amant succède l’archange ;
Le baiser, puis le firmament ;
Le point d’obscurité se change
En un point de rayonnement.

Mets de l’amour sur cette terre
Dans les vains brins d’herbe flottants.
Cette herbe devient, ô mystère !
Le nid sombre au fond du printemps.

Ajoute, en écartant son voile,
De la lumière au nid béni.
Et le nid deviendra l’étoile
Dans la forêt de l’infini.

(Victor Hugo)

Illustration: Oleg Korolev

 

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