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Poésie

Posts Tagged ‘amoureuse’

La poésie domine l’absurde (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



La poésie domine l’absurde.
Elle est l’absurde suprême:
La cruche élevée à hauteur de la bouche amoureuse
Emplissant celle-ci de désir et de soif, de distance et d’abandon.
Elle est l’inconstance dans la fidélité.
Elle envoisine l’isolé.

(René Char)

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mon amoureuse (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


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te perdre,
c’est retrouver le néant des sables
avec ses os de seiches obstruant ma bouche,
c’est retrouver le jour encombré d’épluchures,
jonché de squelettes épineux.

toi perdue,
mes mains se videront de tout ce qui les faisait gémir ou trembler,
mes lèvres n’atteindront plus aux voiles du ciel frais,
les épines des rosiers ne serviront plus qu’à composer au monde
un visage barbelé.

toi perdue,
je serai ce corps neutre
où les angoisses font halte.

toi perdue,
je ne tiendrai dans mes bras
que ce tas de sable qui coule,
avec la mort embusquée dans le dernier grain.

(Tahar Djaout)

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mon amoureuse (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


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te perdre,
c’est retrouver le néant des sables
avec ses os de seiches obstruant ma bouche,
c’est retrouver le jour encombré d’épluchures,
jonché de squelettes épineux.

toi perdue,
mes mains se videront de tout ce qui les faisait gémir ou trembler,
mes lèvres n’atteindront plus aux voiles du ciel frais,
les épines des rosiers ne serviront qu’à composer au monde
un visage barbelé.

toi perdue,
je serai ce corps neutre
où les angoisses font halte.

toi perdue,
je tiendrai dans mes bras
que ce tas de sable qui coule,
avec la mort embusquée dans le dernier grain.

(Tahar Djaout)

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L’amoureuse du vent (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Elle saute, chemise en flammes,
d’étoile en étoile,
d’ombre en ombre.
Elle meurt de mort lointaine
l’amoureuse du vent.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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LE MENETRIER (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



 

LE MENETRIER

Quand le ménétrier des morts est passé
Avec un mignon cercueil pour boîte à violon,
Le crâne sans toque et les pieds déchaussés,
Lansquenets bravaches ou félons,
Pages d’amour charmants ou vieux cocus rossés
Ont fait la courbette jusqu’à ses talons.

Quand le ménétrier des morts est passé
Avec un tibia pour archet
Abbés papelards, mitrés et crossés,
Pourvus de pécheresses et d’évêchés
Ont lampé leur dernier pichet
Et sont vite allés se confesser.

Et toi aussi, chère petite adorée,
Tu as mis ta collerette de neige
Et ta couronne de fiancée
Pour suivre l’étrange cortège
De danseurs et d’amoureuses au bout du pré,
Quand le ménétrier des morts est passé.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Que de châteaux de sable sont morts (Gilles Simonnet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Que de châteaux de sable
sont morts
sous la colère amoureuse
des vagues.

(Gilles Simonnet)


Illustration

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Le pèlerin (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Tu ne marcheras jamais assez
pèlerin perceur fou d’horizon
La terre apprise est une prison
Les barreaux sont les chemins comptés
Tu ne rêveras jamais assez
La mer l’ennemi est déraison
Mais le ciel le bleu ciel insaisissable
est un murmure contenu de pierres
amoureuses dont le temps fait des bornes

(Edmond Jabès)


Illustration

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Chanson pour une amoureuse nue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



C’est une femme bleue
appuyée aux cheveux.

C’est une femme rouge
appuyée à l’épaule.

C’est une femme nue.
Tu lui donnes ton nom.

Ma douleur vaillante
prisonnière, debout.

Une femme sur ma route.
Tu lui donnes ton visage.

Je te cherche, elle répond.

C’est une femme
transparente
appuyée
à la lampe.

C’est une femme
étendue
qur qui rêve
le ciel.

C’est une femme
endormie
sur qui tu
marches seule.

C’est une femme
renouvelée
pour qui tourne
la terre.

C’est une femme
inconnue
les mains rongées
de fruits.

(Edmond Jabès)

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L’AMOUREUSE D’UN INCONNU (Li Zhiyi)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



L’AMOUREUSE D’UN INCONNU

J’habite en amont du Grand Fleuve
Et toi, en aval
Sans un jour où je ne pense à toi
Mais je ne te vois jamais
Bien que nous buvions dans le même cours d’eau

Quand ce fleuve pourra-t-il s’arrêter de couler ?
Comment ma tristesse arrivera-t-elle à s’apaiser ?
Pourvu que ton coeur batte à l’unisson du mien
Je resterai fidèle à mon amour pour toi

(Li Zhiyi)

 

 

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Temps de l’atome (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018


Au temps de l’atome
les mouches bleues bourdonnent
sur le cratère ouvert
la terre étreint l’églantier
de ses mains quelqu’un va encore
semer du blé noir
des pulsions amoureuses
traversent les chambres nues
des boucles naturelles
tombent sur un corps vénuste.

(Jean Follain)

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