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Posts Tagged ‘amoureusement’

L’AMOUR ET LA BEAUTÉ (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
L’AMOUR ET LA BEAUTÉ

Quand la Beauté comble l’oeil de l’amant
Et vit tel un temps variable
Sa gorge dort comme amoureusement
Ce sont oiseaux blottis ensemble

L’Amour les tient pour des anges tout faits
Épanouis et délectables
Mais vient le Temps d’abord intimidé
Puis rudoyeur qui leur dit : femme

Le Temps voleur vient ainsi chaque année
Dérober la gloire qu’il donne
Lors la Beauté s’enfuit effarouchée
Laissant la Vertu toute seule

***

LOVE AND BEAUTY

When Beauty fills the lover’s eyes
And lives like doubtful weather
Her bosom seems to sleep with love
They lie like birds together

Love finds them angels ready made
So beautiful and blooming
But Time comes in though half afraid
And rudely calls them woman

Time like a robber every year
Takes all the fame he gives
While Beauty only goes away
And Virtue only lives

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Les chevaux de l’amour (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



Illustration: Jeanne Saint Chéron
    
Les chevaux de l’amour me parlent de rencontres
Qu’ils font en revenant par des chemins déserts
Une femme inconnue les arrête et les baigne
D’un regard douloureux tout chargé de forêts

Méfie-toi disent-ils sa tristesse est la nôtre
Et pour avoir aimé une telle douleur
Tu ne marcheras plus tête nue sous les branches
Sans savoir que le poids de la vie est sur toi

Mais je marche et je sais que tes mains me répondent
Ô femme dans le clair prétexte des bourgeons
Et que tu n’attends pas que les fibres se soudent
Pour amoureusement y graver nos prénoms

Tu roules sous tes doigts comme des pommes vertes
De soleil en soleil les joues grises du temps
Et poses sur les yeux fatigués des villages
La bonne taie d’un long sommeil de bois dormant

Montre tes seins que je voie vivre en pleine neige
La bête des glaciers qui porte sur le front
Le double anneau du jour et la douceur de n’être
Qu’une bête aux yeux doux dont on touche le fond

Telle tu m’apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l’été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d’une seconde et d’une éternité.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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JE VOUDRAIS (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

Cesar Santos 1982 - Cuban-born American Figurative painter - Nude Portrait -   (9) [1280x768]

Je voudrais être très doux près de vous
présent comme absent
mes lèvres parfois sur votre visage
papillon voué à une seule fleur.

Et je n’irais aux grandes orgues de votre corps
qu’amoureusement invité
touchant vos cheveux et vos mains
vos genoux et vos lèvres
que de la main la plus légère
que je puisse obtenir de mon désir :
une ombre fraîche de mon sang.

O mes seins mes hanches mes cuisses
ô mon entière ma plénière
je ne serai vivant que vous contre moi.

(Alain Borne)

Illustration: Cesar Santos

 

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L’étang (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Illustration: Catherine Mignot Masi
    
L’étang

Auprès de l’étang solitaire
Dont l’eau se plombe et se corrompt,
J’aime effeuiller la douce-amère
Que font cuire dans leur chaudron
Les sorciers, et parmi les sphaignes,
Sous les rachitiques bouleaux,
Rêver dans l’ombre qui s’imprègne
Lividement à leurs rameaux.

J’aime la nuit insomnieuse
Où tant de mystère est tapi;
Au pied des saules accroupis
Cueillir, s’enténébrant, l’yeuse;
Ecouter la vase qui grouille
Amoureusement et, sinistre
Instrument que la brume rouille,
Le vent résonner comme un sistre.

J’aime la voltigeuse flamme,
Hantant les marais violets,
Mangés d’ulcères et se squames,
D’un maléfique feu-follet;
Et noire en des vols de macreuses,
Debout aux rives vénéneuses,
Contempler, promenant sa faux,
La Mort qui fauche les roseaux.

(Marie Dauguet)

 

 

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A l’amoureux sous sa fenêtre (Lucien Delormel)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



Illustration: Heinrich von Angeli
    
A l’amoureux sous sa fenêtre,
Ninon dit : Songez au départ,
Bientôt l’aurore va paraître.
Il faut nous quitter sans retard.
— Non, pas avant, ma Juliette,
Répond l’amant sentimental,
Que ta lèvre ne me répète
Amoureusement ce signal…
Encore un baiser, mignonne,
Encore un doux baiser !
Puisqu’à toi mon cœur se donne.
Peux-tu le lui refuser?
Encore un baiser, mignonne,
Un dernier baiser!

(Lucien Delormel)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Dans les yeux des enfants (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



Dans les yeux des enfants, tu glisses des mots de toutes les couleurs.
Tu racontes les plus belles histoires, – rien.
Un oiseau remue doucement dans les yeux sans ouvrir ses plumes.
Une graine se connaît seule au fond de la terre glacée.
Ronde, fermée; soleil, printemps et la forêt, elle est.
Rien. Elle est.
Et les enfants se promènent amoureusement
au fond de leurs yeux de toutes les couleurs.

(Paul Nougé)

Illustration: Julia Pappas

 

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J’ai cherché à le maintenir en vie (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



J’ai cherché à le maintenir en vie

Oh, avec quels
Soins infinis
J’ai cherché
A le maintenir en vie :
Chaque jour
Amoureusement
Je l’insultais,
Chaque jour
Je le vitupérais
Pour son oeuvre
Funeste.
Ciel, quelle fête,
Quelle belle théorie,
Comme c’était facile,
Comme c’était commode,
Comme c’était juste
A la mesure de l’homme !
Quand Dieu existait,
Non, il n’y avait
Pas de problèmes.
Mais après ?
Quel triste
Maudit
Etat.
Maintenant :
De tout
Je ne puis accuser que moi.

***
Ho cercato di mantenerlo in vita

Oh con quale
Cura infinita
Ho cercato
Di mantenerlo in vita :
Tutti i giorni
Amorosamente
Lo bestemmiavo,
Tutti i giorni
Lo vituperavo
Per l’opera sua
Funesta.
Cielo, che festa,
Che bell’assunto,
Com’era facile,
Com’era comodo,
Com’era, appunto,
A misura d’uomo !
Quando Dio era,
No, non si dava
Problema.
E invece
Che tristo
Dannato
Stato
Adesso :
Di tutto
Non posso dare colpa che a me stesso.

(Tommaso Landolfi)

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Romantique (Jean-Claude Faucheux)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



 

Le courrier, ça chemine.
Des cachettes du sac
la lettre hoche la tête:
J’ai le timbre fêlé
d’avoir tant voyagé!
Et la dame en liseuse
amoureusement songe:
Le désir qui m’anime
est celui qui le ronge.

(Jean-Claude Faucheux)

 

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Un jeune poète pense à sa bien-aimée qui habite de l’autre côté du fleuve (Sao-Nan)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



UN JEUNE POÈTE PENSE A SA BIEN-AIMÉE QUI HABITE DE L’AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE

La lune monte vers le coeur du ciel nocturne
et s’y repose amoureusement.

Sur le lac lentement remué,
la brise du soir passe, passe, repasse,
en baisant l’eau heureuse.

Oh ! quel accord serein résulte de l’union des choses
qui sont faites pour s’unir !
Mais les choses qui sont faites pour s’unir
s’unissent rarement.

(Sao-Nan)

 Illustration

 

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Je parle pour cette ombre (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2017



 

Je parle pour cette ombre qui s’éloigne à la fin du jour
ou n’est-ce pas plutôt elle qui chante en s’éloignant,
son pas qui parce qu’il l’emporte dans les champs
parle avec toute la douceur de la distance ?

Quel est cet air plus mélodieux que l’air,
sinon la déchirure même et la distance de la terre
qui murmure amoureusement, sinon les heures
qui de passer font une suite de paroles ?

Qui disparaît ne pleure point, mais chante.
Les arbres, les maisons, les fleurs s’effacent tour à tour
jusqu’aux chemins où l’ombre va toujours du même pas,
les yeux mi-clos fixés sur la flèche des eaux.

Et là où l’ombre enfin se dérobe à ma vue
à peine plus qu’elle si docile et disparue,
s’élève le souffle d’une montagne.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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