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Posts Tagged ‘amoureux’

DIALOGUE AVEC JALÂL AL-DîN RÛMI (II) (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



 

Jeanie Tomanek comparison [1280x768]

DIALOGUE AVEC JALÂL AL-DîN RÛMI (II)

On doit être amoureux
de l’amour

Je marche sur ce chemin
qui est le chemin
de ceux qui marchent sans chemin

Perd tout ce qui est à toi
est la condition de trouver
tout ce que tu as perdu

Le puits boit parfois son eau

Le seau sans chaîne
se remplit de sable

Le saut avec une chaîne
se remplit d’eau

Le puits sans la chaîne
et le seau
trahit l’eau qu’il contient

Le ciel qui se voit dans le fond
ne connaît pas la soif
mais nous n’avons pas de seau
ni de chaîne
pour saisir le ciel

Aujourd’hui ta parole
est le seau et la chaîne
qui nous servent
à saisir le ciel

(Serge Pey)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Les Nuages (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (2)

Les Nuages

Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d’ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l’habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.

Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu’ils sont beaux, mon âme ! et qu’ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S’en vont-ils portant de divins messages,
Ces blancs messagers ?

Comme ils glissent vite ! – Et je pense aux femmes
Dont la vague image en nous flotte et fuit.
Le vent amoureux qui de près les suit
Disperse ou confond leurs fluides trames ;
On dirait des âmes !

Rassemblant l’essor des désirs épars,
Ivre du céleste et dernier voyage,
À quelque âme errante unie au passage,
Mon âme ! là-haut, tu me fuis, tu pars
Comme un blanc nuage !

(Léon Dierx)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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CHANSON D’AMOUR (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: William-Adolphe Bouguereau
    
CHANSON D’AMOUR

Viens, toi, chanson d’amour,
Du coeur des éléments,
Sur l’aile de l’orage,
Dans le hurlement des cyclones.
Viens des abîmes de la nuit,
A cheval sur les tourbillons,
Avec le bouillonnement des eaux profondes,
Que t’amènent les pâtres de l’air
En troupeaux d’étoiles
Aboyées par le tonnerre.
Viens,
Tourbillon de démons,
Chair des nuages
Fouettée par l’éclair,
Brisée sur l’échine des ténèbres.
Viens, taureau du crépuscule
Déchiré par la dent-faucille de la lune

Apparue aux gencives du ciel.
Viens,
Frémissement de l’aube,
Avec, sur la tête, la javelle d’or du soleil,
Réveille
Le nénuphar sur le lac,
La tourterelle dans son nid
La voix de
l’usine dans sa poitrine de métal,
La jeune fille dans les bras du sommeil,
Les ivrognes dans la lie du vin,
L’amoureuse dans
sa chair enlacée,
Les abeilles dans la chaleur de la ruche.
Viens sur mille sentiers,
Neige fondue,
Pluie mêlée au soleil,
Herbe folle écartelant la terre,
Feuille tombée,
Raisins au pressoir,
Balbutiement du moût dans les tonneaux,
Cristallise-toi d’un coup
Dans les mots murmurés par l’homme
A l’oreille de la bien-aimée,
Enveloppés dans un baiser,
A peine compris,
Frêles et chauds :
Je suis près de toi.

(Mihai Beniuc)

 

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CROQUIS D’OLINDA (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



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CROQUIS D’OLINDA

Entre mer et montagne
la ville établie dans les palmiers et le plaisir de durer.
Tout un commerce amoureux de choses vraies, malgré l’inconvenance de la misère.
Pluie ou soleil, les comités de manguiers délibèrent entourés du respect de tous.
Près du marché aux esclaves
j’ai froissé de l’index la lingerie fine de ton sourire.

(Paol Keineg)

 Illustration

 

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L’arbre (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Comme un corps de femme
où l’exil
se hérisse et tombe amoureux.
L’arbre
nous offre
sa ruche de rêves.

***

Como un cuerpo de mujer
donde e1 exilio
se encrespa y enamora.
El árbol
nos regala
su colmena de suenos.

(Luis Mizón)

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SOUS LE SABLE (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



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SOUS LE SABLE

Ah! ne posez pas trop pesamment sur le sable
De cette route neuve ou de ce vieux sentier
Dans les feuilles perdu la rose de vos pieds,
O jeunes filles du palais ou de l’étable.

En ce matin où le bouton de l’églantier
En vos beaux doigts fleurit exquis et périssable,
Que votre pas glisse comme un pas de pavane
Et soyez très légères où que vous passiez.

Car il n’est pas d’endroit où sous un peu de terre
Ne repose un amoureux aux deux bras ballants,
Un amoureux d’hier à jamais solitaire;

Car sous tous ces rubans de gravier gris ou blanc,
Sous toute motte de blé noir ou de pré vert
Dort quelqu’un qui chantait il y a trois mille ans.

(Tristan Klingsor)

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Les enfants jouaient (Georges Belmont)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020




les enfants jouaient contre un mur
à la main chaude
à peine si l’on pouvait croire à la réalité du vent
et le soleil était très vieux et radoteur
il avançait d’un air mauvais sous les nuages
à la façon d’un cul-de-jatte dans la foule

on trouvait ça et là des volcans de silence

il y avait aussi la chanson d’une femme
on devinait qu’elle était nue et se peignait

on entendait venir des pas à double étage
à l’angle de la rue
le coeur du lampadaire
le coeur de l’homme sous les arbres
battaient à chaque pas de femme
à l’angle de la rue
le lampadaire avait le coeur dans ce qui lui servait de cou
et l’homme a fini par avoir le coeur aux lèvres
il alla même jusqu’à dire je
et tutoyer une autre femme

mais elle,
passera beaucoup plus tard
à l’heure où les corbillards
vides
commencent à rentrer de la campagne
avec un bruit de râteaux et de pierres

le lampadaire seul

les enfants jouaient toujours au pied du mur
à la marelle à la main chaude
et leurs cris cachaient le soleil
le soleil avançait toujours selon son ombre
puis les enfants sont partis sagement
portant la fatigue comme une lance grave
en descendant les ruelles du soir

un ivrogne chanta
la voix pleine d’étoiles et de pierres
il menait en laisse l’écho
l’écho parfois lui sautait sur l’épaule
avec les gestes amoureux d’un singe

(Georges Belmont)

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Les Amoureux (Aldebert)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2020




    
Les Amoureux

Souvent a l’école, on se moque de nous
Les enfants rigolent, ce sont des jaloux
Ma princesse a osé, quelle bien jolie scène
Elle a déposé sa main dans la mienne

Nous faisons le mur, ce n’est pas de tout repos
Je suis sans armure, elle est sans château
Souvent dans la rue, on nous montre du doigt
Les gens sont bourrus, mais les gens sont comme ça

Tout ça parce que tous les deux, nous oublions d’être sages
On est amoureux, et nous enjambons les nuages!

Nous avons fugué entre deux paragraphes
Nous avons largué les leçons d’orthographe
Tout par dessus bord, les dictées, les problèmes
On est tombé d’accord, pour se dire je t’aime.

Ici les oiseaux sont dans la confidence

Quand on est en haut, plus rien n’a d’importance
Au premier baiser, plus rien ne bouge
J’ai senti passer, mes joues de roses à rouges

Selon les vents, si ça nous sonne
Quand nous serons de grandes personnes
Nous redescendrons sur Terre

Et quand les archers auront des ailes
Le cœur de tout les écoliers
Nous viendrons vous chanter ces vers

Levez bien la tête! Ouvrez grand les yeux!
Vous verrez peut être les enfants amoureux.

Fleurter sur les stratus, quelle sensation étrange.
Flâner sur les nimbus, deux apprentis-anges.

Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages.
Nous oublions d’être sages, et nous enjambons les nuages!

(Aldebert)

 

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A UNE JEUNE MORTE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020


 


 

Anne Yvonne Gilbert   009834_31 [1280x768]

A UNE JEUNE MORTE

Tu ne dors pas, je le sais, va, tu es morte, et nul rêve
ne vient plus réchauffer ton sourire, figé sur ton visage comme une fleur de givre
Je ne te mentirai plus, je ne te ferai plus miroiter l’espoir du printemps si proche.
Tu es morte à jamais, le souffle a cessé de passer entre tes dents.

Jamais plus tu ne viendras avec nous dans les vignes
Ni chanter sur les routes douces et sablonneuses
Riant comme ce jour où nous t’avions hissée sur le cerisier chargé de fruits
Riant aux éclats de voir tes chaussures dégringoler sous l’arbre
Tu attendais ton amoureux en haut du paysage
Tes jambes à jamais sont fermées par la mort

Qui donc voudrait maintenant s’endormir sur tes boucles?
Tu nous es devenue étrangère, peut-être hostile aussi. Demain
Des mottes glacées heurteront ton cercueil et tandis que rentrés chez nous,
Nous nous mettrons à table, essayant de refouler notre chagrin,
Par la planche humide une goutte froide tombera sur ta nuque tendre et au-dessus de toi
Ton tertre funéraire fondra et la terre se refermera, inexorable.

Certes, nous penserons à toi et puis… ta propre mère t’oubliera!
Ton souvenir s’effacera, comme ton destin qui ne fut qu’un jeu trop sévère.
Un jeu! me dis-je tout à l’heure en passant par la bruyère qui craquait sous mes pas.
Avec toi nous oublierons peu à peu notre jeunesse, la chanson
S’éteindra dans notre vieux coeur obscurci, et si un jour
Nous devions nous retrouver, ton âme de fillette s’écarterait de nous.

(Gyula Illyès)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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CHANSON DE LA BELLE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



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CHANSON DE LA BELLE

Sous un pêcher en fleur
La belle s’est assise,
La belle qui est triste
Qui n’a pas d’amoureux,

Qui n’a pas d’amoureux
Pour lacer sa chemise.

Sous un pêcher en fleur,
La belle entend la neige
La belle entend la neige
Qui tombe dans son coeur.

Ne pleurez pas la belle
L’amour rend malheureux.

J’aimerais mieux souffrir
A cause des amours,
J’aimerais mieux souffrir
Que d’être là seulette

A voir tomber la neige
Dans un pêcher en fleur.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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