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Poésie

Posts Tagged ‘ample’

RETOUR (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Karen Lamonte
    
RETOUR

Les choses brodent l’ample monotonie des absences
Cette heure est une coquille pâle
L’obscur azur des profondeurs s’est fracturé
Cette heure est un manteau de sécheresse

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Conduisez la danse (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




Sous ces arbres-ci ou ces arbres-là
Conduisez la danse.
Conduisez la danse, nymphes ingénues,
Jusqu’au plaisir ample
Que vous prenez à la vie. Conduisez la danse,
Soyez quasi femmes
Par votre plaisir déversé en rythmes,
En solennels rythmes
Rentrant malicieux à la terre antique
Devant notre pauvre
Vie qui ne sait pas sous ces mêmes arbres
Conduire la danse…

(Fernando Pessoa)

Illustration: Marcel Mangin

 

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Printemps des lisières (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Illustration: Jean-louis Jabalé   
    
Printemps des lisières,
Les bourgeons du soleil

Percent la coque
De nos insomnies,
Font voler en éclat

Nous arrachent
Au socle pétrifié de l’hiver,

Creusent nos vases mortes
De sillons de lumière,

La dure écorce de nos peurs,
Nous invitent à être là simplement
Dans la joie ample de marcher,

Libèrent en nous
Mille chants d’oiseaux.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Je vis tranquille (Natsumi Sôzeki)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018




    
Je vis tranquille, sans que vienne un visiteur,
Assis tout seul à l’aise dans mon ample habit.
Et voilà que je comprends le vent printanier,
Venu souffler parmi bambous et orchidées.

(Natsumi Sôzeki)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Alain-Louis Cola
Editions: Le bruit du Temps

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Tellement j’ai faim (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Tellement j’ai faim,
je dors sous la canicule des preuves.

Montre-toi; nous n’en avions jamais fini
avec le sublime bien-être des très maigres hirondelles.
Avides de s’approcher de l’ample allégement.
Incertains dans le temps que l’amour grandissait.
Incertains, eux seuls, au sommet du coeur.

Tellement j’ai faim.

(René Char)

Illustration

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Faible est ma voix (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
Faible est ma voix, mais mon vouloir ne cède pas.
Et même, sans amour, je me sens plus légère.
Dans les hauteurs du ciel un vent souffle ample et pur
Et mes pensées ignorent la souillure.

La servante Insomnie a quitté mon chevet,
Je ne me morfonds plus près de la cendre grise,
Et sur la tour l’aiguille courbe de l’horloge
Ne me fait plus l’effet d’une aiguille qui tue.

Donc le passé sur moi perd son pouvoir.
La délivrance est proche. Je pardonne
En regardant la lumière qui joue
Sur le lierre mouillé par le printemps.

(Anna Akhmatova)

 

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Le vin nouveau (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Le vin nouveau

Le soleil allume en clair-obscur
L’ombre du frêne dans l’ombre d’or
Du petit bois; les vitraux
De l’église aux histoires mortes
Vibrent sous le rire des cloches,
Et l’ample robe d’une femme
En aventure fait au passage frémir
La saillie du chemin dans les herbes.
Je te quitte parce que tu n’es plus
Personne
, a-t-elle dit à son amant
Devant un carafon de vin nouveau
Dont la splendeur réchauffait la pièce.
Elle marche en souriant, laissant
Aussi glisser des larmes sur ses lèvres.

(Hédi Kaddour)

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La neige charge l’herbe fine (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017




    
La neige charge l’herbe fine.
Elle tombe en tournoyant comme les graines de l’érable,
comme une seule ample et silencieuse graine blanche sur le village.
Ou la lune mince au-dessus des ramilles noires.

(Philippe Jaccottet)

 

Recueil: La semaison
Editions: Gallimard

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Aimez (Le Tasse)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Un oiseau […]

« Aimez, chanta-t-il, que pointe la rose
hors du bouton modeste et virginelle.
Moitié ouverte encore, et moitié close,
moins elle se montre, et plus elle est belle.
Puis son sein nu, déjà, l’audacieuse
déploie. Elle se fane, non plus celle
non plus celle, non, tantôt désirée
par mille amants et par mille donzelles.

Passent ainsi, lorsque trépasse un jour,
le vert, la fleur de la mortelle vie.
Elle, pour qu’avril sur ses pas retourne,
ne se renfleurit, ne se reverdit.
Cueillons la rose au matin adorable
d’aujourd’hui qui bientôt perd sa douceur.
Cueillons d’amour la rose. Aimons alors
qu’il se peut qu’on aime alors qu’on vous aime. »

Il se tut. Le choeur des oiseaux, d’accord,
comme approuvant, reprend la mélodie.
Redoublent les colombes leurs baisers.
Tout animal se conseille l’amour.
Le chêne dur et le chaste laurier
et toute la feuillue, ample famille,
l’air et la terre, il semble qu’ils inspirent
d’amour très doux les sens et les soupirs.

***

Deb mira, egli cantó, spuntar la rosa
Del verde suo modesta e verginella,
Che mezzo aperta ancora, e mezzo ascosa,
Quanto si mostra men, tanto è più bella.
Ecco poi nudo il sen già baldanzosa
Dispiega : ecco poi langue, e non par quella,
Quella non par, che desiata avanti
Fu da mille donzelle e mille amanti.

Così trapassa al trapassar d’un giorno
Della vita mortale il fiore e ‘l verde;
Nè, perchè faccia indietro april ritorno,
Si rinfiora ella mai, nè si rinverde.
Cogliam la rosa in sul mattino adorno
Di questo dì, che tosto il seren perde;
Cogliam d’amor la rosa; amiamo or quando
Esser si puote riamato amando.

Tacque; e concorde degli augelli il coro,
Quasi approvando, il canto indi ripiglia.
Raddoppian le colombe i baci loro;
Ogni animal d’amar si riconsiglia :
Par che la dura quercia, e ‘l casto alloro,
E tutta la frondosa ampia famiglia,
Par che la terra e l’aria e formi e spiri
Dolcissimi d’amor sensi e sospiri.

(Le Tasse)

 

Recueil: Les Flèches d’Armide
Traduction: Jacques Audiberti
Editions: Imprimerie Nationale

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REFUS (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

envol

REFUS

Je ne parlerai pas d’amour.
Le mot s’est arrêté
sur mes lèvres
s’est figé s’est fermé fossilisé.

Je ne dirai pas l’amour
ni le chant qui s’en évade
chant de joie mêlée de crainte
telle l’envolée soudaine
de mille oiseaux dans l’émoi
dans la transe.

Je sens leurs battements d’ailes
l’ivresse de leur vol
vers les cimes toujours plus hautes.
Je sens leur passage
le trouble qui jaillit
au tout profond.
L’espace conquis est ample
et lourd et inquiétant.

Pulsations d’ailes
et du cœur en arythmie
l’amour attache s’accroche
s’épingle se fibule
comme une médaille de la légion.

Je ne dirai pas le combat
pour le tenir
hors du mièvre
du mécanisme de l’habitude.
Je tairai la révolte
la lutte
pour être branche vive
d’un arbre mille fois mort
sans cesse renaissant.

Phénix criant appelant
guettant une proie
toujours naïve
toujours avide
de s’immoler
pour l’inexplicable lumineux.

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

 

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