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Poésie

Posts Tagged ‘ampleur’

Ce que l’esprit voudrait sentir (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2019



 

Illustration: Franck Gervaise
    
Ce que l’esprit voudrait sentir au bord d’un golfe,
c’est l’ampleur de toute la mer.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: La part de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Dedans – peint le Dehors – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Magritte - Attempting The Impossible

Le Dehors – du Dedans
Tire son Ampleur –
Duc, ou Nain, c’est selon
L’Intime Humeur –

Cet Axe subtil – immuable –
Qui règle l’allure de la Roue –
Bien que les Rayons – virent – plus visibles
Et projettent – de la boue.

Le Dedans – peint le Dehors –
Le Pinceau sans la Main –
En publie le Portrait – précis –
Comme la Marque interne –

Sur la Veineuse – transparente Toile –
Une Joue – un Front peut-être –
Dans l’Etang – tout le Secret de l’Etoile –
Que l’oeil ne devait pas connaître.

(Emily Dickinson)

Illustration: René Magritte

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Un port est un séjour charmant (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Un port est un séjour charmant
pour une âme fatiguée des luttes de la vie.
L’ampleur du ciel,
l’architecture mobile des nuages,
les colorations changeantes de la mer,
le scintillement des phares,
sont un prisme merveilleusement propre
à amuser les yeux sans jamais les lasser.
Les formes élancées des navires, au gréement compliqué,
auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses,
servent à entretenir dans l’âme le goût du rythme et de la beauté.
Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique
pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler,
couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle,
tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent,
de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

(Charles Baudelaire)

 

 

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Comment je t’aime? (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Comment je t’aime? Laisse m’en compter les formes.
Je t’aime du fond, de l’ampleur, de la cime
De mon âme, quand elle aspire invisible
Aux fins de l’Etre et de la Grâce parfaite.
Je t’aime au doux niveau quotidien du
Besoin, sous le soleil et la chandelle.
Je t’aime librement, comme on tend au Droit;
Je t’aime purement, comme on fuit l’Eloge.
Je t’aime avec la passion dont j’usais
Dans la peine, et de ma confiance d’enfant.
Je t’aime d’un amour qui semblait perdu
Avec les miens – je t’aime de mon souffle
Rires, larmes, de ma vie ! – et , si Dieu choisit,
Je t’aimerai plus encore dans la mort.

(Elizabeth Browning)

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Et Séléné pâlit (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Et Séléné pâlit, et les Heures divines
Font descendre l’Aurore aux lointaines collines.
Le Dieu s’écrie ! Il part, et dans l’ampleur du ciel
Il pousse, étincelant, le quadrige immortel.
L’air sonore s’emplit de flamme et d’harmonie;
L’Océan qui palpite, en sa plainte infinie,
Pour saluer le Dieu, murmure un chant plus doux ;
Et, semblable à la vierge en face de l’époux,
La Terre, au bord brumeux des ondes apaisées,
S’éveille en rougissant sur son lit de rosées.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Leon-Francois Comerre

 

 

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CHIMIE (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



Illustration: Gerrit Greve
    
CHIMIE

des vents
des eaux
des rêves
des lumières
les mêmes mouvements composent et élucident
l’ampleur de la course sans dessein

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: Sol absolu et autres textes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES MORTS (Manuel del Cabral)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



LES MORTS

Les morts livrent leurs squelettes à la terre
mais jamais leur liberté.

L’air que leur refusèrent ceux qui possèdent la matière
est de trop maintenant.

Cet espace douteux qu’on attribua à leurs souliers
est de trop maintenant.

Le cercueil qu’on voulut toise de leur cadavre
est de trop maintenant.

Et la goutte de mer que l’avocat laissa tomber depuis leur front
est de trop maintenant.

Que voulez-vous, rien sur la terre n’a l’ampleur,
la profondeur montante de ceux qui ont fermé leurs regards tels des portes futures.

(Manuel del Cabral)

Illustration: József Rippl Rónai

 

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REPOS DANS LE MALHEUR (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



 

REPOS DANS LE MALHEUR

Le Malheur, mon grand laboureur,
Le Malheur, asseois-toi,
Repose-toi,
Reposons-nous un peu toi et moi,
Repose,
Tu me trouves, tu m’éprouves, tu me le prouves.
Je suis ta ruine.
Mon grand théâtre, mon havre, mon âtre
Ma cave d’or,
Mon avenir, ma vraie mère, mon horizon.
Dans ta lumière, dans ton ampleur, dans mon horreur,

Je m’abandonne.

(Henri Michaux)

 

 

 

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La balle de ping-pong(e) (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



La balle de ping-pong(e)

Quoi de plus fascinant que le rebond s’amenuisant d’une
balle de ping-pong sur une table de ping-pong ? Il y
a d’abord cette ampleur du saut magique puis
ce maintien dans l’étonnement gardé, la
répercussion inlassable du choc et
de l’impact, et vite cette trépid
ation qui finit par carrément
trépigner pour ne rien donn
er qu’une coquille blanche
comme absolument étr
angère à son excitation
passée. C’est comm
e s’il y avait eu acc
élération vers la le
nteur, légèreté
s’aggravant s
oudain en u
n vide roul
ant molle
ment su
r le côt
é. Po
urqu
oi
?

(Laurent Albarracin)

 

 

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Auprès d’une bougie allumée (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Auprès
D’une bougie allumée

Le chant
Prend de l’ampleur.

(Guillevic)

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