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Posts Tagged ‘amulette’

SONNET TALISMAN (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2019




    
SONNET TALISMAN
Pour qu’elle te protège du mal
(ainsi va le monde)

je te donne l’amulette
et porte-la toujours

Elle est contre les temps durs
elle chasse la faim de l’âme
elle protège des sorts
l’amoureux

Peut-être est-elle tombée du ciel
cette formule précieuse
A la lueur des étoiles filantes

j’ai gravé dans l’argent
SINE AMORE NIHIL
rien sans amour

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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AUSCHWITZ (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



    

AUSCHWITZ

Là-bas, à Auschwitz, loin de la Vistule,
mon amour, le long de la plaine nordique,
dans un champ de mort: froide et funèbre,
la pluie sur la rouille des poteaux
et les barbelés entortillés de l’enceinte :
ni arbre ni oiseaux dans l’air gris
ou surgissant en nous, mais l’inertie
et la douleur que laisse la mémoire
à son silence sans ironie ni colère.

Tu ne veux ni élégies, ni idylles : juste
des raisons à notre destin, ici,
toi qui t’émeus des contrastes de l’esprit,
incertaine d’une présence
claire de la vie. Et la vie est ici,
dans chaque non qui semble être une certitude :
ici nous entendrons pleurer l’ange, le monstre
et nos heures futures
parcourir l’au-delà, qui est ici, éternel
et mouvant, et n’est pas une image
de rêves, de possible pitié.
Ici les métamorphoses, les mythes.
Sans nom de symboles ni de dieu,
ils sont la chronique, les lieux de la terre,
ils sont Auschwitz, mon amour. Pareil au cher corps
d’Alphée et d’Aréthuse qui subitement
se changea en fumée d’ombre.

De cet enfer ouvert par une inscription
blanche : « Le travail vous rendra libre »
s’échappa continuellement la fumée
de milliers de femmes poussées
à l’aube hors des chenils contre le mur
du stand ou suffocant en criant
pitié avec leurs bouches
de squelettes sous les douches à gaz.
Les retrouveras-tu, soldat, dans ton
histoire en forme de fleuves, d’animaux,
ou bien es-tu toi aussi cendres d’Auschwitz,
médaille de silence ?
Il reste de longues tresses enfermées dans des urnes
de verre encore nouées par des amulettes
et les ombres infinies des petits souliers
et des écharpes hébraïques : ce sont les reliques
d’un âge de sagesse et de savoir
où l’homme connaissait la mesure des armes,
ce sont les mythes, nos métamorphoses.

Sur les plaines où l’amour, les pleurs
et la pitié pourrirent, sous la pluie,
là-bas, un non frappait au fond de nous,
un non à la mort, morte à Auschwitz,
afin que dans ce trou elle ne se relève plus
des cendres, la mort.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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La lumière de midi fait éclater les fronts (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



La lumière de midi fait éclater les fronts.
Elle peint de résine les masques insensés
Que les puissants ont pris pour traverser la ville
Où les bûchers croulants grillent le ciel géant.

Elle bouge avec l’ombre décapitée des murs
Et recouvre de chaux les cris des premiers morts.
Ses doigts d’encre ont tracé les couloirs de la peur,

Ne me demande pas ce que font ces fantômes.
Ils arrachent le coeur des colombes blessées
Et vendent des colliers d’amulettes sonores
Pour conjurer la foudre et sauver les damnés,
Mais l’enfer n’entend pas ce doux bruit d’ossements.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Julien Girard

 

 

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O amulette que nous portons (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2016



 

O amulette que nous portons
Amour
Par toi nous continuons à être
une fête de baisers et de couleurs
dans le cercle de l’éclipse

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Alex Alemany

 

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Le Mal était actif dans le pays (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



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Les murs ne tombent pas
[2]

Le Mal était actif dans le pays,
le Bien appauvri et triste ;

Aventure promise à un triste sort,
le Bien était gras et béat ;

le Mal-in nous poursuivait,
paré tel Jéhovah ;

le Bien était la cosse sans goût,
dépouillée de la fève de manne, de lentille

ils étaient furieux quand nous fûmes affamés
de nourriture, Dieu ;

ils ont arraché nos amulettes,
les charmes ne sont pas, dirent-ils, la grâce ;

mais les dieux voient toujours dans les deux sens,
sur les anciennes routes cherchons la présence

de la vraie-rune, la bonne formule,
recouvrons d’anciennes valeurs ;

sans écouter s’ils crient
ta beauté, Isis, Aset ou Astarté,

est une catin ; tu es rétrogressif,
zélote, rêvant des anciens lieux de plaisir ;

ton coeur, en outre,
est un chancre mort,

ils continuent, et
ton rythme est l’hymne du malin,

ton style est plongé dans le corrosif sublimé,
comment peux-tu gratter

l’encre indélébile du palimpseste
de la mésaventure passée ?

{3]

Laissez -nous, néanmoins, récupérer le Sceptre,
la verge du pouvoir :

elle est couronnée par la fleur de lis
ou le bouton de lis :

c’est Caducée ; parmi les mourants
il porte la guérison :

ou évoquant les morts,
il apporte la vie aux vivants.

***

Evil was active in the land,
Good was impoverished and sad;

Ill promised adventure,
Good was smug and fat;

Dev-ill was after us,
tricked up like Jehovah;

Good was the tasteless pod,
stripped from the manna-beans, pulse, lentils:

they were angry when we were so hungry
for the nourishment, God;

they snatched off our amulets,
charms are not, they said, grace;

but gods always face two-ways,
so let us search the old highways

for the true-rune the right-spell,
recover old values;

nor listen if they shout out,
your beauty, Isis, Aset or Astarte,

is a harlot; you are retrogressive,
zealot, hankering after old flesh-pots;

your heart, moreover,
is a dead canker,

they continue, and
your rhythm is the devil’s hymn,

your stylus is dipped in corrosive sublimate,
how can you scratch out

indelible ink of the palimpsest
of past misadventure?

Let us, however, recover the Sceptre,
the rod of power:

it is crowned with the lily-head
or the lily-bud:

it is Caduceus; among the dying
it bears healing:

or evoking the dead,
it brings life to the living.

(Hilda Doolittle)

 

 

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L’OEIL NU (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2016



L’OEIL NU

Il n’y a rien à proscrire
Chaque caresse risque sa peau
Il y a tout à écrire
Merveille volupté maléfice
Fascination ou sursaut

Abandonnant l’amulette de chiffon
D’un amant sans remords
Qui ne s’était pas cherché d’abri
J’ai coupé au travers du bois mort

Le va-et-vient d’une lanterne
A réveillé le bel orage
Vers les cinq heures du matin
En laissant un lit défait
Comme les rives d’un mirage

Pour aller où je sais
Aucune panique à bord
Le poème prend tout de vitesse
Et le temps qui me reste
Peut se voir à l’oeil nu

(André Velter)

Illustration: Odilon Redon

 

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Amulettes de paroles (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2016



Five matchsticks all burned out isolated on white background

 

Amulettes de paroles,
allumettes usées.

(Pierre-Albert Jourdan)

 

 

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AUTOUR DE L’OCEAN (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2015



AUTOUR DE L’OCEAN

Est-ce la terre, est-ce la mer qu’on cherche avec de la lumière?
Ils sont là cent avec des torches, sur les plages noires, sur les plages d’or.
Ils sont là cent, ils sont là mille, qui font le tour de l’Océan.
On les voit de la pleine mer, on les voit du fin fond des terres.
Ils sont là mille ou des millions avec des torches sur leur front…

Et ce n’est qu’un collier, un collier d’amulettes, les phares, autour de l’Océan,
Tous coiffés d’un rubis, comme des allumettes, sur les plages de l’Océan.

(Paul Fort)

 

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UN OISEAU CHANTAIT (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2015



 

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UN OISEAU CHANTAIT

Derrière chez mon père, un oiseau chantait,
Sur un chêne au bois,
— Autrefois —
Un rayon de soleil courait sur les blés lourds;
Un papillon flottait sur l’azur des lents jours
Que la brise éventait;
L’avenir s’érigeait en mirages de tours,
Qu’enlaçait un fleuve aux rets de ses détours :
C’était le château des fidèles amours.
— L’oiseau me les contait.

Derrière chez mon père, un oiseau chantait
La chanson de mon rêve;
Et, voix de la plaine, et voix de la grève,
Et voix des bois qu’Avril énerve,
L’écho de l’avenir, en riant, mentait :
Du jeune coeur, l’âme est la folle serve.
Et tous deux ont chanté
Du Printemps à l’Été.

Derrière chez mon père, sur un chêne au bois,
Un oiseau chantait d’espérance et de joie,
Chantait la vie et ses tournois
Et la lance qu’on brise et la lance qui ploie;
Le rire de la dame qui guette
Le vainqueur dont elle est la conquête;
La dame est assise en sa gonne de soie
Et serre sur son coeur une amulette.

Derrière chez mon père, un oiseau chantait,
De l’aube jusqu’en la nuit,
Et dans les soirs de solitaire ennui
Sa chanson me hantait;
Si bien qu’au hasard de paroles très douces
Je me remémorais ses gammes,
Apprises parmi les fougères et les mousses,
Et les redisais à de vagues dames,
Des dames blondes ou brunes ou rousses,
Des dames vaporeuses et sans âmes.

Derrière chez mon père, sur un chêne au bois,
Un oiseau chantait la chanson de l’orgueil;
Et dans les soirs nerveux d’émois
Je l’écoutais du seuil;
Ils sont morts, les vieux jours de fiers massacres;
Mes orgueils, écumants du haut frein de mon veuil,
Se sont cabrés aux triomphes des sacres,
Ils ont flairé les fleurs du cercueil,
Arômes des catafalques — doux et acres;
Mes vanités sont au cercueil.

Derrière chez mon père, un oiseau chantait
Qui chante dans mon âme et dans mon coeur, ce soir;
J’aspire l’ombre ardente où fume un encensoir,
Ô jardins radieux qui m’avez enfanté!
Et je revis chaque heure et toutes vos saisons :
Joie, en rire de feuilles claires par la rive,
Joie, en sourires bleus de lac aux horizons,
Joie, en prostrations de la plaine passive,
Joie éclose en frissons;
Les jeunes délices qui furent dans nos yeux
— Aurores et couchants — les étoiles des cieux,
Et le portail de Vie ouvert et spacieux
Vers les jeunes moissons!

Derrière chez mon père, sur un chêne au bois,
Derrière chez mon père, un oiseau chantait,
En musique de flûte alerte et de hautbois,
En musique qui te vantait,
Toi, mon Rêve et mon Choix;
Sais-tu combien, aux soirs, s’alanguissait ma vie?
Sais-tu de quels lointains mon âme t’a suivie?
Et comme ton ombre la tentait,
Vers le Château d’Amour que l’oiseau chantait,
Sur un chêne au bois?
— Autrefois. —

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Bai Guowen

 

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Amulettes (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2015


 

La scie va dans le bois,
Le bois est séparé

Et c’est la scie
Qui a crié.

(Guillevic)

 

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