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Poésie

Posts Tagged ‘amuser’

Syracuse (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019


siracusa

J’aimerais tant voir Syracuse
L’île de Pâques et Kairouan
Et les grands oiseaux qui s’amusent
A glisser l’aile sous le vent

Voir les jardins de Babylone
Et le palais du Grand Lama
Rêver des amants de Vérone
Au sommet du Fuji Yama

Voir le pays du matin calme
Aller pêcher le cormoran
Et m’enivrer de vin de palme
En écoutant chanter le vent

Avant que ma jeunesse s’use
Et que mes printemps soient partis
J’aimerais tant voir Syracuse
Pour m’en souvenir à Paris

(Bernard Dimey)


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OFFRANDE (Camille Mauclair)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



oleg zhivetin 204

OFFRANDE

Mon cœur et mon âme,
Si tu veux je te les donne,
Et tout ce qui éclôt en moi
Est suspendu au-dessus de toi
Comme un espalier,
Se courbant pour que tu le cueilles.
Je suis gerbe bonne à lier,
Je suis vendange pour ta corbeille,
Je suis fruit pour ton panier,
Je suis ombre sur ton sommeil,
Mais laisse-moi t’accompagner.

Comme les nuages du ciel,
Comme l’eau que tu côtoies,
Je t’accompagne et je te veille,
O toi,
Car ton chemin est toujours le mien :

Et je veux bien n’être qu’un objet
Pourvu qu’il soit près de ta main,
Et je veux bien n’être qu’une fumée
Pourvu qu’elle t’amuse,
Et je veux bien n’être qu’un rien
Si tu as envie d’un rien,
Et je veux être toute chose
Pourvu que ton rêve s’y pose.

(Camille Mauclair)

Illustration: OlegZhivetin 

 

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L’après-monde (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Zdzislaw Beksinski27_beksinski

L’après-monde

Ce que parler veut dire
Ici nul ne le sait.
Alors on se promène
En tuant les oiseaux.

On regarde l’image
Des hommes d’avant nous
Qui s’agitent qui parlent
De choses d’avant nous,

D’insectes qui se cachent
Paraît-il dans leurs corps,
De leurs dieux, de leurs âmes.
Que veut dire tout ça ?

Ces êtres nous amusent
Avec leurs fronts très hauts
Leurs silences, leurs ruses
Courant après leurs mots.

Parfois quelqu’un se crève
Les yeux pour oublier,
Se bouche les oreilles
Car tout cela fait mal,

Ces mondes criminels
Nous traquent dans le temps.
Mais le vent bleu se lève
Sur la planète orange.

Le vent de mort arrive
Et nous creusons la terre.
Demain nous reviendrons
Pour manger les cadavres.

(Robert Sabatier)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

 

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LES MACHINES (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

LES MACHINES

Les machines avaient commencé
Par rire comme des enfants
Qui semblaient vouloir amuser
Les gens de tous les continents.

Puis elles avaient tant grandi
Qu’elles étaient devenues comme
Des adolescents, puis des hommes
Précieusement munis d’outils.

Enfin, se fiant au silence
Et à la morne indifférence
De ceux qui en usaient,

Elles se mirent lentement
A devenir ces lourds géants
Qui nous broient dans leurs rets.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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MACHINE INUTILE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

    

MACHINE INUTILE

Une machine à faire du bruit,
qui s’ébroue et supplie et proclame,
pas seulement pour vous faire taire,
peut-être pas pour m’amuser,
construite en mots dépaysés
pour se décolorer l’un par l’autre,
pour entrer dans l’épais du grain
pour y trouer tous les grains,
pour y passer par les trous
pour y pomper l’eau imprenable
dont le courant gronde sans bruit,
machine à capter ce silence
pour vous en mettre dans l’oreille
à grands coups d’ailes inutiles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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DANS LA CLAIRIÈRE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration
    
DANS LA CLAIRIÈRE

Pour plus d’agilité, pour le loyal duel,
Les témoins ont jugé qu’Elles se battraient nues.
Les causes du combat resteront inconnues;
Les deux ont dit : Motif tout individuel.

La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel;
Le sang rougit ses seins et ses lèvres charnues.
La brune a le corps d’ambre et des formes ténues;
Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.

Cette haie où l’on a jeté chemise et robe,
Ce corps qui tour à tour s’avance ou se dérobe,
Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,

Ces battements de fer, ces sifflantes caresses,
Tout paraît amuser ce jeune homme à l’oeil doux
Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je rêve d’un espoir tranquille (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




    
Me souciant d’un ciel dévasté,
De la pluie qui va nous mouiller
Je vais pensant au grand bonheur
Qui nous saisirait si nous voulions.

Le devoir et l’inquiétude
Partagent ma vie rude.
(C’est une grande peine
De vous l’avouer.)

Ça sent la verdure à plein nez.
Sur plein ciel, en plein ciel, le vol des hirondelles
Nous amuse et nous fait rêver…
Je rêve d’un espoir tranquille.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poésies 1913-1926
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il était un petit navire (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Il était un petit navire, (bis)

Qui n’avait ja, ja, jamais navigué (bis)
Ohé ! Ohé !

Il partit pour un long voyage (bis)
Sur la mer Mé, Mé, Méditerranée (bis)

Au bout de cinq à six semaines, (bis)
Les vivres vin, vin, vinrent à manquer (bis)

On tira z’à la courte paille (bis)
Pour savoir qui, qui, qui serait mangé (bis)

Le sort tomba sur le plus jeune (bis)
C’est donc lui qui, qui, qui fut désigné (bis)

On chercha alors à quelle sauce (bis)
Le pauvre enfant, fant, fant sera mangé (bis)

L’un voulait qu’on le mit à frire (bis)
L’autre voulait, lait, lait le fricasser (bis)

Pendant qu’ainsi on délibère, (bis)
Il monte en haut, haut, haut du grand hunier. (bis)

Il fait au ciel une prière (bis)
Interrogeant, geant, geant l’immensité. (bis)

Mais regardant la mer entière (bis)
Il vit des flots, flots, flots de tout côtés. (bis)

Oh ! Sainte Vierge ma patronne (bis)
Cria le pau, pau, pauvre infortuné. (bis)

Si j’ai pêché, vite pardonne, (bis)
Empêche les de, de ,de me manger. (bis)

Au même instant un grand miracle (bis)
Pour l’enfant fut, fut, fut réalisé. (bis)

Des p’tits poissons dans le navire, (bis)
Sautèrent par, par, par et par milliers. (bis)

On les prit, on les mit à frire, (bis)
Le jeune mou, mou, mousse fut sauvé (bis)

Si cette histoire vous amuse (bis)
Nous allons la, la, la recommencer. (bis)

(Anonyme)

Illustration: Laurence Cleyet-Merle

 

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La philosophie (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



 

Jean-Claude Forez _A_la_feria_de_San_Firmin

La philosophie

C´est une jolie bande de joyeux fêtards
Qui se couchent à l´aurore et se lèvent très tard
Ne pensant qu´à aimer ou jouer de la guitare
Ils n´ont dans la vie que cette philosophie

Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer
Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer

Ils ne font rien de plus que fêter chaque instant
Saluer la pleine lune, célébrer le printemps
Si bien qu´pour travailler ils n´ont plus guère le temps
Ils n´ont dans la vie que cette philosophie

Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer
Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer

Et je me reconnais en eux assez souvent
Comme eux je gaspille ma vie à tous les vents
Et je me dis qu´ils sont mes frères ou mes enfants
Ils n´ont dans la vie que cette philosophie

Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer
Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer

S´ils passent parmi vous, regardez-les bien vivre
Et comme eux soyez fous, et comme eux soyez ivres
Car leur seule folie, c´est vouloir être libres
Ils n´ont dans la vie que cette philosophie

Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer
Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer

Ils vieilliront aussi qu´ils restent ce qu´ils sont
Des viveurs d´utopie aux étranges façons
Des amants, des poètes, des faiseurs de chansons
Ils n´ont dans la vie que cette philosophie

Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer
Nous avons toute la vie pour nous amuser
Nous avons toute la mort pour nous reposer…

(Georges Moustaki)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Pour qui est ce monde? (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Edvard Munch
    
Pour qui est ce monde?
Pour nous?
Mais à peine arrivés,
nous ne songeons qu’à nous distraire,
qu’à nous arracher au lourd ennui de vivre,
au poids des heures monotones.

Pour Dieu ?
Mais quel est le Dieu,
qu’un tel spectacle amuse ?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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