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Poésie

Posts Tagged ‘ancrer’

MAJORQUE (Renée Brock)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019




    
MAJORQUE

L’odeur de la résine et sa jupe empesée
La barque « Filea » : ma vie heureuse ancrée.

Mes deux fils de quinze ans, deux poissons sans écailles,
Tirent des traits de cuivre au flanc vert de la vague.

La chaleur est une énorme reine assise
Sur treize chaises de bougainvillée rose.

Grenade, Algésiras et les balcons de fer,
Les murs blancs, la rosée marine, les oranges,

Les pâtisseries que l’on nomme
« Ensaimadas » avec leur sucre en cheveux d’ange.

L’île est une main d’or qui serre mon bonheur
Dans le creux corail de sa paume.

Nul ne sait où nous sommes.

D’être heureuses, mes mains s’ouvraient comme des fleurs.

(Renée Brock)

 

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L’exercice qui te sauve (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



    
L’exercice qui te sauve :
Te tenir comme un arbre,
Ancré dans les courants,
Consentant aux averses,
Être fleuve sans rives
Ou bien homme debout
Qui marche dans sa nuit,
Sans lieu, sans autre sol
Que le bel aujourd’hui,
Conscient que tout naufrage
Recèle des trésors,
Oublieux de ses failles,
Ne gardant que l’élan,
La clarté des passages,
Invitant chaque oiseau
À demeurer chez lui.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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J’ai ancré l’espérance (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018


espérance

J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie

Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits

Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries

Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir

J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.

(Andrée Chedid)

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J’aime longer la rive (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
j’aime longer la rive
accompagner les eaux lentes
du fleuve qui descendent
vers le sud et la lumière

désentravée la pensée
n’est plus ce tourment
qui lancine t’oblige
à la combattre
lui imposer silence

elle s’échappe erre
explore des gouffres
se perd en des lointains
jamais entrevus
te coupe de ce qui t’ancre
en ce lieu et ce temps
qui donnent ses repères
à ta vie

quand tu te retournes
le chemin a disparu
qui te relie
à toi-même

(Charles Juliet)

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Je ne sais rien de toi (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Montserrat Gudiol
    
Je ne sais rien de toi
sinon que je suis plus toi que toi-même
et qu’importe jusqu’où tu ploies
ton sang et ta peau bien-aimés
puisqu’il y a dans ton corps
cette douce place infime
qui rétablit le monde dans son équilibre
dans ton corps de lèvres et de seins
cette place
sur ta plage
ce point pour m’ancrer.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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COIN DE FORÊT (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2016



COIN DE FORÊT

Quand j’y allai, deux ailes claquèrent affolées, et ce fut tout.
On y va seul. C’est un grand édifice composé de fissures,
un édifice qui vacille toujours, mais jamais ne s’abat.
Le soleil flotte au centuple par les fissures.
Dans le jeu des lumières règne une pesanteur inversée :
la maison est ancrée dans le ciel, et ce qui tombe, tombe vers le-haut.
Là-bas, on a le droit de se retourner.
Là-bas, on a la permission de porter le deuil.
Là-bas, on ose regarder en face certaines vérités anciennes,
celles qui d’ordinaire restent emmitouflées.
Mes rôles des bas-fonds, là-bas, remontent à la surface,
ils pendent comme ces crânes desséchés dans la case des ancêtres,
sur une île perdue de Mélanésie.
Une lueur enfantine sur ces affreux trophées.
Si douce est la forêt.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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J’ai ancré l’espérance Aux racines de la vie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2016



J’ai ancré l’espérance
Aux racines de la vie

*

Face aux ténèbres
J’ai dressé des clartés
Planté des flambeaux
A la lisière des nuits

*

Des clartés qui persistent
Des flambeaux qui se glissent
Entre ombres et barbaries

*

Des clartés qui renaissent
Des flambeaux qui se dressent
Sans jamais dépérir

*

J’enracine l’espérance
Dans le terreau du cœur
J’adopte toute l’espérance
En son esprit frondeur.

(Andrée Chedid)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/
Illustration

 

 

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LE RÊVE DE L’AVENTURIER (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2015



LE RÊVE DE L’AVENTURIER

Que ce soit l’hiver ou l’été,
Qu’il soleille, qu’il pleuve ou qu’il neige,
Dans le village ou la cité
Je n’ai jamais pu rattraper
Le cheval de bois qui trottait
Devant le mien, sur le manège,
Et je l’ai toujours regretté…

Qu’elle soit brune, qu’elle soit blonde,
Non je n’ai jamais rencontré
Dans mon voyage autour du monde
La fille qui m’aurait ancré
Dans une baie vaste et profonde
Sous un toit de brassé carré
Auprès d’un jardin de curé.

Qu’importe au lieu de mon tombeau
Le cyprès l’if ou la colombe
L’outremer ou le bleu barbeau
D’un ciel éclaté comme bombe,
Ou gésir entre algue et turbot
Au fond de la mer errabonde,
A moins qu’une sirène verte
M’accueille en ses bras entr’ouverts
Et me prodigue pour ma perte
L’ombre d’étranges univers
D’étoiles de mers fleurs offertes
Dans ses palais aux volets verts.

A moins qu’une sirène verte
M’accueille en ses bras entr’ouverts
Et me prodigue pour ma perte
L’ombre d’étranges univers
D’étoiles de mers fleurs offertes
Dans ses palais aux volets verts.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Igor Galanin

 

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Je ne sais rien de toi (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2015



 

Carmen Tyrrell  rl

Je ne sais rien de toi
sinon que je suis plus toi que moi-même
et qu’importe jusqu’où tu ploies
ton sang et ta peau bien-aimés
puisqu’il y a dans ton corps
cette douce place infime
qui rétablit le monde dans son équilibre
dans ton corps de lèvres et de seins
cette place
sur ta plage
ce point pour m’ancrer.

(Alain Borne)

Illustration: Carmen Tyrrell

 

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L’ARC (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2015




L’ARC

Ancre la pierre en Dieu
Ancre tes violences
A la courbe des yeux
Ouverte à l’évidence.

(Henry Bauchau)

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