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Poésie

Posts Tagged ‘Andalouse’

Soledad (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017



    
Illustration: Arkady Ostritsky  

Soledad

Dans l’âcre senteur de poivre et d’arbouse,
Auprès d’un mur chaud que la palme ombra,
Tout au fond du vaste et vieil Alhambra,
Le coude appuyé, rêve une Andalouse.

Où donc est Pedro qui la célébra,
Elle que Pedro voulut pour épouse?
Cette femme semble ou triste ou jalouse
De son pauvre amour qu’un an délabra.

Elle se sent seule auprès du silence ;
Et le vieux jardin, tranquille, balance
Son puissant jet d’eau sur sa vasque d’or.

Puis le vieux jardin frissonne. C’est l’heure.
Le couchant triomphe — et la femme pleure…
Comme le jour blond son amour est mort !

(Bernard de Louvencourt)

 

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L’andalouse (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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L’andalouse

Avez-vous vu, dans Barcelone,
Une Andalouse au sein bruni ?
Pâle comme un beau soir d’automne !
C’est ma maîtresse, ma lionne!
La marquesa d’Amaëgui !

J’ai fait bien des chansons pour elle,
Je me suis battu bien souvent.
Bien souvent j’ai fait sentinelle,
Pour voir le coin de sa prunelle,
Quand son rideau tremblait au vent.

Elle est à moi, moi seul au monde.
Ses grands sourcils noirs sont à moi,
Son corps souple et sa jambe ronde,
Sa chevelure qui l’inonde,
Plus longue qu’un manteau de roi !

C’est à moi son beau col qui penche
Quand elle dort dans son boudoir,
Et sa basquina sur sa hanche,
Son bras dans sa mitaine blanche,
Son pied dans son brodequin noir !

Vrai Dieu ! Lorsque son oeil pétille
Sous la frange de ses réseaux,
Rien que pour toucher sa mantille,
De par tous les saints de Castille,
On se ferait rompre les os.

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe, les seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus !

Et qu’elle est folle dans sa joie,
Lorsqu’elle chante le matin,
Lorsqu’en tirant son bas de soie,
Elle fait, sur son flanc qui ploie,
Craquer son corset de satin !

Allons, mon page, en embuscades !
Allons ! la belle nuit d’été !
Je veux ce soir des sérénades
A faire damner les alcades
De Tolose au Guadalété

(Alfred de Musset)

 Illustration: Isabelle Jacq Gamboena

 

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