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Posts Tagged ‘(André Chénier)’

Baisers mêlés de pleurs (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Baisers mêlés de pleurs,
soupirs, molle complainte…

Et sur son cou d’ivoire
D’une dent chatouillant avec un doux murmure
Imprimer la molle et suave blessure.

(André Chénier)

 

 

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L’iris est un soupir ; la rose est un baiser (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Sans se pouvoir parler même des jeux,
On se parle, on se voit. Leur cœur ingénieux
Donne à tout une voix entendue et muette.
Tout de leurs doux pensers est le doux interprète.
Désirs, crainte, serments, caresse, injure, pleurs,
Leurs dons savent tout dire : ils s’écrivent des fleurs.
Par la tulipe ardente une flamme est jurée ;
L’amarante immortelle atteste sa durée.
L’œillet gronde une belle. Un lis vient l’apaiser.
L’iris est un soupir ; la rose est un baiser.
C’est ainsi chaque jour qu’une sultane heureuse
Lit en bouquet la lettre odorante, amoureuse.
Elle pare son sein de soupirs et de vœux ;
Et des billets d’amour embaument ses cheveux.

(André Chénier)

 Illustration

 

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Une jeune beauté (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Une jeune beauté par lui seul affermie,
Quand la troupe aux cent yeux est enfin endormie.
De son lit qui pleurait l’absent trop attendu
Fuit, se glisse, et d’un pied muet et suspendu,
Au jeune impatient va, d’aise palpitante,
Ouvrir enfin la porte amie et confidente ;
Et sa main, devant elle, interroge sans bruit
Et sa route peureuse et les murs et la nuit

(André Chénier)

 

 

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Oui, jusques dans sa robe et le contour de lin (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



Oui, jusques dans sa robe et le contour de lin
Que presse la ceinture au-dessous de son sein,
Sans avoir son aveu, ta bouche pétulante
À cherché la fraîcheur de sa gorge naissante.
Sur les deux ramiers blancs le vautour indompté.
Sur les deux ramiers blancs il s’est précipité,
Les deux oiseaux jumeaux qu’un même nid rassemble.
Qui se cachent tous deux, qui s’élèvent ensemble,
Dont le bec est de rose, et que l’œil plein d’ardeur.
Poursuit, touche de loin, et qui troublent le cœur

(André Chénier)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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Cueillir la douce fleur (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



Eh ! Qui peut sans mourir s’éloigner d’une amante ?

Dans le premier baiser l’âme entière se noie.

La prière.
Ou l’ordre impérieux, faveur plus douce encore.

Ce mélange incroyable et divin
De raison, de délire,
D’exigence et de soins, d’esclavage et d’empire.

Sur sa lèvre de rose et d’amour parfumée.
Cueillir la douce fleur d’une haleine embaumée

(André Chénier)

 Illustration: Auguste Toulmouche

 

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Nulle heure n’est oisive (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



 

Nulle heure n’est oisive et nul instant n’est vide.
Le temps vole, pour eux, d’une aile si rapide !
Tous deux muets, tous deux tranquilles à l’écart,
S’étonnent à la fin qu’il soit déjà si tard.
Ils se parlent d’amour dans leur silence même.
L’âme sans le vouloir rêve de ce qu’elle aime.
Il est là : c’est assez.

(André Chénier)

Illustration

 

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L’OARISTYS (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



Marcel Roux  Oaristys r7

 

L’OARISTYS

DAPHNIS.
Hélène daigna suivre un berger ravisseur
Berger comme Pâris, j’embrasse mon Hélène.

NAÏS.
C’est trop t’enorgueillir d’une faveur si vaine.

DAPHNIS.
Ah ! ces baisers si vains ne sont pas sans douceur.

NAÏS.
Tiens ; ma bouche essuyée en a perdu la trace.

DAPHNIS.
Eh bien ! d’autres baisers en vont prendre la place,

NAÏS.
Adresse ailleurs ces voeux dont l’ardeur me poursuit :
Va, respecte une vierge.

DAPHNIS.
Imprudente bergère,
Ta jeunesse te flatte ; ah ! n’en sois point si fière :
Comme un songe insensible elle s’évanouit.

NAÏS.
Chaque âge a ses honneurs, et la saison dernière
Aux fleurs de l’oranger fait succéder son fruit.

DAPHNIS.
Viens sous ces oliviers ; j’ai beaucoup à te dire.

NAÏS.
Non ; déjà tes discours ont voulu me tenter.

DAPHNIS.
Suis-moi. sous ces ormeaux ; viens de grâce écouter
Les sons harmonieux que ma flûte respire :
J’ai fait pour toi des airs, je te les veux chanter ;
Déjà tout le vallon aime à les répéter.

NAÏS.
Va, tes airs langoureux ne sauraient me séduire.

DAPHNIS.
Eh quoi ! seule à Vénus penses-tu résister ?

NAÏS.
Je suis chère à Diane ; elle me favorise.

DAPHNIS.
Vénus a des liens qu’aucun pouvoir ne brise.

NAÏS.
Diane saura bien me les faire éviter.
Berger, retiens ta main… ; berger, crains ma colère.

DAPHNIS.
Quoi ! tu veux fuir. l’amour ! l’amour à qui jamais
Le coeur d’une beauté ne pourra se soustraire ?

NAÏS.
Oui, je veux le braver… Ah !… si je te suis chère…
Berger…, retiens ta main…, laisse mon voile en paix.

DAPHNIS.
Toi-même, hélas ! bientôt livreras ces attraits
A quelque autre berger bien moins digne de plaire.

NAÏS.
Beaucoup m’ont demandée, et leurs désirs confus
N’obtinrent, avant toi, qu’un refus pour salaire.

DAPHNIS.
Et je ne dois comme eux attendre qu’un refus.

NAÏS.
Hélas ! l’hymen aussi n’est qu’une loi de peine ;
Il n’apporte, dit-on, qu’ennuis et que douleurs.

DAPHNIS.
On ne te l’a dépeint que de fausses couleurs :
Les danses et les jeux, voilà ce qu’il amène.

NAÏS.
Une femme est esclave.

DAPHNIS.
Ah ! plutôt elle est reine.

NAÏS.
Tremble près d’un époux et n’ose lui parler.

DAPHNIS.
Eh ! devant qui ton sexe est-il fait pour trembler ?

NAÏS.
A des travaux affreux Lucine nous condamne.

DAPHNIS.
Il est bien doux alors d’être chère à Diane.

NAÏS.
Quelle beauté survit à ces rudes combats ?

DAPHNIS.
Une mère y recueille une beauté nouvelle :
Des enfants adorés feront tous tes appas ;
Tu brilleras en eux d’une splendeur plus belle.

NAÏS.
Mais, tes voeux écoutés, quel en serait le prix ?

DAPHNIS.
Tout : mes troupeaux, mes bois et ma belle prairie ;
Un jardin grand et riche, une maison jolie,
Un bercail spacieux pour tes chères brebis ;
Enfin, tu me diras ce qui pourra te plaire ;
Je jure de quitter tout pour te satisfaire :
Tout pour toi sera fait aussitôt qu’entrepris.

NAÏS.
Mon père…

DAPHNIS.
Oh ! s’il n’est plus que lui qui te retienne,
Il approuvera tout dès qu’il saura mon nom.

NAÏS.
Quelquefois il suffit que le nom seul prévienne :
Quel est ton nom ?

DAPHNIS.
Daphnis ; mon père est Palémon.

NAÏS.
Il est vrai : ta famille est égale à la mienne.

DAPHNIS.
Rien n’éloigne donc plus cette douce union.

NAÏS.
Montre-les moi ces bois qui seront mon partage.

DAPHNIS.
Viens ;. c’est à ces cyprès de leurs fleurs couronnés.

NAÏS.
Restez chères brebis ; restez sous cet ombrage.

DAPHNIS.
Taureaux, paissez en paix ; à celle qui m’engage
Je vais montrer les biens qui lui sont destinés.

NAÏS.
Satyre, que fais-tu ? Quoi ! ta main ose encore…

DAPHNIS.
Eh ! laisse-moi toucher ces fruits délicieux…
Et ce jeune duvet…

NAÏS.
Berger…, au nom des dieux…
Ah !… je tremble…

DAPHNIS.
Et pourquoi ? que crains-tu ? Je t’adore.
Viens.

NAÏS.
Non ; arrête… Vois, cet humide gazon
Va souiller ma tunique, et je serais perdue ;
Mon père le verrait.

DAPHNIS.
Sur la terre étendue
Saura te garantir cette épaisse toison.

NAÏS.
Dieux ! quel est ton dessein ? Tu m’ôtes ma ceinture.

DAPHNIS.
C’est un don pour Vénus ! vois, son astre nous luit.

NAÏS.
Attends… ; si quelqu’un vient… Ah dieux ! j’entends du bruit.

DAPHNIS.
C’est ce bois qui de joie et s’agite et murmure.

NAÏS.
Tu déchires mon voile !… Où me cacher ! Hélas !
Me voilà nue ! où fuir !

DAPHNIS.
A ton amant unie,
De plus riches habits couvriront tes appas.

NAÏS.
Tu promets maintenant… Tu préviens mon envie ;
Bientôt à mes regrets tu m’abandonneras.

DAPHNIS
Oh non ! jamais… Pourquoi, grands dieux ! ne puis-je pas
Te donner et mon sang, et mon ame, et ma vie.

NAÏS.
Ah… Daphnis ! je me meurs… Apaise ton courroux,
Diane.

DAPHNIS.
Que crains-tu ? L’amour sera pour nous.

NAÏS.
Ah ! méchant, qu’as-tu fait ?

DAPHNIS.
J’ai signé ma promesse.

NAÏS.
J’entrai fille en ce bois, et chère à ma déesse.

DAPHNIS.
Tu vas en sortir femme, et chère à ton époux.

(André Chénier)

Illustration! Marcel Roux

 

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Sur la mort d’un enfant (André Chénier)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2016



Sur la mort d’un enfant

L’innocente victime, au terrestre séjour,
N’a vu que le printemps qui lui donna le jour.
Rien n’est resté de lui qu’un nom, un vain nuage,
Un souvenir, un songe, une invisible image.
Adieu, fragile enfant échappé de nos bras ;
Adieu, dans la maison d’où l’on ne revient pas.
Nous ne te verrons plus, quand de moissons couverte
La campagne d’été rend la ville déserte ;
Dans l’enclos paternel nous ne te verrons plus,
De tes pieds, de tes mains, de tes flancs demi-nus,
Presser l’herbe et les fleurs dont les nymphes de Seine
Couronnent tous les ans les coteaux de Lucienne.
L’axe de l’humble char à tes jeux destiné,
Par de fidèles mains avec toi promené,
Ne sillonnera plus les prés et le rivage.
Tes regards, ton murmure, obscur et doux langage,
N’inquiéteront plus nos soins officieux ;
Nous ne recevrons plus avec des cris joyeux
Les efforts impuissants de ta bouche vermeille
A bégayer les sons offerts à ton oreille.
Adieu, dans la demeure où nous nous suivrons tous,
Où ta mère déjà tourne ses yeux jaloux.

(André Chénier)

Illustration

 

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