Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(André de Richaud)’

LA CHANSON DES MARINS NOYÉS (André de Richaud)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

LA CHANSON DES MARINS NOYÉS

Nous sommes les noyés aux têtes de nuages
Les pâles ombres de la mer
Les fantômes épars aux brumes des rivages
Les lèvres aux baisers amers.

Lorsque la nuit s’incline et que l’étoile gronde
Nous montons les chemins du ciel
Et quand vous rencontrez nos troupes vagabondes
Vous entendez un bruit de sel.

Nous errons tristement sur les routes du songe
Étonnés des bruits de la nuit
Et nos coeurs éperdus que le silence ronge
Se mirent au destin des puits.

Un visage endormi nous regarde sans armes
Nous touchons ses yeux de la main
On croit voir, au matin, scintiller une larme
Mais, c’est un souvenir marin…

(André de Richaud)

Illustration: Stéphane Pencréac’h

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La neige, la neige, la neige (André de Richaud)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

Bêtes de mon sommeil, regardez-moi qui tombe
Fontaines habitées
Fontaines de mes mains où les dix sources grondent
O collier des forêts
Colliers d’arbres en fleurs par qui le monde espère
Vous m’étranglez chaque matin
Et chaque soir les bleus de vos ongles mystères
Etouffent l’avenir dont je suis possédé.

Ne pas pouvoir sortir de ce lacis de veines
Et cet étrange piétinement à gauche de ma poitrine
Contre lequel je ne peux rien…
O mort regarde fixement cette ligne rouge à mon cou
Chaque nuit des cordes tendues m’entraînent au ciel.

Seules mes mains me guident parmi les planètes
muettes d’étonnement.
Aigles de cristal brûlant sur les cimes
Torches de plumes qui jalonnent ma vie
Sources fumantes dans l’amour qui tombe
Lorsque s’est levé le vent de l’au-delà
Vous êtes ce masque qui riez quand je saigne
De toutes mes plaies cachées.

Quand je ferme les yeux un monde invisible étincelle
Quand j’ouvre mon coeur une fumée chargée d’oiseaux
Se lève à gauche derrière mon coeur.
O corps aimé qui me cherche sans jamais m’atteindre
et dont le regard d’argent m’étouffe
lacet de songe
et me tirera jusqu’aux abîmes miroitants de la mort.

La neige, la neige, la neige
Tuez-moi de la neige et que ce soit fini.

(André de Richaud)
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE PASSÉ INDÉFINI (André de Richaud)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017


 


 

LE PASSÉ INDÉFINI

Colonnes éparses pierres maudites épaves lavées
regardez-moi sanglant revenir à mon trou
La tombe ? Avenir bégayant… Tais-toi !
C’est à moi de parler encore
Les feux du matin
Les palmes balancées du soir
Tout ça donné pour un caillou
perdu dans les sables du couchant

Les neiges ont fondu
Les oiseaux se dispersent
Les yeux de ma douleur s’ouvrent au fond des bois
Toi, seule statue à la bouche scellée
Toi, seule gardes l’horrible secret…

Heureusement qu’il y a une voix verte qui fleurit toujours
au fond de la campagne.
Fais doucement ta ronde
l’oiseau rit dans le vent
Et le ciel et le monde
se parlent bien souvent… »

(André de Richaud)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :