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Poésie

Posts Tagged ‘(André Frénaud)’

Rite de passage (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


munch.death-sickroom

 

Du ciel vient le son d’une rose qui s’entrouvre.
J’étouffe horriblement… Des vols d’ange.
En fermant les paupières, j’aperçois
plein de personnes dans la chambre,
qui marmottent, qui marmottent
sans me perdre des yeux.
On aura prononcé les paroles qu’il faut,
les vieilles femmes et le prêtre. Des enfants chuchotent
parce qu’une hirondelle joue entre les piliers.
Tout le monde sera là, de la commune et ses écarts,
hormis le voisin, ce vieux chien qui sera damné,
mais je lui pardonne.

(André Frénaud)

 

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AIR DU COLPORTEUR (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



 

Steve Cieslawskis (17)

AIR DU COLPORTEUR

Pas d’échalotes pas de lacets
pas d’eau des saintes pas d’almanach
pas de petits paquets pour les femmes
pas de règles ni de compas lisses
pas de choux rouges pas de poison
pas d’adultères ni fer ni mousse
pas d’étoile de mer ni d’amour
pas de graines au pollen beurré
pas de nouvelles des nouveau-nés
Le monde est vide il n’y a rien à vendre.

(André Frénaud)

Illustration: Steve Cieslawskis

 

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L’Ordre (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


 

Assurances en tous genres, je garantis le vent,
les cornes du taureau et vos âmes paisibles.
Je garde la brise de devenir tempête
et la folie d’emplir de ses lunes les yeux des femmes.

Je maintiens les héritages, vous défends
contre la grivèlerie de l’étranger
aux détours pernicieux,
les retours d’amour fou,
et ce déboulé de frénésie, la justice.

La prime vous plaira: je ne prends que les songes.
(André Frénaud)

 

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L’amour comme (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020


Comme un amas forestier la fille consentante.
Comme une source en haut de l’arbre la fille convoitée.

Comme une statue d’amiante une femme interdite.
Comme un ventre de jument une bouche embrasée.

Comme une rayure de quartz une femme attendant.
Comme un chaos de pierres une femme perdue.

Comme un cuivre qui luit l’épouse aimante.
Comme une branche reverdie la femme aimée.

(André Frénaud)

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Toussaint (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2019



Henri Rousseau

 

Les labours parcourus par les oiseaux plaintifs,
La pluie fine enfonçait les rameaux jaunissants.
Le retour en carriole avec l’ours sur mes genoux.
Un enfant-dieu passait dans les yeux des grands-parents.
Etait-ce déjà la mort et le pardon pour tous?

(André Frénaud)

 

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Mobilisation (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



Mobilisation

Le facteur qui n’a plus qu’un bras
promenait chaque dimanche
ses trois filles belles comme le jour.

– Jeunes hommes qui partez en guerre,
réjouissez-vous.

(André Frénaud)

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Ce qui s’était perdu (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Ce qui s’était perdu

Grand saint Antoine de Padoue,
Ô rends-le-moi sous par sou,
pour qu’en chaque instant soit la Joie.

(André Frénaud)

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Midi (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019


midi


L’oeuf du clocher, l’horloge,
est doucement épris de l’immobile été,
le temps le couve et dort.

(André Frénaud)

 

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CHANSON (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

CHANSON

REVENU du désert
me tenant agrippé
au bord du renouveau
et voici
du repos qui console
à ma joie débordée
que scintille frileux
– ô matin – ô bonté –
la dentelle et les fleurs
Noël aubépine blancheur
mon amour

Le sourire de la plénitude
sensible comme la colombe
Seules des caresses furtives
avec les mains de la neige

Venez nous irons nous marier
dans un pays plus clair

Mais toujours à merci
du néant qui m’entraîne
à chercher sous l’écaille
ce qu’il faut pour nourrir
à l’étal de ma vie
cette angoisse
je retourne au désert
emportant avec moi
le sel noir de tes larmes
la tendresse entr’ouverte
Noël aubépine ô blancheur.

(André Frénaud)

 

 

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Coeur mal fléché (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


La flèche qui se prépare, qui te dépasse, qui t’agace,
qui se rapproche, qui se détourne,
la flèche qui se fichera,
qui te délivra,
ta flèche.

Qui la garde?
Tenue sous quel sein
qui peut-être s’y blesse.
Empennée d’un sang qui cherche le tien.
Elle chemine en vain, se tend, elle tremble.
Elle doit t’atteindre… Oh! Comme elle te manque,
celle qui t’attend, qui ne sait pas, qui gémit.

(André Frénaud)

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