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Posts Tagged ‘(André Frénaud)’

FRATERNITE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2021



 

Agim Sulaj 49 [1280x768] [1280x768]

FRATERNITE

Un plein filet de souvenirs
Pourquoi me l’ont-ils remonté
L’oeil de mon chien l’écolier
les chansons que je leur chantais
le passionné de coquecigrues

Je ne me reconnais pas dans cet enfant
Je chasse cette brume douloureuse
Que le vent emporte cette petite fumée
et me laisse seul comme je suis seul

Pourtant je voudrais l’étreindre quand je le fuis
recomposer l’homme entier jusqu’à mon âge
celui qui acceptait sa place et leurs jeux
O chaleur qui me blesse aujourd’hui

Pitié pour vous et pour moi puisqu’il n’est pas permis
Frères
d’être un seul être fraternel
avant le sein froid de la nuit
dans l’unité de notre mère.

(André Frénaud)

Illustration: Agim Sulaj

 

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A LA GRACE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021


 


Adrian Borda The_Swan_Song_Hunter_by_borda

A LA GRACE

Par-delà mes ruines
toujours fraichissantes
écho non coupable
dans l’obscure arène
où je me débats
sans nulle manoeuvre
soudain apparue
égarée peut-être
énergie lointaine
je ne sais pour qui
je ne sais pas où

Echappée au temps
éclat non complice
dans ses lents replis
Misère et vaillance
mon sol dérobé
élue sans contrainte
égalant mon voeu
elle est la secrète
et brille au-dessus
du chant qui implore
du chant qui accuse
par-dela ma voix

A demain mes morts
continuement fraîches
comme il fut hier
comme il est aujourd’hui
la vie devenant

A travers mon cœur
et autres emblèmes
où il s’accomplit
l’Esprit s’est levé
d’entre ses combats

J’affirme sans preuve
Je tiens le contraire
Il n’importe pas

Il n’est pas de père
Aucun parchemin
ne m’a convaincu

Je crois en la grâce
Je parie pour elle
C’est la respirer
que d’en être épris

J’ai tant fait d’appels
sana avoir de signes
tant de vains efforts
A force de rage
et n’acceptant rien
que tout assumer
l’âme sourirait ?

Faveur inouïe
car la récompense
n’est pas méritée
Non plus le malheur

M’élevé-je en elle
Je n’ai plus de poids
Je chante à la grâce
même s’il n’est rien
que par mon amour

(André Frénaud)

Illustration: Adrian Borda

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FIN DE VIE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021



 

Alexander Chen central-park-rain-800

FIN DE VIE

Ma fille est culottière
le fils boit du vin blanc
ma femme fine fleur de cimetière
et ne m’emmerde plus
je thésaurise de l’alpaga
pour m’y draper du ventre
si le soleil vient vieux
je ne crains dieu ni peuple
quand je pousserai mes boules
samedi six heures du soir
la ville est une belle soupe
aux cent mille yeux de paon.

(André Frénaud)

Illustration: Alexander Chen

 

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Je veux remonter à la source (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



Ora Tamir - Israeli Surrealist painter - Tutt'Art@ (22) [1280x768]

Je veux remonter à la source
Je passerai la frontière
J’irai où se fait le grand vent
avant qu’il ne se soit dessillé
dans les regards, dans les rires
dans les marques où se dissipe
le visage non formulé

(André Frénaud)

Illustration: Ora Tamir

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REFUGE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Paul Journet La Dame de Pluie

REFUGE

Refuge au-dessus de la vue
revenu des futurs orages
ma sérénité non conquise
belle demeure en dehors de la vie

Brûlé dans un grand âtre avec du feu de bois
avec les vieux amis et chantant avec eux
Les étoiles tombées ont couvert de leur gloire
les rouges gorges des oiseaux d’alentour
Neuf oiseau je cours moi aussi dans les branches
La cime des arbres éclairera mon coeur d’aurore
Tous les noeuds délivrés les sphères
joueront dans le grand jardin
avec l’ombre du jeune daim
et les jolies salamandres

Pourtant j’entends gémir quelque part sous les peaux
Et dans ma bouche la lourde résine des larmes
Trop tard

Salut salut mon possible arc-en-ciel.

(André Frénaud)

Illustration: Paul Journet

 

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Nul mouvement (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Pierre Avocat_ crbst_Editions_20du_20Pommier_2012 [1280x768]

Nul mouvement, aucune forme
ne satisfera jamais notre impatience

(André Frénaud)

 

 

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LA FEMME DE MA VIE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Albena Vatcheva    (29) [1280x768]

LA FEMME DE MA VIE

Mon épouse ma loyale étoffe
ma cressonnière mon doux pépin
ma banlieue mon gros gras jardin
mes fesses mes vesses mes paroles
mon chat ou j’enfouis mes besoins
ma gorge de bergeronnette

Ma veuve mon essaim d’helminthes
mes boules de pain pour mes mains
pour ma tripe sur tous mes chemins
mon feu bleu où je cuis ma haine
ma bouteille mon cordial de nuit
mon torchon pour essuyer ma vie
l’eau qui me lave sans se tacher

Ma brune ou blanche ma moitié
nous n’aurions fait qu’une couleur
qu’un soleil lune à tout casser
à tous les deux par tous les temps

si un jour je t’avais connue
si tu avais été.

(André Frénaud)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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PROMESSE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Charles West Cope -« The Thorn »

PROMESSE

Quand tu me donnes ta main c’est ton être entier
Nous voilà dépossédés copropriétaires de deux corps
Un coq flambera entre nos souffles
et nous nous évanouirons une seule présence réelle

(André Frénaud)

Illustration: Charles West Cope

 

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POUR BOIRE AUX AMIS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

POUR BOIRE AUX AMIS

Je boirai en souvenir de la blancheur des montagnes
Je tirerai du vin du bouillonnement de la source
par-delà les hauts lieux glacés
Pour offrir le meilleur aux amis pour les réjouir
il faut n’avoir eu peur de rien
il faut s’être avancé très haut
Pour m’inviter à boire, moi aussi
comme si j’étais devenu mon ami
par la grâce de la blancheur de la source
pour devenir mon ami droit dans les yeux.

(André Frénaud)

 

 

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JE NE T’AI JAMAIS OUBLIÉE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



 

Cayetano De Arquer-Buigas  rl

JE NE T’AI JAMAIS OUBLIÉE

Sans nom maintenant, sans visage,
sans plus rien de tes yeux ni de ta pâleur.

Dénoué de l’assaut de mon désir dans ton égarante image,
dénué par les faux aveux du temps,
par les fausses pièces de l’amour racheté,
par tous ces gains perdu,
libéré de toi maintenant,
libre comme un mort,
vivant de seule vie moite,
enjoué avec les pierres et les feuillages.

Quand je glisse entre les seins des douces mal aimées
je gis encore sur ton absence,
sur la vivante morte que tu fais
par ton pouvoir ordonné à me perdre
jusqu’au bout de mon silence.

(André Frénaud)

Illustration: Cayetano De Arquer-Buigas

 

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