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Posts Tagged ‘(André Pieyre de Mandiargues)’

UNE PUISSANCE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




UNE PUISSANCE

Une puissance considère un oeuf
Sculpté dans une pierre blanche
Et poli par la main d’un homme

La puissance considère et sourit
La puissance se réjouit de savoir
Que nulle vie ne pourra sortir
De ce qui n’est qu’un objet d’art,

Une forme d’inexistence
Jetée à la nuit du temps.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

 

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FLEUR DU JAPON (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration: Maurice Ehlinger
    
FLEUR DU JAPON

Fille en fièvre dans un drap d’eau
S’ouvre se ferme s’épanouit
Comme une fleur japonaise.

Le jeu simule une treille
Tout autour de la peau qui luit
Tout au long de la peau complice
Feuilles rouillées feuilles mortes
Sous la chute des soupirs.

Pétales vains papillonneries
Entre deux gouffres de sommeil
Les ailes dorées des caresses
Ne remuent que poussière
Leurs grâces caduques
Ne nous arrêteront plus.

Mais les eaux brunes du regard
Oû dort le bruit de la mer
La terre fauve au fond des yeux
À la lisière de la personne
Aux bords glacés de l’être
Et de la nuit de tous les temps.

Perdre pied gagner l’air
Dans la nuit des bois de la mer.

Une autre vie à d’autres tempes
Dans le noir de toute la vie
Une autre vie obscurément
Sève ruisselant vers la rose
Glace qui casse au printemps
Tourterelles envolées
Dans la crasse d’un ciel de suie.

Puis le sang reflue en ce corps
Qui se croyait le coeur du monde.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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NUITS (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
NUITS

Des nuits parfois sont mornes.

Les jardins n’ont plus d’odeur
Il n’est plus de frisson aux feuilles
Le ciel bas est plus rouge entre tant de portiques
Les places sont hantées de spectrales statues
Qui passe en vain s’y hâte.

Des nuits s’appesantissent à l’égal de nos jours.

Nuits d’une vieille ville
Trop vieille
Sans oiseaux sans licornes
Sans cavaliers ni dames folles
Ni faons blessés ni biches ni loups-cerviers
Ni sang frais sur les murs des palais ancestraux.

Les jeux de mains les jeux de mots sont feux
Jeux de mots jeux de mains où l’amour s’égarait
Parmi les cascades les lucioles les pierreries
La mousse des dentelles rompues
Les écharpes de soie jetées sur des yeux fiers
Les rires sous les pluies de pétales.

Nuits comme un théâtre de velours défunt
Où s’exaltent nos souvenirs diminués.

Matins étayés de béquilles.

Il reste un goût de cendre et de pourri
Un goût de fleurs croupies d’eaux fanées
Ce goût d’être déçu qui nous plaît plus que tout.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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MOUTON NOIR (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
MOUTON NOIR

Triste mouton noir
Ton oeil tiède et doré me regarde
Ton oeil trop doux ton oeil mélancolique
Car je vois bien maintenant que tu connais mon âme
Et tous les liens de tous mes secrets se sont brisés pour toi
Tendre et triste mouton noir.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les amies au bain de lune (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
Les amies au bain de lune
Si blanches l’autre et l’une
Leur oubli est innocent
Comme le toucher du vent.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelles de nuit (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration 
    
Quelles de nuit
Pour des airelles
Viennent à lui
Qui ne sait d’elles
Que fruits d’été ?
Qu’est-ce qui luit
Près des marelles ?
Quel dé
Jeté
La veille ?

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cicindèles du bord de l’eau (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Illustration
    
Cicindèles du bord de l’eau
Bourrelles envolées
Sitôt
Que l’ombre a désolé
La brune et sa blanche amie.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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POISSON DE MON AMOUR (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
POISSON DE MON AMOUR
à Bona

Les images du soleil
Multipliées sur ton lit
Par les trous menus du store
Sont mille et une écailles d’or
Sur la nudité nacrée
Du poisson de mon amour.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: Ecriture ineffable
Traduction:
Editions: Gallimard

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FEMME FUSÉE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Carole Cousseau
    
FEMME FUSÉE

Flamme t’exaltes-tu
Les plumes de ton envolée
N’émouvront nulle cendre,
Mais si s’embrase ta nacre
Entre le corail et la touffe
Je poserai au point focal
De là où le plaisir bouillonne
Un galet poli comme toi
Par des remous de baisers,
Pour le faste et pour l’abondance
Pour le lest que tu jetteras
Femme fusée ma fleur
Quand tu t’enverras dans les verts
Bien plus tiens que le bleu d’en haut.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: Ecriture ineffable
Traduction:
Editions: Gallimard

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CE GONG (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

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CE GONG

Ce gong c’est en dehors
Mais où est-ce ?

Dehors qu’est-ce
Et où suis-je ?

Ce gong est-ce hors de moi
Ou en moi ?

Ce bruit de fer
Porté par l’air
A mes oreilles
Si j’étais sourd
Puissé-je l’être
Il serait rouille
Braise dans l’eau
Rat mort
Os carié,

Les fruits d’hier
A quelles dents
Sont-ils échus ?

L’oncle et la nièce
Où est-ce
Qu’ils sont allés ?

Et la liesse
Qu’une saison
Je souhaitai ?

L’ai eue,

Gong
Ou marteau
L’ouïe est enclume
Le sang bouillonne,
Massue la pensée
Alors j’écoute et geins,

Me tais,

Qu’est-ce ?

Le dedans résonne,

L’écho des idées
Tonnant revient,

Est-ce en moi-même
Que je suis pilonné ?

Suis-je en ce gong
Par corps
Ou par défaut ?

Ce gong il faut
Qu’il cesse,

Que je sois hors,

Ou que l’intérieur clame,

A voix de nez,

Ni pis ni mieux qu’il ne sut faire
Naguère
Et que misère cent fois je l’entendis.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration

 

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