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PALE ET LENTE, SI PALE EN SA ROBE D’ÉTÉ… (André Rivoire)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Christophe Gilbert la mariée aux gants [800x600]

PALE ET LENTE, SI PALE
EN SA ROBE D’ÉTÉ…

Pâle et lente, si pâle en sa robe d’été,
Si lente en ses langueurs, oh ! si pâle et si lente,
Elle va promenant sa douleur nonchalante,
Par les prés sans parfum, sous le ciel sans clarté.

Et voici qu’en son cœur, serré d’une agonie,
L’adieu d’un cor se traîne en de mornes abois…
Oh ! s’en aller ainsi, quand les feuilles des bois
S’entassent, pour mourir, parmi l’herbe jaunie !

Mourir aussi, mourir avec les feuilles d’or,
Dans la douceur et la tristesse de l’automne,
En écoutant pleurer la bise monotone,
Sourire au soir qui tombe, et rêver qu’on s’endort !

(André Rivoire)

 

 

 

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COMPLAINTE (André Rivoire)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



COMPLAINTE

Ce n’est pas toi que je regrette,
C’est le rêve par toi déçu,
Mon cœur jeune et la foi secrète
Que je gardais à mon insu.

Je ne t’en veux pas, je devine…
Ton désir vain s’est effeuillé…
Je t’ai faite en moi trop divine,
Je me suis trop agenouillé.

Tu n’étais qu’une pauvre femme…
Je te croyais naïvement
Endormie au fond de ton âme,
Comme la Belle au bois dormant.

Et je me disais que sans doute
Je te réveillerais, un jour,
Neuve comme autrefois et toute
Ressuscitée à mon amour…

Mais c’est en vain que je t’apporte
L’espoir d’un suprême printemps :
La Belle au bois dormant est morte,
Elle avait dormi trop longtemps.

(André Rivoire)

Illustration: Isabelle Denechau

 

 

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Cette fleur (André Rivoire)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



Cette fleur que ses mains, que sa lèvre a touchée.
Et qu’elle a faite sienne entre toutes les fleurs,
Aujourd’hui sans parfum, sans forme et sans couleurs,
en un livre d’amour repose desséchée.

Elle même l’ignore, elle n’a jamais su
en l’oubliant, distraite, après l’avoir cueillie,
que je conserverais la chère fleur vieillie,
et c’est un souvenir que je n’ai point reçu.

Je me suis caché d’elle, et je crains le mystère
entre nous d’un reproche ou même d’un pardon;
en laissant près de moi la fleur à l’abandon,
peut-être sa pitié fut-elle involontaire.

Je ne sais rien de plus, mais je songe parfois
qu’aux soirs de solitude, en ses rêves de femme,
un peu de moi peut-être, a fleuri dans son âme
comme cette fleur vaine a passé dans ses doigts.

(André Rivoire)

Illustration

 

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