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Quand je te vis (Andrée Sodenkamp)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Quand je te vis, je sus, qu’engourdi du voyage
Tu n’étais, Bien-Aimé, pas encor revenu.
Tu rapportais chez nous ton poids de paysages
Et pailletés de froid, des objets saugrenus.

Mais où était resté cet amant sans raison,
Celui qui seul gémit, la nuit, sous les délices?
Mes doigts suivaient encor des courbes d’horizon
Sur ton front détourné et sur ta lèvre triste.

Tu ramenais sur toi l’odeur de l’étrangère,
Des songes entêtés te faisaient les yeux las.
Mon âme est bien rangée en la vie coutumière,
Et mes pas mesurés te blessaient comme un glas.

Ensemble nous pleurions sur ton désir perdu,
Et mon corps quelquefois plaisait à ton malheur.
Tu caressais ton rêve, au hasard d’un sein nu,
Sur ma bouche, le soir, tu te mordais le cœur.

(Andrée Sodenkamp)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Arthur Hughes

 

 

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Je suis du temps des lents et vieux romans d’amour (Andrée Sodenkamp)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Je suis du temps des lents et vieux romans d’amour,
Des grands Meaulnes poussant des portes solennelles.
On se mangeait le cœur en guettant sur la tour
Un pays balancé de bois et d’hirondelles.
C’étaient les temps heureux des grandes fautes tendres
Des confessionnaux pleins de voix murmurées,
Et de chagrins si beaux qu’on ne pouvait attendre
Pour les souffrir déjà de n’être plus aimée.

(Andrée Sodenkamp)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Arthur Hughes

 

 

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Danseuse (Andrée Sodenkamp)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2015



Quitte du bout du pied ta charnelle présence…
Déjà tremble sur toi le plaisir de la danse.

Délie tes bras légers comme de faibles branches.
Perds au feu des clartés tes pas, ces roses blanches.

Tu sembles née du jeu de ton heureux délire.
Une herbe sous le vent, la terre qui respire.

Tu parais t’enrouler mille fois sur toi-même.
Tu t’inventes, renais et te perds et te sèmes.
Le monde autour de toi croule en murailles d’or.
Tu reviens doucement au bord de ton haleine
Et tu refais, serré, le bouquet de ton corps…

(Andrée Sodenkamp)


Illustration: Edgar Degas

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