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Posts Tagged ‘anéantir’

LA MORT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration
    
LA MORT

Si tu n’étais faite que de vide, ô Mort,
En un clin d’oeil l’univers serait anéanti.
Tu incarnes la Plénitude, sur ton sein et ton giron
Tel un enfant le monde est éternellement bercé.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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ENTRETIEN DU FEU (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

ENTRETIEN DU FEU

Le feu inspire et respire le monde
s’y consume et irradie
la contraignante liberté des astres
énigme programmée des hommes
pour anéantir purifier allier forger

Chaque homme prend racine
dans son feu intérieur
il peut en être consumé
sans le moindre élixir
capable de l’éteindre
jusqu’à l’instant où soufflera la mort

Immortel le feu qui tourmente le magma
parfois explose et ruine le sol des hommes
et la terre ressasse son tournoiement
dans un immuable rituel de derviche

(Jean-Claude Xuereb)

 

 

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Je ne foule pas la corolle de merveilles du monde (Lucian Blaga)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Je ne foule pas la corolle de merveilles du monde
et je ne tue pas
avec ma raison les mystères rencontrés
en chemin
dans les fleurs, les yeux, sur les lèvres ou les tombes.
D’autres avec leur lumière
anéantissent le charme caché dans l’insondable
obscurité des profondeurs,
mais moi,
avec ma clarté moi je fais croître l’inconnaissable
et comme la lune avec ses blancs rayons
loin d’amoindrir ajoute en tremblant
à l’envoûtement nocturne,
j’apporte moi aussi à l’horizon ténébreux
de vastes frémissement de mystère sacré,
et tout ce qui est incompris
se transforme en énigmes plus grandes encore
sous mon regard —
car mon amour englobe
les fleurs et les yeux, les lèvres et les tombes.

(Lucian Blaga)

Découvert ici: schabrieres

Illustration: Adrian Chesterman

 

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EFFIGIES (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

môle-brouillard

EFFIGIES

1.
Routes d’eucalyptus : ce qui reste du ciel pâle
frémissant dans ma gorge. A travers le ballast
le bourdonnement de l’été

les herbes folles ce silence
ton pas même.

2.
Innombrables rendez-vous de la lumière.
Et chaque chose perdue — mémoire

de ce qui n’a jamais été. Les collines. Les impossibles
collines

perdues dans l’éclat de la mémoire.

du fil de fer barbelé.

3.
Comme si tout cela était

encore à naître. Survivant dans l’oeil,
là où l’oeil s’ouvre aujourd’hui sur le bruit

de la chaleur : une guêpe, un chardon suspendu aux griffes

4.
Toi qui demeures. Et toi
qui n’es pas là. Parole d’extrême nord, dispersée

dans les heures blêmes du monde sans image —

comme une simple parole

que le vent lance et anéantit.

5.
Albe. La lumière immense, alluviale. Le carillon
de nuages à l’aube. Et les bateaux
amarrés dans le brouillard du môle

sont invisibles. Et s’ils sont là

ils sont invisibles.

(Paul Auster)

Illustration

 

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L’INTERDICTION (John Donne)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Isabelle Zimmermann
    
L’INTERDICTION

Garde-toi de m’aimer,
Ou ma défense, au moins, songe à te rappeler!
Non que je me paierais de ma folle dépense
De salive et de sang sur tes pleurs et soupirs
En te rendant les coups dont tu me sus férir.
Mais, comme un tel Bonheur passe notre existence,
De peur que ton amour par ma mort soit frustré
Si tu m’aimes un jour, garde-toi de m’aimer.

Garde de me haïr,
Ou bien de ce succès de trop t’enorgueillir
Non point qu’en répondant par ma haine à la tienne
Je voudrais de mes torts m’instituer vengeur;
Mais tu t’aliénerais le style du vainqueur
Si je devais, vaincu, succomber à ta haine.
Donc, pour que mon néant ne te vienne amoindrir
Si tu me hais un jour, garde de me haïr.

Joins la haine à l’amour :
Ces extrêmes, ainsi, s’annuleront toujours.
Aime-moi, que je souffre une mort allégée;
Hais-moi, car ton amour pour moi serait trop grand;
Ou qu’ils me laissent vivre en s’entre-déchirant :
Je vivrai ton Théâtre, et non pas ton Trophée.
Pour ne m’anéantir avec eux même jour.
Pour ma vie épargner, joins la haine à l’amour.

***

THE PROHIBITION

Take heed of loving mee,
At least remember, I forbade it thee;
Not that I shall repaire my’unthrífty vast
Of Breath and Blood, upon thy sighes, and tearer,
By being to thee then what to me thou wart;
But, so great Joy, our life at once outweares,
Then, least thy love, by my death, frustrate bee,
If thou love mee, take heed of loving mee.

Take heed of hating mee,
Or too much triumph in the Victorie.
Not that I shall be mine owne officer,
And hate with hate againe retaliate;
But thou wilt lose the stile of conquerour,
If I, thy conquest, perish by thy hate.
Then, least my being nothing lessen thee,
If thou hate mee, take heed of hating mee.

Yet, love and hate mee too,
So, these extremes shall neithers office doe;
Love mee, that I may die the gentler way;
Hate mee, because thy love’is too great for mee;
Or let these two, themselves, not me decay;
So shall I, live, thy Stage, not triumph bee;
Lest thou thy love and hate and mee undoe,
To let mee live, O love and hate mee too.

(John Donne)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: J.Fuzier et Y. Denis
Editions: Gallimard

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Les rivages (June Shenfield)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018




    
les rivages
plus monstrueux
les uns
que les autres
refusent
l’empreinte de mes pas
les marées
anéantissent ces
châteaux
que je n’ai d’autre
moyen de construire
qu’en sable auquel
je n’ai moyen de
m’accrocher
qu’en rêve
sur un radeau
brisé
qu’emporte
incessant
le ressac
vague
après vague
en froids
rappels
du temps
révolu.

***

each shore
more
monstrous
than the next
rejects my
footprints
the tides crush
down those
castles
I find no other
way to build
no other ways
to cling to
sand
but dream
on a broken
raft
carried along
by the
never-ending
waves
each one
a cold
reminder
of what
has been.

(June Shenfield)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Lumière (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018




    
— Lumière,

Saisis-moi,
empare-toi de moi,
ne m’emporte pas hors du Temps,
hors de ce monde,
n’anéantis pas l’ombre d’où tu es née,
où je me repose,
immortalise ce dont mortel mon corps se nourrit,
les formes, les couleurs,
les sons, les souvenirs, les odeurs,
la solitude,
le silence,

Lumière,

Prends ce qui m’appartient,
mais qu’ai-je à te donner que tu n’aies déjà ?
possède-moi,
transfuse-moi,
transfigure-moi,
Lumière !

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Délivre moi de moi (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017



Illustration: Salvador Dali
    
Délivre moi de moi

Donne moi ton amour afin que je m’y noie et m’y anéantisse
Délivre moi et prend la place de ce moi
Détruis ce que je suis
Que mourant içi, je survive là bas

Fais que je t’aime, que je n’aime que toi,
qu’hier soit aujourd’hui, que demain soit hier
Mon âme a respiré ton parfum
Mais où es-tu? Te découvrir, Ô bien aimé

Je t’aime. Je chancelle.
Je saigne.
Je dis ma peine.
Comment ne pas la dire.

(Younous Emré)

 

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Quel nom ? (Amin Maalouf)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017




    
– Quel nom porte celui dont tu es le Messager ?
– Je l’appelle le Roi des jardins de lumière.
– N’est-il pas le Père, le Tout-Puissant,
l’infiniment bon , le créateur de toutes choses ?

– Comment pourrait-il être à la fois bon et tout-puissant?
Est-ce lui qui a créé la lèpre et la guerre?
Est-ce lui qui laisse mourir les enfants et maltraiter les innocents?
Est-ce lui qui a créé les Ténèbres et leur Maître?
A-t-il permis que ce dernier existe?
S’il pouvait l’anéantir d’un geste pourquoi ne le ferait-il pas?

S’il ne veut pas anéantir les Ténèbres, c’est qu’il n’est pas infiniment bon,
s’il veut les anéantir, mais qu’il n’y parvient pas,
c’est qu’il n’est pas infiniment puissant.

Après un court instant, il ajouta :
– C’est à l’homme qu’a été confiée la création.
C’est d’abord à lui qu’il appartient de faire reculer les Ténèbres.

(Amin Maalouf)

 

Recueil: Les Jardins de lumière
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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QUE TON GLAIVE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2016



glaive

QUE TON GLAIVE

Que Ton glaive me blesse mortellement.
J’ai l’âme dissipée et vagabonde,
Tout m’anéantit et chaque être m’inonde
Et je puis ainsi rouler éternellement.

***

QUE O TEU GLÁDIO

Que o Teu gládio me fira mortalmente.
Eu sou de alma dispersa e vagabunda,
Tudo me destrói e cada ser me inunda
E posso assim rolar eternamente.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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