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Poésie

Posts Tagged ‘anéantissement’

Je n’attends (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Illustration: Andrey Bobir
    
Je n’attends que mon anéantissement.
Sans rien attendre de mon anéantissement.

(Roger Munier)

 

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Il advient au poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Il advient au poète d’échouer au cours de ses recherches sur un rivage
où il n’était attendu que beaucoup plus tard, après son anéantissement.
Insensible à l’hostilité de son entourage arriéré le poète s’organise,
abat sa vigueur, morcelle le terme, agrafe les sommets des ailes.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi, lumière (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
Pourquoi, lumière, te retires-tu
de moi dans les choses que je regarde
et plus loin encore
dans les autres que je ne vois pas ?
Close l’histoire, effacée la personne,
perdu ou gagné le combat ?
Ou bien
est-ce l’autre qui mûrit
et resplendit, l’amour plein,
le plein anéantissement
dans quoi ? dans quelle unique substance,
dans quelle totale inessence —
impossible à savoir,
n’y a-t-il pas de témoin, pas de chant ?

Elle pense ou rêve que quelqu’un pense
dans le remous de paix
du tourbillon sanglant…

***

Perché, luce, ti titrai
da me nelle cose guardate
e più addentro ancora
nelle altre non vedute ?
Chiusa la storia, cancellata la persona,
perso o vinto l’agone ?
Oppure
è l’altro che matura
e splende, l’amore pieno,
il pieno annientamento
in cosa ? in che unica sostanza,
in che totale inessenza —
impossibile saperlo,
non c’è testimone, non c’è canto ?

Lei pensa o sogna che qualcuno pensi
nel risucchio di pace
del mulinello cruento…

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Pourquoi le dernier désir (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Frida Kahlo

    

Pourquoi le dernier désir de ceux qui aiment
avec passion ou, jusqu’au vertige,
s’enivrent du chant, de la danse ou du vin,
est-il un désir d’anéantissement?

— Quel étrange besoin de se sentir morts,
et de ne se plus réveiller, et, fous de vertige,
de rouler d’abîme en abîme
et de rentrer dans l’infini!

Quel besoin glorieux de délivrance !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Les pierres et le sculpteur (Ooka Makoto)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Les pierres et le sculpteur
(ishi to chôkokuka)

Des statues de pierre
à travers le monde crient d’une même voix

Donnez-nous par pitié une vie qui se délabre au fil du temps
Par pitié donnez-nous l’extase de l’anéantissement …

Pas de frissons sur ces seins minéraux
Ce ne sont que pupilles closes méditations d’hiver
Le sculpteur sur la pierre verse l’eau goutte à goutte
invite une tremblante lumière à descendre du firmament
et fouillant le cerveau de la pierre fouillant son nombril
brandit sa lourde masse

Par seul désir
d’entendre s’élever l’oppressante clameur …

Par pitié donnez-nous une vie qui se délabre au fil du temps
Donnez-nous par pitié l’extase de l’anéantissement

(Ooka Makoto)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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DANS UN LENT IMPARFAIT (Sándor Csoóri)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



DANS UN LENT IMPARFAIT

Lentement, afin que rien ne casse,
lentement, afin que rien ne passe,
lentement, afin que le coeur s’use debout.

En rampant vaguement, comme un roi-des-chenilles vert,
comme la vermine des charrettes à bras
à travers le temps calciné ; —
la jambe appartient dès lors à l’anéantissement
et déjà la main elle aussi se dessèche.

Lentement, tout comme en l’homme disparaît l’oiseau,
la ville dans les villes,
mon corps dans le corps du monde ; —
dans un lent imparfait,
devant un éclair de magnésium qui tarde.

(Sándor Csoóri)

Illustration: Chloe Yzoard

 

 

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Le bel anéantissement (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



on n’a jamais dit
cette joie qui mord les atomes

l’offrande dont on ne revient pas

le suicide aimé de la nuit

non pas l’âme en peine
mais le bel anéantissement

(Zéno Bianu)


Illustration

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La goutte (Gitta Mallasz)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2016



Là, chacun de mes sourires confiants mine les projets de la haine meurtrière.
Là, chacune de mes pensées constructives diminue les forces destructrices.
Là, chacune de mes demandes pour la paix atténue les feux de la guerre.
Là, par contre, chaque émotion négative ouvre grand la porte à l’envahisseur…

Chacun de nous est responsable du grand équilibre historique.
Donc, je ne suis pas la victime impuissante des évènements extérieurs,
mais peut-être bien la goutte toute puissante,
la goutte qui décidera de la vie ou de son anéantissement.

Qui, parmi nous, est conscient de sa « toute puissance » ?
Là, pourtant, commence la responsabilité de l’Homme.

(Gitta Mallasz)

 

 

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Je suis la joie devant la mort (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2016



Je suis la joie devant la mort.
La joie devant la mort me porte.
La joie devant la mort me précipite.
La joie devant la mort m’anéantit.
Je demeure dans cet anéantissement et à partir de là,
je me représente la nature comme un jeu de forces
qui s’expriment dans une agonie multipliée et incessante.
Je me perds ainsi, lentement,
dans un espace inintelligible et sans fond.
J’atteins le fond des mondes.
Je suis rongé par la mort.
Je suis rongé par la fièvre.
Je suis absorbé dans l’espace sombre.
Je suis anéanti dans la joie, devant la mort.

(Georges Bataille)

Illustration: Le Bernin

 

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