Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ange’

Labourage (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018




Des anges porteurs de glaive,
J’en vois de toute couleur,
Mais je n’aperçois qu’en rêve
Le bon ange laboureur.

On a besoin de main-d’oeuvre
Et l’on pourrait se passer
D’un bélître emplumassé
Ou d’un tueur de couleuvre.

Demi-tour, anges sabreurs,
Retournez d’où vous venez
Dire au ciel de nous donner
De l’ange, mais laboureur.

(Norge)


Illustration: Luc Olivier Merson

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FIN DU MONDE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



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FIN DU MONDE

Ce qui enveloppa le monde pour finir,
ce fut un grand ricanement.
Ricanement d’une résonance profonde.
On sentait que ça venait de loin et que ça irait partout.
Mais savoir qui ricanait : le créateur, le destructeur ?
Absolument impossible à dire.
En tout cas,
ce fut déprimant pour ceux qui attendaient
la juste trompette des anges.

(Norge)

 

 

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Madame, autour de vous tant de grâce étincelle (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


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Madame, autour de vous tant de grâce étincelle.
Mens blanda in corpore blando.

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle,
Votre chant est si pur, votre danse recèle
Un charme si vainqueur,
Un si touchant regard baigne votre prunelle,
Toute votre personne a quelque chose en elle
De si doux pour le coeur,

Que, lorsque vous venez, jeune astre qu’on admire,
Éclairer notre nuit d’un rayonnant sourire
Qui nous fait palpiter,
Comme l’oiseau des bois devant l’aube vermeille,
Une tendre pensée au fond des coeurs s’éveille
Et se met à chanter !

Vous ne l’entendez pas, vous l’ignorez, madame.
Car la chaste pudeur enveloppe votre âme
De ses voiles jaloux,
Et l’ange que le ciel commit à votre garde
N’a jamais à rougir quand, rêveur, il regarde
Ce qui se passe en vous.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Lynch

 

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Ces choses du coeur (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



    

ces choses du coeur
une extrémité
toujours trop présente

un certain frisson
le vrai corps soudain
qui dit sa nature

et la chair dedans
animal criant
coincé sous l’esprit

l’ego s’en amuse
ou s’en désespère
il se croit lucide

mais qui sommes-nous
livrés à la bête
pour inventer l’ange

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Automne en ville (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



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Automne en ville

Les quelques arbres de la ville,
Avec un ensemble émouvant,
Font pleuvoir leurs feuilles tranquilles
Sur les enfants.

Et l’on dirait que dans les rues
Et dans les cours où l’ombre dort,
Une main inconnue
Fait doucement pleuvoir de l’or.

Les tramways vont, les autos filent,
Les gens se pressent sans rien voir,
Un avion fait sur la ville
Une ombre de grand oiseau noir.

Un large soleil de nickel
Brille, glacé, aux devantures.
Plus un ange ne s’aventure
Sur les hauts trapèzes du ciel.

Et polie ainsi qu’un ivoire
Derrière un petit rideau blanc,
Une vieille sourit de voir
S’affairer sans fin les passants.

(Maurice Carême)

 Illustration

 

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L’étrange jeu (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

coeur

L’étrange jeu

L’ange jouait avec le sang,
-Rien ne peut effrayer un ange-
C’était le sang d’un innocent.
Le jeu semblait étrange.
Il y avait tant d’innocence
Dans le jeu étrange de l’ange !
Il dessinait avec le sang
Un cœur dans la poussière.
Mais une secrète lumière
Coulait de son doigt, projetant
Un cœur sur l’univers.

(Maurice Carême)

 

 

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Au loin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018




    
Au loin, mille milans mêlés aux nues;
Plus proche, un sansonnet tout en louange.
Alors, souffle le juste Vide-médian,
Alors, nous traverse, inattendu, l’ange.

(François Cheng)

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard
    

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Ce rai d’après-midi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2018



Illustration
    
Ce rai d’après-midi pénétrant
Ton sombre logis, toi l’avorton,
Tu le sais l’ange venu de loin,
De la nuit des temps : annonciation.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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À COMPLIES (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
À COMPLIES
In manus tuas, Domine.
(Office de Complies.)

Ton ange a pris le bien et le mal que j’ai faits,
Ô Père, tes moissons exactes sont rentrées.
Les routes de salut se sont enchevêtrées…
Ferme le jour stérile ou plein, bon ou mauvais.

Mon âme en vain cherche le fil de sa mémoire
Et se heurte dans l’ombre à des pensers confus,
Démesurés, béants et comme un bois touffus,
Ou si petits que je les perds en la nuit noire.

C’est l’heure où lentement des orbites sans yeux
S’ouvrent comme des puits fixes dans les ténèbres,
Où le ver des tombeaux ondoie en nos vertèbres.
Délivre-nous du mal, notre Père des cieux.

Aux quatre murs les navettes des araignées
Tissent à petits coups l’ombre en mille filets.
Une à une j’entends derrière les volets,
Une à une mourir les lampes éloignées.

Que reste-t-il du soir ? À quand le jour nouveau ?
Sans le savoir vais-je aux ténèbres éternelles ?
Je ne vois rien, plus rien qu’au bord de mes prunelles
Le reflet tournoyant de mon propre cerveau.

J’entre dans le sommeil, aveugle et sans défense.
O mon Père, voici la clef de ma maison.
Garde tout ce que j’ai, ma vie et ma raison,
Et ta Grâce : le Ciel dont tu me fais l’avance.

Bonsoir Père ! J’ai mis mes deux mains dans ta main.
Le sommeil — ou la mort — traverse la nuit brève.
Souffle un peu sur la bulle errante de mon rêve
Pour qu’elle apporte en moi mes roses de demain.

Bonsoir Père ! Tes doigts ont scellé mes paupières,
Le sommeil — ou la mort — s’en vient à pas légers
Et vers minuit m’appelleront douze dangers.
Mais je m’endors sans crainte en chantant mes prières.

Car je te sais, ô Père, assis à mon chevet
Et si quelque vertige affole et perd mon âme,
Tu la retourneras vers Toi, comme une femme
Retourne dans le lit son petit qui rêvait.

Je ne suis pas un saint, mon Dieu, pour que tu veuilles
Me bercer dans tes bras et chasser mes frissons.
Je ne suis qu’un enfant, je n’ai que mes chansons
Et je ne vaux pas mieux qu’un oiseau sous les feuilles.

Et je ne sais pourquoi tu m’aimes… Les chemins
Me mènent tous à Toi, sans lutte, sans secousse ;
Le sommeil — ou la mort — glisse dans la nuit douce…
Bonsoir Père, reçois mon âme entre tes mains.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA CLOCHE DE LA BASTIDE-CLAIRENCE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



 

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LA CLOCHE DE LA BASTIDE-CLAIRENCE

Lorsque, dans un silence aussi grand que la mort,
Parmi ces monts perdus où sont de rares granges,
L’annonciation sonna, du vent du nord,
La cime de mon coeur se courba comme l’ange.

(Francis Jammes)

 

 

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