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Poésie

Posts Tagged ‘ange’

ANTIBUCOLIQUE (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Illustration: Gustav Klimt   
    
ANTIBUCOLIQUE

Un vautour avec un morceau de viande rouge dans le bec
paraissait manger sa propre poitrine.

Des seins tombaient
sur un ventre comme deux serpents.

Un chien jaune léchait les ombres des pierres,
le chien sans maître affamé d’amour.

Dans la plaine, une machine invisible sifflait.
Passait l’Ange des Mystères quotidiens,

voyageant mystérieux et sans valise
dans le train de midi.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Je suis un arbre (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration
    
 
Je suis un arbre
et respire mon
feuillage chuchotant

Du ciel
descend un ange
et embrasse
mes racines

***

Ich bin ein Baum
und atme mein
flüsterndes Laub

[tom Himmel
kommt ein Engel
und küsst
meine Wurzeln

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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L’ange de verre est descendu Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



L’ange de verre est descendu, l’oiseau
géant, la sentinelle des brouillards,
et le sommeil d’amour en fut voilé,
l’ombre de l’aile troublant l’eau
des seins légers sur le sable entrouvert.

Insaisissable cri sur une bouche où rage
la tempête de plumes, et déjà voici l’heure
et la rosée pesante où se séparent
jour et nuit, chair et cristal.

Un soleil bleu s’accroît. L’ange de verre
emplit les chambres nues, griffes serrées
sur les épaules des amants qui se délient.

Dans le jardin, rampe sur les terrasses,
comme un grand félin noir, échevelé,
l’odeur très pourrissante de l’automne.

(Jean Joubert)

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On me dit que les anges sont visibles des arbres (Charles le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



 

On me dit que les anges
Sont visibles des arbres
Qu’il suffit de monter
Au haut des sycomores
De mettre sur son front
La main grave de l’aube
Et de regarder droit
Le jour qui veut éclore
Pour les voir apparaître
Et bouger tous ensemble
Comme un vol de pigeons
Qui monte à l’horizon
Comme un vol de moutons
Sauvés des transhumances
Et qui bêlent d’audace
Au-devant du berger
Qui les mène brouter
Où le ciel les efface.

On me dit que les anges
Sont visibles des arbres
Qu’il suffit pour les voir
Dans leur terrible gloire
D’exercer sa mémoire
Et d’attendre qu’ils passent.

(Charles le Quintrec)

Illustration: Antonio Chacon

 

 

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A La Jésus (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration

    

A La Jésus

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air en marchant dans ma rue
De chercher sur la terre le paradis perdu
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
Un peu beaucoup à la folie
Et c’est pour ça que je l’ai crue
Un peu beaucoup à la folie

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air devant Monsieur le Maire
D’avoir trouvé sur terre le paradis perdu
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
C’est pour la vie, c’est pour la vie
Et c’est pour ça que je l’ai crue
C’est pour la vie, c’est pour la vie

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air quand je rentrais le soir
De ne jamais me voir quand je lui disais bonsoir
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
Que j’avais vieilli, que j’avais vieilli
Et c’est pour ça que je l’ai crue
Et j’ai vieilli, et j’ai vieilli

Avec ses cheveux à la Jésus
Avec ses yeux d’ange déchu
Avec ses mains de pharisienne
Avec son sourire de chrétienne

Elle avait l’air quand elle l’a rencontré
D’avoir enfin trouvé son paradis perdu
Et c’est pour ça quand elle m’a dit
Que c’était fini, que c’était fini
Et c’est pour ça que je l’ai crue
Et je suis parti, et je suis parti, et je suis parti, et je suis parti….

(Maurice Fanon)

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Mon ange (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



Mon ange, vois, je te loue,
Après t’avoir oublié
Par le bas je suis lié
A mes chaussures de boue.

(Jean Cocteau)


Illustration: Fanny Verne

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Un ange passe (Fabienne Casteilain)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Un ange passe
Et le silence pesant
Avant-goût du chaos
L’assourdit de son
Oppressante masse
Un ange n’y comprend rien
Quel enfer l’ici-bas

Un ange repasse
Le haut de ma chemise
En vibre imperceptiblement
La brise qu’il déplace
Dans mon cou dénudé
Signe son désespoir
De ne plus jamais avoir
D’oreilles sur la terre

Un ange trépasse

(Fabienne Casteilain)

 

 

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L’Atelier des mondes (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Ernest Pignon-Ernest   ff2

L’Atelier des mondes
(extraits)

il faut écouter longtemps
tomber la nuit
pour parvenir au noir
au fond noir des choses

saisir
la tombée du noir
de la vie
l’ombre du plus sombre
au plus bas
la suie du désespoir

~

dans la caverne
on avale la nuit
de toutes ses forces

la douleur s’écrit
au plus sombre du temps

jusqu’au bleu du noir
où la main crépite
dans la caverne
tout au fond des nerfs
c’est un espace
à brûler les anges

~

quand l’horizon
s’épuise
à l’affût
des voix d’outre-bleu

les copistes de l’abîme
vont à l’origine du livre
hauts récits de ciel
arc-en-nerfs
à bleu ouvert

(Zéno Bianu)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Quittant le monde tu ouvres un livre (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Anker, Sinnender Knabe - Anker / Boy musing -

Quittant le monde tu ouvres un livre :
une boîte à silence, familière, ouvragée,
délivrant un diable-doux, un ange-acide.
Fermant le livre, tu gagnes enfin ce qui n’est plus ni du monde, ni des mots :
la bonté ou le désespoir.

Allant hors de toi pour mieux te rapprocher du centre,
jusqu’à ce point du plus grand trouble
qui est aussi celui de la plus grande paix.

(Christian Bobin)

Illustration: Albert Anker 

 

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MAISON ET CONDUITE (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017




    
MAISON ET CONDUITE

Les parties lumière
et les parties noires
du vaste manoir
découpent en plein
milieu mon cœur.

Je suis l’un ou l’autre
mouvant caractère
selon la lumière
qu’en moi il infuse
ou qui se refuse.

Ange-de-splendeur,
petite crapule,
je n’ai pas contrôle
sur moi dans la cave
ou sur le balcon.

Serai-je les deux
à l’exact instant
où j’ouvre la porte,
encore hésitants,
et la porte et moi?

Le vaste manoir
de lumière-et-d’ombre
c’est lui qui décide
comme jugera
de moi l’opinion
des grands, sans appel
pour mon moi confus
dans l’indéfinie
tombée de la nuit.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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