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Poésie

Posts Tagged ‘ange’

En retirant ses poutres (Yànnis Stiggas)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2019



    

En retirant ses poutres
on fera tomber paroles et charbons-paroles
on fera tomber l’ange aveugle

(Yànnis Stiggas)

 

Recueil: Vagabondages du sang
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Des Vanneaux

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Nous sortirons du monde (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ettore Aldo Del Vigo -  (38)

Nous sortirons du monde et des mots par l’étrange
polyphonie abstraite où se taisent les anges.
Nous sortirons de la littérature, adieu
toute graphie, adieu, rien que l’orgasme. Feu !

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

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En l’an trois mille (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


Adrian Chesterman 86

 

Nous n’avions rien et c’était peau de l’ange.
On nous disait de bâtir nos maisons,
qu’en l’an trois mille adviendrait la revanche,
symbole et foi, la joie des compagnons,
qu’au crayon bleu à biffer les frontières
la Terre en bloc serait un seul Pays,
que le Sacré remplacerait la guerre,
et que l’enfer deviendrait paradis.
C’est l’an trois mille et sommes en jachère
à repenser le problème des sots.
– L’argile tremble encore au cimetière
et l’on entend le combat des robots.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Adrian Chesterman

 

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Regarde (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Regarde, des anges diffusent à travers l’espace
leurs sentiments qui ne cessent jamais.
Notre incandescence leur serait froideur.
Regarde, des anges rougeoient à travers l’espace.

Cependant qu’à nous, qui n’en savons rien d’autre,
tantôt une chose se refuse, tantôt une autre échoit en vain,
eux marchent, enthousiasmés par ce qu’ils ont à accomplir,
à travers leur domaine pleinement achevé.

***

Siehe. Engel fühlen durch den Raum
ihre unaufhörlichen Gefühle.
Unsre Weißglut wäre ihre Kühle.
Siehe, Engel glühen durch den Raum.

Während uns, die wirs nicht anders wissen,
eins sich wehrt und eins umsonst geschieht,
schreiten sie, von Zielen hingerissen,
durch ihr ausgebildetes Gebiet.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Comme le vent du soir (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019


 

Comme le vent du soir
sur les faux que les moissonneurs ont à l’épaule,
l’ange va doucement
sur le tranchant innocent des douleurs.

Il se tient des heures durant
aux côtés du cavalier ténébreux,
il va du même pas
que les sentiments sans nom.

Il se dresse comme une tour au bord de la mer
disposé à durer, infiniment ;
ce que tu sens, c’est Lui,
malléable au plus profond de l’inflexibilité,

afin que dans la roche de détresse
la druse étroite des larmes
où il n’y a plus d’eau depuis longtemps
se résolve en améthystes.

***

Wie der Abendwind
durch geschulterte Sensen der Schnitter
geht der Engel lind
durch die schuldlose Schneide der Leiden.

Hält sich stundenlang
zur Seite dem finsteren Reiter,
hat denselben Gang
wie die namenlosen Gefühle.

Steht als Turm am Meer,
zu dauern unendlich gesonnen;
was du fühlst ist Er,
im Innern der Härte geschmeidig,

daß im Notgestein
die gedrängte Druse der Tränen,
lange wasserrein,
sich entschlösse zu Amethysten.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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L’ange (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



L’ange est toujours l’empreinte
d’un pas
que tu laisses.

(Christian Viguié)

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NUIT D’ÉTÉ (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



NUIT D’ÉTÉ

La nuit tombe, calme et lente,
Poésie ou bien destin…
La lune au ciel, somnolente…
— Allons viens, viens !

Il fait frais, il fait tranquille
Et le bois de charme est plein…
Les tilleuls aux fleurs graciles,
Poésie ou bien destin

Doux parfums loin à la ronde
Poésie ou bien destin,
Où que tu sois par le monde
— Allons viens, viens !

Au-dessus de nous les anges
Chanteront un chant divin…
La nuit claire, bleue, étrange,
Poésie ou bien destin.

(George Bacovia)

 

 

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LA CAGE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
LA CAGE

Dehors, du soleil.
Ce n’est qu’un soleil
mais les hommes le regardent
et ensuite ils chantent.

Je ne sais rien du soleil.
Je sais la mélodie de l’ange
et le sermon brûlant
du dernier vent.
Je sais crier jusqu’à l’aube
quand la mort se pose nue
sur mon ombre.

Je pleure sous mon nom.
J’agite des mouchoirs dans la nuit
et des bateaux assoiffés de réalité
dansent avec moi.
Je cache des clous
pour maltraiter mes rêves malades.

Dehors, du soleil.
Je m’habille de cendres.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Les aventures perdues
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Ypfilon

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L’aisselle (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019




Illustration: Carole Cousseau
    
L’aisselle

Beauté de cette aisselle où perle

une sueur déjà d’agonie
Si quelque neige à l’envers de la lumière éclaire un creux

Dans ta cave une lumière perlée entre l’herbe des morts

Aisselle ô tombe à mon crâne approché en toi et qui se repose

Comme beauté de ce repos définitif
Sous l’herbe des morts et la neige
Aisselle à l’envers de toute lumière
Quand les anges chanteront ou se tairont dans la cave

Et que l’on se souviendra de ton creux moiré à l’air libre

Un jour mon crâne en toi ce repos avait cherché

(Jacques Chessex)

 

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Ah, tu croyais (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Edvard Munch

Ah, tu croyais que j’étais de celles
Qu’on peut oublier,
Que j’irais me jeter, pleurant, priant,
Sous les sabots de ton cheval blanc.

Que j’irais demander aux sorcières
Une racine trempée d’eau magique,
Et t’offrirais en cadeau maléfique
Mon précieux mouchoir parfumé.

Sois maudit. Pas un regard, pas une plainte,
Je ne toucherai pas à ton âme exécrée,
Mais je te jure par le jardin des anges,
Sur l’icône des miracles je le jure,
Et sur l’ardente ivresse de nos nuits —
Jamais vers toi je ne reviendrai.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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