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Poésie

Posts Tagged ‘angélique’

Être angélique (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


Ce petit corps charmant que semble avoir sculpté la main la plus habile
Comme il est là flottant, souple et sans ossature, au mollusque pareil!
En lui tout est organe, et tout s’y articule, et tout y plaît aux yeux.
Tout y est fait selon les normes, tout y est mobile à volonté.
Des hommes, j’en connais, des animaux aussi, tant oiseaux que poissons,
Et maints reptiles bien à part, miracles nés de la grande nature;
Pourtant je te regarde avec stupeur, Bettine, adorable miracle,
Toi qui es tout cela ensemble et qui, de plus, es un être angélique.

***

Wie, von der künstlichsten Hand geschnitzt, das liebe Figürchen,
Weich und ohne Gebein, wie die Molluska nur schwimmt!
Alles ist Glied, und alles Gelenk, und alles gefällig,
Alles nach Maßen gebaut, alles nach Willkür bewegt.
Menschen hab ich gekannt und Tiere, so Vögel als Fische,
Manches besondre Gewürm, Wunder der großen Natur;
Und doch staun ich dich an, Bettine, liebliches Wunder,
Die du alles zugleich bist, und ein Engel dazu.

(Goethe)

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SILENCE ABSOLU (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



 

Mario Sanchez Nevado

SILENCE ABSOLU

Quand la lumière éternelle nous enveloppera, où nous
trouverons-nous.

Oh ! nudité de tous les très beaux vêtements,
Les ornements brillants inestimables du soleil.
Nudité de l’amour et de la mort.

Sang figé pour toujours, sang cristallin,
Sang angélique, fragile,
Sang d’azur, immobile, pur,
Au-dessus de toutes les solitudes
Où plane la lumière,
Au-dessus de toutes les plaies,
Bien haut, vers le froid absolu.
Oh ! beauté immaculée et neigeuse,
Comme les montagnes inapprochables où marche le soleil.
Au-dessus de l’amour, au-dessus de la mort,
Là où vont nos rêves,
Les yeux étonnés, les grands secrets.

Silence absolu.

(Georges Themelis)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

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RÊVE D’ARTISTE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



RÊVE D’ARTISTE

Parfois j’ai le désir d’une soeur bonne et tendre,
D’une soeur angélique au sourire discret :
Soeur qui m’enseignera doucement le secret
De prier comme il faut, d’espérer et d’attendre.

J’ai ce désir très pur d’une soeur éternelle,
D’une soeur d’amitié dans le règne de l’Art,
Qui me saura veillant à ma lampe très tard
Et qui me couvrira des cieux de sa prunelle;

Qui me prendra les mains quelquefois dans les
siennes
Et me chuchotera d’immaculés conseils,
Avec le charme ailé des voix musiciennes;

Et pour qui je ferai, si j’aborde à la gloire,
Fleurir tout un jardin de lys et de soleils
Dans l’azur d’un poème offert à sa mémoire.

(Emile Nelligan)


Illustration: Patrick Marques

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Aède (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Aède

Loin du monde, il s’enivre de sa poésie.
Le monde, pour l’aède, est la belle chanson
des vers. Il a reçu, don de sa Fantaisie,
sans matière, immuable, une fière maison.

Vous direz : « Quelle vie froide et vaine ! Ô folie,
croire que notre vie se résume aux doux sons
de la flûte et rien d’autre ! » ou « Celui qui oublie
du combat pour la vie les austères leçons
a le coeur sec. » C’est un avis injuste et vain.

La Nature pour lui est un être divin.
La raison, cette aveugle, à grand tort vous convainc.
Sa maison a des murs d’émeraude magique.
« Sois sans crainte », y murmurent des voix angéliques ;
« pense, chante et sois fort, toi, l’apôtre mystique ! »

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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MAIS VOYEZ MON CHER ESMOY (Fabrice-Marin Caiétain)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Edmund Blair Leighton
    
MAIS VOYEZ MON CHER ESMOY

Mais voyez mon cher esmoy,
Voyez combien de merveilles,
Vous parfaites dedans moy,
Par vos beautés nompareilles
Vous parfaites dedans moy
Par vos beautés nompareilles

De telle façon vos yeux,
Votre ris, et vostre grace,
Vostre front et vos cheveus,
Et vostre angelique face.

Me brulent depuis le jour
Que j’en eu la connoissance,
Désirant par grande amour
En avoir la jouissance.

Que sans l’aide de mes pleurs
Dont ma vie est arrosée,
Long temps a que les chaleurs,
D’Amour l’eussent embrasée.

Au contraire vos beaux yeux,
Vostre ris, et vostre grace,
Vostre front et vos cheveus,
Et vostre angelique face.

Me gelent depuis le jour
Que j’en ai eu la connaissance,
Désirant par grande amour
En avoir la jouissance.

***

But see, my dear emotion,
See how many wonders
You bring to perfection in me
Through your matchless beauty

You bring to perfection in me
Through your matchless beauty.
In such a way your eyes,
Your smile and your grace,
Your brow and your hair,
And your angelic face

Have been burning me since the day
I frst knew them,
Wishing passionately
To have the pleasure of them;

So that, without the help of my tears
In which my life is soaked,
Long since the heat
Of Love would have set it ablaze.

On the contrary, your fair eyes,
Your smile and your grace,
Your brow and your hair,
And your angelic face

Have been freezing me since the day
I frst knew them,
Wishing passionately
To have the pleasure of them.

***

Seht nur meine Unruh‘,
Seht die vielen Wunder,
Die vollbrachtet Ihr in mir
Durch Eure Schönheit ohnegleich‘!

So entflammen Eure Äuglein,
Euer Lachen und Eure Anmut,
Eure Stirn und Euer Haar
Und Euer engelhaftes Antlitz

Mich seit dem Tag,
An dem ich sie erblickt‘
Und voll großer Lieb‘
Sie mein eigen nennen möcht‘.

Denn ohn’ die Hilfe meiner Zähren,
Die mein Leben stets benetzen,
Hätte längst die Liebesglut
Es in Brand gesetzt.

Im Widersatz Eure schönen Äuglein,
Euer Lachen und Eure Anmut,
Eure Stirn und Euer Haar
Und Euer engelhaftes Antlitz

Mich gefrieren lassen seit dem Tag
An dem ich sie erblickt‘
Und voll großer Lieb‘
Sie mein eigen nennen möcht‘.

(Fabrice-Marin Caiétain)

 

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Tu es entré dans le monde étrange (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Tu es entré dans le monde étrange
des compositions et des décompositions chimiques :

ta vie et ta mort terrestres, agrégations et désagrégations continuelles,
jusqu’au jour où il ne restera plus la moindre trace, le moindre souvenir
de cette chose immonde qui sera ton cadavre.

Aussi je ne sais quel fou trouvait-il avec raison à cette atmosphère terrestre
une désagréable odeur de cimetière, odeur inquiétante, disait-il,
et que ne pouvait dissimuler le bizarre et angélique parfum des fleurs.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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À E… (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



À E…

O TOI,
chaude comme l’enfer,
Ô toi, froide comme l’hiver,
Douce et dure, on dirait du fer
Et de la mousse,

Dure et douce comme la mousse
Et le fer, si dure et si douce,
Va ! sois toi-même ! Un vent te pousse.
Vent de printemps

Et vent d’automne, et tant d’autans
Et de zéphyrs sont palpitants
Dans tes grands yeux mahométans
De catholique

Que j’en reste mélancolique
Et joyeux: et sans plus d’oblique
Madrigal, je t’aime !
Ô réplique,
Diable angélique.

(Paul Verlaine)

Illustration: Jose Maria Bernardo

 

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Le soir d’été (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



    

Le soir d’été retient en adoration
Mille oiseaux bleus, charmants et fiers comme des vices
Cependant que s’opère en moi la fusion
D’Aphrodite et d’Hermès avec que de délices !

Le jeune Ange du, lieu me jette un oeil propice,
Et je célèbre la messe de Passion,
En attendant au ciel magique de Sion,
La lune qui doit agréer le Sacrifice.

Des lampyres par l’herbe éveillent sous mes pas
Des clartés que l’Etoile angélique n’a pas ;
Et tout un pan de ciel adorable s’incline

Vers ia masse fleurie et sombre des halliers,
Où je vois, aux accents de la Flûte apriline,
Les Sexes s’irruer comme autant de béliers.

(Ernest Raynaud)

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Soupir (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Soupir

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,
Un automne jonché de taches de rousseur,
Et vers le ciel errant de ton oeil angélique,
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur!
– Vers l’Azur attendri d’octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie,
Et laisse sur l’eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d’un long rayon.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Zofia Rozwadowski

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L’angélique (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



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L’angélique

Ravissante angélique
La mésange a chanté,
Disant dans sa musique
La douceur de l’été.
Angélique du soir,
Mésange des beaux jours,
Angélique d’espoir,
Angélique d’amour.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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