Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘angoisse’

Toi qui étais avant les montagnes et les nuages (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Toi qui étais avant les montagnes et les nuages,
avant la mer et les vents.
Toi qui es avant que fussent toutes choses
et dont la joie et la peine sont plus vieilles que les étoiles
Toi qui a cheminé éternellement jeune par les voies
et franchi les noirs abysses qui les séparent.
Toi qui étais seul avant toute solitude
et dont le cœur était empli d’angoisse bien avant aucun
cœur d’homme —
ne m’oublie pas.

Mais comment pourrais-tu te souvenir de moi.
Comment la mer se souviendrait-elle du coquillage
qu’autrefois elle portait dans ses flots.

***

Du som fanns före bergen och molnen,
fört havet och vindarna.
Du vars begynnelse är före alla tings begynnelse
och vars glädje och sorg är äldre än stjärnorna.
Du som har vandrat evigt ung över vintergator
och genom de stora mörkren mellan dem.
Du som var ensam före ensamheten
och vars hjärta var fullt av ängslan långt före något
mänskohjärta —
glöm inte mig.

Men hur skulle du kunna minnas mig.
Hur skulle havet kunna minnas havssnäckan
som det brusade igenom engäng.

(Pär Lagerkvist)


Illustration

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Lassitude (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




    
Lassitude

Il est de ces longs jours d’indicible malaise
Où l’on voudrait dormir du lourd sommeil des morts ;
De ces heures d’angoisse où l’existence pèse
Sur l’âme et sur le corps :

Alors on cherche en vain une douce pensée,
Une image riante, un souvenir fécond ;
L’âme lutte un instant, puis retombe affaissée
Sous son ennui profond.

Alors tout ce qui charme et tout ce que l’on aime
Pour nos yeux dessillés n’a qu’un éclat trompeur ;
Et le bonheur rêvé, s’il vient, ne peut pas même
Vaincre notre torpeur.

(Louise Colet)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il suffit d’un regard (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




    
Il suffit d’un regard pour que germe la haine
et déferle l’angoisse au fond des galaxies
il suffit d’un regard pour que mon être porte
aux sommets du plaisir les épaves de toi

Il suffit d’un regard pour que pleure la neige
et que monte la sève au levain de l’amour

il suffit d’un regard pour se tordre et s’enfuir
et d’un regard aussi pour que gicle le rêve!

Il suffit d’un regard pour que gronde la pierre
d’un regard qui embrasse et moule l’univers
il suffit d’un regard pour dans une prière
voir s’étendre la vie au néant vaste et mou !

(Nadia Tueni)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il est, chaque jour, une heure trouble et lourde (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




Il est, chaque jour,
Une heure trouble et lourde.
Je parle, sans ouvrir mes yeux ensommeillés,
À voix haute avec mon angoisse.
Elle a un battement comme le sang.
Elle est tiède comme une haleine.
Comme un amour heureux
Elle est raisonnable et méchante.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Benoit Colsenet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui… (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




    
Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui…

Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui:
Il a oublié d’écrire, ou alors il est parti;
Le printemps, suite de rires argentés;
Dans le golfe, les navires se balancent.
Je n’ai pas eu de lettre aujourd’hui.

Il était là, il n’y a pas si longtemps,
Amoureux, tendre, et tout à moi…
C’était alors l’hiver blanc, aujourd’hui
C’est le printemps, sa tristesse meurtrière;

Il était là, il n’y a pas si longtemps…
J’entends l’archer léger qui tremble,
Il se débat, dans l’angoisse de la mort,
J’ai peur que mon coeur se brise, et
De ne pouvoir terminer ces lignes douces.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis un songe de liberté (Ketty Nivyabandi)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




    
Je suis un songe de liberté

Je suis ton aube
Je suis ta nuit
Je suis une poussée de fièvre
Je suis un battement d’aile
Je suis une ardeur lycéenne
Je suis un cri sans fin
Je suis cette main tendue au coin d’une rue
Je suis cette faim qui rend toute pensée frêle
Je suis le sommeil d’un peuple millénaire
Je suis une angoisse inexpliquée
Je suis cette femme qui vient d’être aimée
Une langueur qui tâtonne
et guette l’aurore du fond d’une falaise
Un désir, un souvenir de ce que tu fus
Longtemps,
Longtemps,
Avant d’être ce que tu es.
Je suis un songe de liberté
Et cette nuit,
C’est de toi,
Terre d’émeraude,
Que j’ai rêvé.

(Ketty Nivyabandi)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je t’aime (Michaële Lafontant)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter -   (25)

Je t’aime
Dans les regards désespérés
Des enfants qui errent
Sans pain

Je t’aime
Dans les soupirs déchirants
Des corps paralysés
Par l’angoisse

Je t’aime
Dans la voix plaintive
Des vieillards en guenilles
Qui mendient

Je t’aime
Dans la vague de sang
Des martyrs du monde entier
Qui s’immolent

Je t’aime
Dans la tristesse des jours de fête
Où les déshérités de tout
Se saoulent

Je t’aime
Dans la détresse inhumaine
De nos frères exploités
Qui revendiquent

Je t’aime
Dans la douceur du soleil levant
Où l’espoir chaque jour
Grandit

Je t’aime
Dans la pénombre du soir
Où le jour qui n’est pas un jour
Se meurt

Je t’aime
À travers tous les hommes
Car en toi se résume
Le Monde

(Michaële Lafontant)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La délectable angoisse (Benjamin Fondane)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017



la délectable angoisse
de gaspiller l’éternité
pour une longue et pleine minute de néant.

(Benjamin Fondane)

Illustration: Eugène Begarat

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

AUJOURD’HUI l’Eros fatal (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



AUJOURD’HUI l’Eros fatal, amer et doux,
L’Eros qui ressemble à la Mort, me tourmente,
Maîtrise mes flancs et brise mes genoux
Dans l’angoisse ardente.

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandru Darida

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

COMPAGNES, voici la Maison du Poète (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



COMPAGNES, voici la Maison du Poète
Où la Mort se tait, où le deuil n’entre pas ;
Ne gémissez plus dans l’angoisse inquiète
Du commun trépas.

Parsemez de fleurs aux haleines légères
Le seuil où pleuraient les chants graves et doux ;
Arrêtez le flot des larmes passagères
Indignes de nous.

(Renée Vivien)

Illustration: Arthur Hughes

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :