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Posts Tagged ‘angoisse’

J’aime un regard d’Agonie, car je sais qu’il est vrai (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



J’aime un regard d’Agonie,

Car je sais qu’il est vrai –

On ne singe pas la Convulsion,

On ne feint pas, des Affres –

L’œil se fige d’un coup – et c’est la Mort –

Impossible de simuler

Les Perles sur le Front

Par la fruste Angoisse enfilées.

(Emily Dickinson)

Illustration

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Extase (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



 

Chaque moment d’extase
Se paie d’une angoisse
Vive et frémissante
Tout à proportion
Chaque heure adorée,
D’années faméliques,
De liards amers et disputés,
De coffres remplis de larmes !

***

For each extatic instant
We must an anguish pay
In keen and quivering ratio
To the extasy.
For each beloved hour
Sharp pittances of year –
Bitter contested farthings –
And coffers heaped with Tears !

(Emily Dickinson)

 

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Pose ta tête sur mon épaule (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Pose ta tête sur mon épaule
Car mon épaule
Sait des choses
Que ta tête n’ose imaginer
Et que ta bouche ne peut dire
Le destin le dit
Que l’un de nous doit être le vent
L’autre un arbre dans le vent
Ou un arbre dans un jour sans vent
Le destin le dit
Ta naissance pendant la guerre
Annonce ma fin.

Ma fin sera tienne ce jour
Combien de temps vont-ils poser
Sur nous des pactes d’angoisse,
Des traités de désespoir ?
Laisse-moi l’exprimer ainsi :
Le temps ne se suffit pas pour être
Deux ensemble deux fois
Pour une seule durée de vie.
Laisse-moi l’exprimer ainsi :
Même cette tendresse, même ce cœur limité
N’est rien qu’une épaule.
Repose-toi, repose-toi, pour cela.

(Yehuda Amichai)

Illustration: Rémy Disch

 

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Quel nom donner à ce langage (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Toujours les mots nous font imaginer l’être où ne se
trouve que la simple réalité.

Quel nom donner à ce langage qui pourrait s’en tenir
à la pauvreté du réel ?

Quel nom donner à ce langage qui saurait parler de
ce qui n’est pas ?

***

Un langage du réel, en sa nudité, sa simplicité
natives. Un langage d’avant la connaissance du bien et du mal.

Un langage affranchi de toute vérité. Témoin seulement d’une présence.

Des mots pour ne rien dire. Pour dire précisément ce rien.

***

Les mots du langage ordinaire veulent toujours, malgré nous, trop en dire.
Mais ces mots-là, que nous diraient-ils ? Étrangement muets. Comme les choses.

Des mots qui seraient là. Un grouillement d’existence, sous nos yeux. Imperceptible.

Un langage d’avant la tentation de l’être.
Non plus ce discours délirant qu’invente notre angoisse.

***

Voici tant de siècles que le discours de l’être nous tient prisonniers en sa caverne.
Nous sommes tellement habitués à ses ombres et ses clartés.
Nous en avons oublié l’immensité nocturne du ciel.

Maintenant, simplement faire silence.
Nous laisser saisir par le silence des choses.

Entrer dans cette nuit sans peur.
Accepter que chaque corps, chaque instant reposent en cette obscurité.

(Gérard Pfister)

Illustration: René Magritte

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La vie ne dure que quinze jours (Casimir Prat)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



La vie ne dure que quinze jours

Si l’on retenait, simplement, dans le désordre et sans vouloir juger de leur importance respective :

les quelques instants où nous sommes tombés amoureux,

les quelques minutes que nous avons passées à rêver
devant tel tableau ou à l’audition d’une certaine mélodie ;

la demi-heure où notre regard s’est trouvé hypnotisé par le poudroiement de la lumière,
une fin d’après-midi, en août, le long du tronc d’un tilleul ;

la durée infinitésimale au cours de laquelle, en plongeant dans un ruisseau de montagne,
notre corps a ressenti ce qu’était vraiment la fraîcheur ;

le soir où nous avons détaché pour toujours notre main du barreau de fer d’un certain portail ;

le matin, en nous levant, quand nous avons constaté tout le sable que nous avions encore gardé dans nos chaussures ;

l’interminable seconde pendant laquelle nos doigts ont effleuré la main ou la joue d’un mort ;

la fin de la matinée où nous avons enfin reconnu notre nom dans la liste des « Admissibles » ;

le temps qu’a exigé pour notre esprit de réaliser que quelqu’un qui nous tournait le dos en définitive pleurait silencieusement ;

l’instant où nous avons lu pour la première fois les pages qui commencent ainsi :
 » Longtemps je me suis couché de bonne heure  » et les avons trouvées au début rébarbatives et sans grand intérêt ;

la nuit où nous avons lu L’île au trésor d’un seul trait ;

le moment d’angoisse que nous avons traversé en pensant qu’à sa descente du train, il (ou elle) ne nous reconnaîtrait pas ;

ce bout de route en voiture, quand, à la couleur des feuilles des platanes qui la bordaient,
il nous a semblé évident que les étés ne seraient plus pour nous les mêmes qu’avant ;

tout cela et quelques autres broutilles,
tous ces moments, dans une vie, si on les additionnait,
ne devraient pas dépasser une petite quinzaine de jours, non ?

( extrait de Le sable entre mes doigts)

(Casimir Prat)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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Lorsque le corps vidé (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2017



lorsque le corps vidé

d’avoir pleuré le jour
d’avoir pleuré la joie

(gerbe d’angoisse)

de chaume auréolé
on croise

le bleu regard qui fait jouir

(Martine Broda)

 

 

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Je cherche dans le temps mon vrai visage… (Gatien Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2017



 

Je cherche dans le temps mon vrai visage…
L’Univers n’est pas plus grand que mon coeur
Le temps ne va pas plus loin que mon sang…
O apprendre le terrestre sourire
Et cela d’une saison sans angoisse…

(Gatien Lapointe)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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QUAND TU VIENS CHEZ MOI… MON COEUR (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



 

QUAND TU VIENS CHEZ MOI… MON COEUR

Quand tu viens chez moi
Je ne sais pourquoi
Je suis ému comme un enfant
Mon coeur
Je suis angoissé
Jusqu’à ce baiser
Qui vient dissiper
Ma peur profonde
Et quand simplement
Amoureusement
Tu viens te coller contre moi
Mon coeur
A sentir ton corps
Là contre mon corps
Je m’enivre de ta tiédeur
L’envie de s’aimer
Nous prend tout entier
Et comme on le sait d’avance
On baisse les yeux
Et c’est merveilleux
De candeur et d’inconscience
Quand tu viens chez moi
II entre avec toi
Un tourbillon de volupté
Mon coeur
Un je ne sais quoi
Qui fait mal de joie
Qui nous oppresse et nous saisit
Mon coeur
Et quand vient le jour
Abattus d’amour
On s’endort quand tu viens chez moi.

(Charles Aznavour)

Illustration

 

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Je ne suis pas seule (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

Je ne suis pas seule à être fatiguée ,
malade, triste ou angoissée ,
je le suis à l’unisson de millions d’autres
à travers les siècles ,
tout cela c’est la vie.

(Etty Hillesum)

 

 

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On avance angoissé (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



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On avance angoissé
à tâtons dans le noir

En prières à genoux
devant l’autre mémoire

Le dernier souvenir
sa grille de cimetière

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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