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Posts Tagged ‘angoisse’

L’acte poignant et si grave d’écrire (René Char)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (35) [1280x768]

L’acte poignant et si grave d’écrire
quand l’angoisse se soulève sur un coude pour observer
et que notre bonheur s’engage nu dans le vent du chemin.

(René Char)

Illustration: Talon Abraxas

 

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COMMENT (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
COMMENT

Comment puis-je te le dire? Tu es proche irrésistiblement,
Tu es tel un fruit qui éclate dans le cœur,
Tu es le nom que porte la bouche muette
Semblable à une mer dans la paume de la terre.
Je palpe, et envie ma main qui palpe;
Palper, j’aspire à palper.
L’angoisse face à ce moment immobile ne passe pas:
Tu es ici à l’intérieur, ici est ici à l’intérieur.
Ici brûle le feu de l’âme,
Mais ne consume pas le feu du cœur.

(Amir Or)

 

Recueil: ITHACA 583
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache /
Editions: POINTS

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Chanson de l’attente (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Chanson de l’attente

Chaque arbre attend un oiseau
Chaque fontaine une soif
Chaque bouche espère une eau
L’angoisse appelle une angoisse.

Chaque cave attend son vin
Chaque aurore son soleil
Chaque main cherche une main
Chaque parole une oreille.

Moi qui attendais si peu
Moi qui n’espérais plus rien
Tu m’as donné mes seuls biens:
Ta faim ta soif et ton feu.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Tamara Lunginovic

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Tu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Tu

Tu opposes ton cœur ardent
A ma froide raison
Ton cœur aventureux
A mes angoisses.

Tu es le feu dans la cheminée
Qui brûle de tous ses tisons.

Tu es le vent sur la plaine
Qui emporte tout
Jusqu’au pied de la colline
Où le soleil se pose
Sur de mûres moissons.

Tu convoites l’espace
Avec tout ce qu’il contient.
Tu es l’incarnation de l’Etre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Fabienne Contat

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A la Divinité inconnue (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



A la Divinité inconnue

J’ASPIRE auprès de toi le silence et le charme
Des nuits où la douleur se plaît à demeurer,
Toi qu’on ne voit jamais essuyer une larme,
Mais dont parfois j’entends la grande âme pleurer.

Le miroir réfléchit tes chastes attitudes,
Et tu fuis le factice et le faste et le fard.
Tes lèvres ont gardé le pli des solitudes
Et l’accent des bonheurs qui nous viennent trop tard.

Le décor de ton deuil est la chambre sereine
Où meurt languissamment le bruit lointain des eaux.
Les souffles de la mer n’ont soulevé qu’à peine
Le soir perpétuel sous l’ombre des rideaux.

Vers toi le songe pur de mon âme s’élève,
Mon angoisse ne cherche point à s’apaiser,
Car tu m’es inconnue et n’existes qu’en rêve.
C’est pourquoi je t’adore au-dessus du baiser.

(Renée Vivien)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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Hasard (Patrice Blanc)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Illustration    
    
Hasard

des pluies de sang

au creux de l’oubli
au bout de l’angoisse
le hasard ne brille pas

tu es déshabillée
lumineuse et heureuse
je te prends par le cou
pour mieux sentir tes vaisseaux
ta texture de vie
tes humeurs
tes tissus

des pluies de sang
dans un corps à corps

le hasard est un film …

(Patrice Blanc)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: De sang, de nerfs et d’os
Traduction:
Editions: du Contentieux

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C’est l’angoisse de la séparation (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration:  Jean Zakarauskas
    
C’est l’angoisse de la séparation
qui s’épand par tout le monde
et donne naissance à des formes sans nombre
dans le ciel infini.

C’est ce chagrin de la séparation
qui contemple en silence toute la nuit d’étoile en étoile
et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles
dans la pluvieuse obscurité de juillet.

C’est cette envahissante peine
qui s’épaissit en amours et désirs,
en souffrances et en joies dans les demeures humaines,
et, de mon coeur de poète, c’est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Entre mots et néant (Évelyne Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Guy Baron

Entre mots et néant
l’encre trébuche
devant l’angoisse de naître
Comment garder
le poids de ta main
au chaud dans cette blessure
exclusivement mienne?

Amour des espaces interdits
rejoins-moi
en marge de ce qui fut

(Évelyne Trouillot)

Illustration: Guy Baron

 

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Pourquoi te déguises-tu (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Pourquoi te déguises-tu
En vent, en pierre, en oiseau ?
Pourquoi me souris-tu du ciel
Comme un éclair inattendu ?

Cesse de me tourmenter ! Ne me touche pas !
Laisse-moi à la gravité de mes soucis …
Un feu ivre passe en vacillant
Sur les marais gris desséchés.

La muse dans sa robe trouée
Chante d’une voix traînante, monotone.
Sa force miraculeuse
Est dans son angoisse cruelle et jeune.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Ils volent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Ils volent, ils sont encore en route,
Les mots de délivrance et d’amour,
En moi déjà monte l’angoisse, avant le chant.
Plus froides que glace, mes lèvres.

Bientôt, contre la vitre où les frêles bouleaux
Se pressent en un bruissement sec,
Des roses tresseront leur couronne écarlate
Et s’élèveront, invisibles, des voix.

Puis la lumière, généreuse à outrance,
Comme un brûlant vin rouge…
Et déjà dans ce vent odorant, surchauffé,
Ma conscience prend feu.

(Anna Akhmatova)

 

 

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