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Posts Tagged ‘angoisse’

Des flammes nous entourèrent (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



George Frederic Watts endymion-large [1280x768]

Des flammes nous entourèrent
sous nos pas l’abîme s’ouvrit
un silence de lait de gel d’ossements
nous enveloppait d’un halo

tu es la transfigurée
mon sort t’a cassé les dents
ton cœur est un hoquet
tes ongles ont trouvé le vide

tu parles comme le rire
les vents dressent tes cheveux
l’angoisse serrant le cœur
précipite ta moquerie

tes mains derrière ma tête
ne saisissent que la mort
tes baisers riant ne s’ouvrent
qu’à ma pauvreté d’enfer

sous le baldaquin sordide
où pendent les chauves-souris
ta merveilleuse nudité
n’est qu’un mensonge sans larmes

mon cri t’appelle dans le désert
où tu ne veux pas venir
mon cri t’appelle dans le désert
où tes rêves s’accompliront

ta bouche scellée à ma bouche
et ta langue dans mes dents
l’immense mort t’accueillera
l’immense tombera

alors j’aurai fait le vide
dans ta tête abandonnée
ton absence sera nue
comme une jambe sans bras

en attendant le désastre
où la lumière s’éteindra
je serai doux dans ton cœur
comme le froid de la mort

(Georges Bataille)

Illustration: George Frederic Watts

 

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HALLAGE (Christiane Burucoa)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



HALLAGE

Vous dites : la mort
Et ne savez que son angoisse
Vous dites : la nuit
Et elle vous étreint déjà.

Et lorsque la nuit sera là
Prête à investir vos paupières
La reconnaîtrez-vous, la mort
En l’ultime rayon de vie ?

Avant… Après… Les voix se taisent.
Vous demeurez seul et muet
Avec votre mort indivise
De l’instant qui lui est voué.

Vous voulez croire et vous croyez
Suivre des chemins de hallage
Le long des eaux d’éternité,
Eaux sans mémoire et sans reflets.

La barque descendra le fleuve
Son flambeau dès l’abord soufflé
Par le vent qui meut les étoiles
Dans un temps qui n’est plus compté.

(Christiane Burucoa)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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HOULE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2017



HOULE

Nuit de houle où l’âme est, au large du corps,
cette lumière en lutte avec l’angoisse aux
mille tentacules, la pieuvre aux bras de glu,
de silence et de lis…
Des lilas pleuvent de la lune

La lueur du hublot
s’ouvre clair puis se perd
sous les gerbes d’écume

Nuage ?
Naufrage ?

Mais nul ne sait bientôt,
tant la nuit devient lisse,
s’il passe dans l’espace
ou glisse dans l’abysse
le navire enlacé
aux lames de lis noir…

(Christiane Barrillon)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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Quarante ans (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



Quarante ans

Je connais peu ma vie. Je ne l’ai jamais vue
S’éclairer dans les yeux d’un enfant né de moi.
Pourtant j’ai pénétré le secret de mon corps. O mon corps !
Toute la joie, toute l’angoisse des bêtes de la solitude
Est en toi, esprit de la terre, ô frère du rocher et de l’ortie.
Comme les blés et les nuages dans le vent.
Comme la pluie et les abeilles dans la lumière,
Quarante ans, quarante ans, mon corps, tu as nourri
De ton être secret le feu divin du Mouvement :
Tu ne passeras pas avant le mouvement de l’univers.
Que le son de ton nom inutile et obscur
Se perde avec le cri du dormeur dans la nuit ;
Rien ne saurait te séparer de ta mère la terre.
De ton ami le vent, de ton épouse la lumière.
Mon corps ! tant que deux cœurs séparés, égarés ,
Se chercheront dans les vapeurs des cascades du matin.
Tant qu’un douzième appel de midi vibrera pour réjouir
La bête qui a soif et l’homme qui a faim ; tant que le loriot.
L’hôte des sources cachées, renversera sa pauvre tête
Pour chanter les louanges du Père des forêts ; tant qu’une touffe
De myrtil noir élèvera ses baies pour leur faire respirer
L’air de ce monde, quand l’eau de soleil est tombée,
errante poussière ! ô mon corps ! tu vivras pour aimer et souffrir.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration

 

 

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Jour et nuit (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Jour et nuit une angoisse cruelle m’accable
et je ne peux dormir.

Je soupire après le rendez-vous que me fixera mon Bien-Aimé
et je n’ai plus aucun plaisir à demeurer dans la maison de mon père.

Les portes du ciel sont ouvertes; j’entre dans le temple;
je rencontre mon époux et je dépose à ses pieds
l’offrande de mon corps et de mon esprit.

(Kabîr)

 

 

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Mon corps et mon esprit sont tristes (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration: Vincent Van Gogh

    

Mon corps et mon esprit sont tristes;
ils ont besoin de Toi.

Ô mon Bien-Aimé !
Viens à ma maison.

Quand on m’appelle ta fiancée, j’en suis honteuse,
car mon coeur n’a pas possédé ton coeur.
De quelle sorte est donc mon amour ?
Je n’ai pas faim; je n’ai pas de sommeil;
en Lui comme en dehors de Lui je ne trouve jamais de repos.

Comme l’eau est à l’altérée, ainsi est l’amoureux à la fiancée.
Qui portera mon message à mon Bien-Aimé ?

Kabîr est dans l’angoisse.
Il meurt de ne L’avoir pas vu.

(Kabîr)

 

 

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Se détend enfin (Ying Chen)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

Epuisé d’angoisse
Se détend enfin le corps
L’abeille est partie

(Ying Chen)

 

 

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Ils volent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Ils volent, ils sont encore en route,
Les mots de délivrance et d’amour,
En moi déjà monte l’angoisse, avant le chant.
Plus froides que glace, mes lèvres.

Bientôt, contre la vitre où les frêles bouleaux
Se pressent en un bruissement sec,
Des roses tresseront leur couronne écarlate
Et s’élèveront, invisibles, des voix.

Puis la lumière, généreuse à outrance,
Comme un brûlant vin rouge…
Et déjà dans ce vent odorant, surchauffé,
Ma conscience prend feu.

(Anna Akhmatova)

 

 

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J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Celui (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



Celui qui est modeste et content de son sort;
celui qui est juste, celui dont l’esprit est rempli de résignation et de paix;
Celui qui L’a vu et qui L’a touché, celui-là est libéré de la crainte et de l’angoisse.

Pour lui la pensée de Dieu est comme une pâte de santal répandue sur son corps.
Pour lui il n’y a aucune autre joie que cette pensée.
Une harmonie accompagne son travail et son repos ;
un rayonnement d’amour émane de lui.

Kabîr dit : «Touche les pieds de Celui qui est un, indivisible, immuable, paisible,
qui remplit de joie à pleins bords les vases terrestres et dont la forme est amour. »

(Kabîr)

Illustration

 

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