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Poésie

Posts Tagged ‘anguille’

Oiseaux (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




    
Oiseaux

Le trou dans le cerisier
semble le chas d’une aiguille
Le couple de moineaux friquets
s’y faufile comme des anguilles

Qu’il serait bon d’être comme eux :
Ceux qu’on aime au secret du nid
de grandes ailes dans le ciel
et puis se cacher tout petit

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les mensonges (Anonyme XVIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



    
Les mensonges

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une vache
Qui dansait sur la glace
A la Saint Jean d’été
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une grenouille
Qui faisait la patrouille
Le sabre au côté
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
Ah j’ai vu un loup
Qui vendait des choux
Sur la place Labourée
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une anguille
Qui coiffait sa fille
Pour s’aller marier
Compère vous mentez.

(Anonyme XVIIIème siècle)

 

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AGONIE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
AGONIE

Mon Dieu ! que je suis las d’être sans espérance,
de rouler le tonneau lourd de ma déchéance
et sans moyens d’en finir avec la terre.
Je transporte Satan comme un intermédiaire,
j’écorne mon blason avec mes haut-le-corps,
je tourne chaque nuit mes visions vers les morts,
je frappe avec mon crâne aux rochers de l’enfer
et les draps de mon lit sont en paille de fer.
Souvent dans mon sommeil la même île électrique
marque en couteau de sang mes noms patronymiques
sur ma peau. Membres, paquet d’anguilles
qu’avec un gai rictus les diables échenillent.

(Max Jacob)

 

Recueil: Derniers poèmes en vers et en prose
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHEZ MOI (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



CHEZ MOI

Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son oeil brille
Quand Papa le peint en blanc.

Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.

Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or,
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.

Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tout droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.

Chez moi, dit la petite fille
Ma grand-mère a cent mille ans.
Elle joue encore aux billes
Tout en se curant les dents.

Chez moi, dit le petit garçon
Mon grand-père a une barbe
Pleine pleine de pinsons
Qui empeste la rhubarbe.

Chez moi, dit la petite fille
il y a trois cheminées
Et lorsque le feu pétille
On a chaud de trois côtés.

Chez moi, dit le petit garçon
Passe un train tous les minuits.
Au réveil, mon caleçon
Est tout barbouillé de suie.

Chez moi, dit la petite fille
Le Pape vient se confesser.
il boit de la camomille
Une fois qu’on l’a fessé.

Chez moi, dit le petit garçon
Vit un Empereur chinois.
il dort sur le paillasson
Aussi bien qu’un Iroquois.

Iroquois ! dit la petite fille,
Tu veux te moquer de moi!
Si je trouve mon aiguille
Je vais te piquer le doigt!

Ce que c’est d’être une fille
Répond le petit garçon.
Tu es bête comme une anguille
Bête comme un saucisson.

C’est moi qu’ai pris la Bastille
Quand t’étais dans les oignons.
Mais à une telle quille
Je n’en dirai pas plus long!

(René de Obaldia)

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Elle (Jean-Marie Le Huche)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018


Elle

Je l’ai d’abord enfermée dans l’armoire mais elle a
déchiré mes draps
Je l’ai collé dans le frigidaire mais elle a dévoré
mon kilo de beurre
Je l’ai transformée en fourneau à gaz mais elle a
cramé mon plat de nouilles
J’en ai fait une cocotte en papier mais elle a caqueté
jusqu’à minuit
Je l’ai flanquée excédé à la porte mais elle est revenue
par la fenêtre
Je l’ai poussée dans le canal Saint-Martin mais elle
nageait comme une anguille
Enfin je me suis tué
Et quand j’ai été mort je l’ai vue fondre en larmes
Devant son café crème place Saint-Michel
Alors j’ai ressuscité. Je lui ai dit
Viens. On rentre. Il faut pas pleurer
Et puis ça a recommencé.

(Jean-Marie Le Huche)

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Police sécrète (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



Toute anguille
conduit

à la police sécrète
des eaux.

(Gérard Le Gouic)

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Complaisance (Liliane Wouters)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Complaisance

Des sardines qui se baignent dans une mer d’huile,
un veau qui se laisse rôtir au soleil,
une poule qui pond des oeufs sur le plat,
un pigeon qui se dore dans les petits pois,
des fruits qui poussent sur les arbres en Macédoine,
des anguilles qui se mettent au vert:
Ils poussent la complaisance un peu trop loin.

(Liliane Wouters)


Illustration

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Je suis fille… (Yvonne Le Meur-Rollet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

Alexandre Jacques Chantron  1_0

Je suis fille…

Je suis fille de l’eau des étangs et des sources.
Je sais depuis toujours
Où poussent les jonquilles,
Où pleurent les grands saules,
Où glissent les anguilles,
Où les joncs bleus murmurent
Les secrets des amants
Dont les ombres se mêlent
Sous les troncs des sureaux.

Je suis fille des bois de hêtres et de frênes.
J’ai gravé dans l’écorce
Des serments révolus.
J’ai lu sous les futaies
Les romans interdits où galops et baisers
Menaient à une chambre
Crépitante de bûches
Dont les flammes dansaient au rythme des désirs.

Je suis fille nourrie
Au pays des mirages,
Au pays des silences,
Des soupirs, de l’ennui.
Et les hommes qui passent
Me regardent sans voir le feu qui me consume.
De loin,
Je les regarde :
Ils me font un peu peur :
Leurs ventres sont trop gros, leurs rires sont trop forts
Et leurs mains sont trop moites.

Moi, je rêve toujours d’un poète au teint pâle,
D’un amoureux fragile
Qui marche près d’un lac
Où le temps se suspend aux lames des roseaux.

(Yvonne Le Meur-Rollet)

Illustration: Alexandre Jacques Chantron

 

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L’âme adore nager (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



L’âme adore nager.
Pour nager on s’étend sur le ventre.
L’âme se déboîte et s’en va.
Elle s’en va en nageant.
On parle souvent de voler.
Ce n’est pas ça.
C’est nager qu’elle fait.
Et elle nage comme les serpents
et les anguilles,
jamais autrement.

(Henri Michaux)


Illustration

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JEUNE FILLE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017



JEUNE FILLE

Dans ta bouche la tendresse
du fruit émoustille
toutes tes papilles
et sous la caresse
du vent du large frétille
comme une anguille
ton corps de jeune fille
dont le regard s’écarquille
de deux yeux ronds comme des billes
dans le soleil qui grésille
dans ce lieu de paresse
où tu nattes ta tresse.

(Jean-Baptiste Besnard)

son site ici: Jean-Baptiste Besnard

Illustration: Calderon Philip Hermogene

 

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