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Poésie

Posts Tagged ‘animaux’

En ce temps-là (Max-Henri de Larminat)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



En ce temps-là, les nuages formulaient à chaque instant de nouveaux animaux,
et je lisais dans le ciel l’histoire de la création

Couché dans l’herbe,
il m’arrivait pourtant de m’endormir inconsidérément.
Quelques maillons de l’évolution des espèces
m’échappaient pour toujours.

(Max-Henri de Larminat)


Illustration

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Voyageuse au coeur d’oiseau noir (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




voyageuse au coeur d’oiseau noir
tienne est la solitude à l’heure de minuit
tiens les animaux savants qui peuplent ton rêve
dans l’attente des mots anciens
tien l’amour tien son bruit de vent brisé

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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TOUTE LA BEAUTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




TOUTE LA BEAUTE

Les animaux courent on dirait sans but
la fille fraîchement lavée
a sur eux son regard
comme au monde
elle arrive tard
n’ayant appris à l’école
à peu près rien
et pourtant qui connaît l’histoire
des siècles impurs
reportera sur elle vénuste et blanche
toute la beauté.

(Jean Follain)

Illustration: Jean-Léon Gérôme

 

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Le creux (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Le creux au fond
des créatures humaines
se ressent certains jours bas
au silence des maisons
il semble que rien ne vaille
des animaux élèvent pourtant
leurs cris stridents
se poursuit ce ruissellement
de l’histoire
par routes et places à tout venant.

(Jean Follain)

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Zoo (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

zoogif

Zoo

Dis maman zé quoi un zoo
Un zoo c’est une sorte de prison
pour animaux
Ah voui maintenant ze sais
Ze me rappelle
le gardien z’est un zoolier…

(Joël Sadeler)

 

 

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DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME

Quelle sorte d’homme est-il, celui qui vient
S’allonger entre tes jambes ?
Qu’importe, nous ne sommes que des femmes.
Lave-toi; parfume ton corps ;
J’ai des armoires pleines de fleurs séchées,
Je puis en parsemer les draps.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll aimera mon âme comme si
De corps il n’était point du tout,
Et il aimera ton corps
Sans être dérangé par l’âme.
Que l’amour emplisse les deux mesures de l’amour
Mais garde intacte sa substance.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll faudra bien que l’âme apprenne
L’amour que réclame mon sein,
Et tout le corps un amour qu’il a en commun
Avec les animaux les plus nobles.
Si l’âme peut voir, le corps toucher,
Où est la plus grande béatitude ?
Le Seigneur aie pitié de nous.

***

THE LADY’S SECOND SONG

What sort of manis coming
To fie between your feet?
What matter, we are but women.
Wash; make your body sweet;
I have cupboards of dried fragrance,
I can strew the sheet.
The Lord have mercy upon us.

He shall love my souf as though
Body were not at all,
He shall love your body
Untroubled by the soul,
Love cram love’s two divisions
Yet keep his substance whole.
The Lord have mercy upon us.

Soul must fearn a love that is
Proper to my breast,
Limbs a love in common
With every noble beast.
If soul may look and body touch,
Which is the more blest?
The Lord have mercy upon us.

(William Butler Yeats)

Illustration: Alain Bonnefoit

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Par un point situé sur un plan… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



perpendiculaire

Par un point situé sur un plan
On ne peut faire passer qu’une perpendiculaire à ce plan.
On dit ça…
Mais par tous les points de mon plan à moi
On peut faire passer tous les hommes, tous les animaux de la terre.
Alors votre perpendiculaire me fait rire.
Et pas seulement les hommes et les bêtes
Mais encore beaucoup de choses
Des cailloux
Des fleurs
Des nuages
Mon père et ma mère
Un bateau à voiles
Un tuyau de poêle
Et si cela me plaît
Quatre cents millions de perpendiculaires.

(Robert Desnos)

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Ce monde ne présente aucune marque, signe ou preuve d’existence (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



Ce monde ne présente aucune marque, signe ou
preuve d’existence, ni les bruits qu’il contient,
tels un coup du vent, des voix ou des braiments d’animaux;
pourtant écoutez attentivement,
le murmure éternel du silence n’en finit jamais de remplir tout cela,
et n’en a jamais fini, et n’en finira jamais.

C’est parce que le monde n’est rien qu’un rêve et
une conception mentale et la durée éternelle n’y fait
pas attention.
La nuit sous la lune, ou dans une chambre paisible,
faites donc silence,
la musique secrète de l’Inconçu se poursuit,
au-delà de la conception, éveillée par-delà l’existence.

A proprement parler, l’éveil n’est pas vraiment l’éveil
parce que l’éternité d’or ne s’est jamais endormie:
on le sait au bruit permanent du Silence
qui découpe ce monde
comme un diamant magique découpant votre erreur
de ne pas comprendre
que c’est votre esprit qui a engendré le monde.

(Jack Kerouac)

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TOUT LE SEL DE LA PLAGE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



 

plage solitude

TOUT LE SEL DE LA PLAGE

Tout le sel de la plage
toutes les eaux du ciel ;
toute l’herbe mâchée
quand la route se faisait longue…

Tu pleures tout cela !

Tu fais crier ta barbe
au passage des doigts ;
tu sanglotes sans honte
comme un jouet cassé.

C’est la tristesse d’homme
qu’il faut avoir connue
pour n’être pas maudit
par les animaux et les plantes.

(Axel Toursky)

Illustration: George Hunter

 

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Un jour certainement viendra (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Titien
    

Un jour certainement viendra
où l’homme ne voudra plus procréer son espèce.

A quoi bon?
Pour prolonger la durée de cette infernale comédie,
pour perpétuellement refaire ce travail de Sisyphe,
remuer toujours cette boue et ce néant?

Jadis on avait Dieu,
et l’espérance de la lumière,
de la vie lumineuse au delà de la mort.

Nous ne sommes plus, d’après la science moderne,
que des animaux parmi les animaux ;
nos passions ne sont que les passions de la brute,
parées de brillants mensonges;
nos éclairs de génie ne sont que des névroses ;
nos prophètes, des hallucinés, et nos religions,
des fantômes créés par nos tristes cerveaux.

L’antique voile est tombé :
pour fin de tout,
c’est la tombe ignoble, la mort sans phrases…

Et il est encore des gens
qui mangent, boivent, dorment,
et engendrent tranquillement !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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