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UN INSECTE PRIS DANS L’AMBRE JAUNE (Anna Hajnal)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



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UN INSECTE PRIS DANS L’AMBRE JAUNE

Un insecte pris dans l’ambre jaune
On aperçoit encor ses antennes fragiles comme des cheveux
C’est la molle mort qui l’a enfermé
Dans cette solide immortalité.

Il brille là comme derrière un verre
Ses tremblements d’autrefois, où sont-ils ?
Il pleurait, zézéyait de sa voix d’insecte,
Ses sanglots envolés, dis-moi, où sont-ils ?

Enfermé, ce mort, avec sa carapace
Portera toujours ses habits de fête –
Cette âme menue, si elle existe, si elle existait,
Son bruissement dès lors tournoie silencieux.

(Anna Hajnal)

 

 

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À CE JOUR (Anna Hajnal)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



À CE JOUR

Quels étaient les mots que j’avais dans le temps ?
tels que : merveilleux ! ardent ! véloce ! heureux ! grand !
verbes : frapper ! choir ! revivre ! flotter ! courir !
Quels sont mes épithètes à ce jour ?
harassé, ralenti, tiède, blême, rigide,
verbes : s’allonger, se faire tremper, s’effilocher,
froidir, refroidir.
Mais moi, toujours. J’existe encore au plus profond.
Derrière la grille je relève le front.

(Anna Hajnal)

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FRAGMENT SUR L’AMOUR (Anna Hajnal)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



FRAGMENT SUR L’AMOUR

Je mourrais bien, mais je vis
pour toi,
que tu ne deviennes orphelin, j’ai peur
pour toi :
comme la mère qui, le couvrant,
épie
son fragile enfant
la nuit,
de ma vie je te couvre au mieux,
j’ai pour toi une peur de feu.

Je serais fatiguée, mais je vais,
je marche,
je serais impatiente, mais
j’attends,
je serais lâche et n’ai pourtant
pas peur,
j’étais corps, pour toi je suis devenue
un coeur.
Et je regarde la rue
sans moi,
si je suis malgré tout vaincue,
enfin,
je succombe au mal qui paralyse,
je suis brûlée dans de grandes banquises.

(Anna Hajnal)

Illustration

 

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