Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Anne-Marie Kegels)’

LE LAIT (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



LE LAIT

Le lait des villes d’aube
a de tintants bonheurs.

Ó la cruche des seuils
près des chattes qui rôdent,
la jatte rebondie
aux coudes des fenêtres,

l’odorant plaisir d’être
l’envoyé des prairies
et de toucher les lèvres
d’enfants qui se réveillent.

Remous, vagues laitières
aux coins des carrefours.

Des ruisseaux de lumière
ensemencent le jour.

(Anne-Marie Kegels)

Illustration: Berthe Morisot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CHAISE (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



> 
LA CHAISE

La chaise qui fut branche, résonance
d’ailes à venir
et qui maintenant n’a que le silence
pour se souvenir,
la chaise hantée de volante neige,
de vent, de soleil,
s’étonnant d’avoir été prise au piège
d’un fixe sommeil,
cherche à s’éveiller, à fuir de la chambre.
— Je l’entends, la nuit,
gémir à tâtons et toute se tendre
vers l’ancien pays.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SANG DES HOMMES (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



LE SANG DES HOMMES

Le sang des hommes se fatigue
à demeurer toujours debout.
Chaque soir il frappe chez vous,
O sommeil, et demande asile.

Vous êtes la maison fidèle.
Vous l’accueillez comme un enfant
et l’étendez tout doucement
pour qu’il devienne parallèle

à l’eau sereine des ruisseaux.
Le sang des hommes se repose.
Les songes sont un peu plus haut
et jouent à délier les choses.

(Anne-Marie Kegels)

Illustration: F.A. Moore

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PLUIE DE MARS (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



PLUIE DE MARS

Ce n’est que pluie de mars.
Elle bouscule les jonquilles,
jette l’eau sur le feu,
et puis s’en va
en pirouettes
folle de joie.

Elle sait que le feu ne s’éteindra pas.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le feu de broussailles (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Le feu de broussailles

Couronnée de fumée
fouaillé par le vent,
il dansait comme un dieu.

Je me suis approchée.
J’aurais voulu tenir ses flammes
dans mon poing serré.

Pour qu’aux soirs à venir
crucifiés par le froid
je puisse porter à mes lèvres
sa cicatrice .

(Anne-Marie Kegels)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Oiseau (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2017



L’Oiseau

Ce sang qui vole,
ce coeur flottant,
la parabole
contre le vent,
c’est un oiseau.
Jailli de terre
le voici haut
dans la lumière.
Et mes yeux nus
contre la vitre
ne savent plus
quel toit m’abrite
ni qui m’appelle.
Ecartelée,
je suis restée
prise à ses ailes.

(Anne-Marie Kegels)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La fenêtre (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016




Pour les autres, pour les passants,
tu es simplement la fenêtre.
Pour moi qui t’aime du dedans
tu es ma plus profonde fête.

Celle qui accroît le regard
et limite chaque nuage,
la gardienne du paysage
où je viens me perdre le soir.

J’ai le monde sous mes paupières
mon front à ta vitre appuyé
et tu es glissante lisière
sur le bord de l’illimité.

Reste ma soeur très patiente,
fais-moi l’aumône d’un oiseau,
redis-moi les paroles lentes
de cet horizon sans défaut.

Et posée entre ciel et terre
sois ce chemin aérien
près duquel doucement je viens
apaiser ma faim de lumière.

(Anne-Marie Kegels)

Illustration: Nathalie Coryn-Gautier

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

MON FEU (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



MON FEU

Ne me demandez pas les flammes les plus hautes.
Le feu que j’ai choisi demeurera caché.

Ne me demandez pas les tumultes, les sautes,
Du vent tourbillonnant au-dessus du bûcher.
Le feu que j’ai choisi s’enclôt dans une braise.
Il gîte au ras du sol, y scelle son baiser.
Il ignore les jeux crépitants des fournaises.
Vous ne le verrez pas de loin quand vous passez.
Il faut vous approcher de sa lumière sourde
Et doucement penché connaître son odeur
De forêt calcinée où les lierres s’accoudent.
Mon feu gémit sans fin d’un étrange bonheur.
Passez. Ne cherchez pas quelle est sa nourriture.
Il vit d’ombre, d’un cri, d’un long consentement.
Chaque nuit vient rôder à l’entour de ses flancs.
Et le ciel attentif souffle sur sa brûlure.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :