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Poésie

Posts Tagged ‘anneau’

Si tu reviens un jour (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Orina Kafe
    
Si tu reviens un jour, сhère fille des rues
Plus pure qu’une princesse du sang
Plus serve qu’une esclave d’Éthiopie,
Que ce soit sous l’aspect d’un cygne ou de l’ombre défunte errant;
Je te saluerai d’un sourire aussi douloureux que le sort
Et sobrement j’attendrai que ta lèvre aussi sourie
Et si j’invoque la misère avec l’anneau de la chair nue
Je dirai le langage pur des amours proches de la mort.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Anneaux du temps (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

coeur miroir

Anneaux du temps

Des anneaux du temps, qui toujours à neuf
se succèdent, certains furent étranglés au point
que je ne me rappelle que l’horreur de suffoquer.
Dans d’autres, larges et informes, j’ai erré perdue
sans la moindre prise à quoi m’accrocher. Les plus nombreux,
indifférents et pâles, se massaient
les uns sur les autres, soudés à l’instant
sans le moindre point de suture.
Rares sont ceux qui acceptent de repartir
et pour peu de temps. Mais au moins celui-ci, le dernier
aujourd’hui dont se referme le cercle, reste parfait
en mon coeur : un cadre doré entoure
un miroir de joie. Je demande seulement de
sauver cette image. Et qu’une même fulgurance
te la révèle et l’entoure, à la tombée de l’heure
en ton miroir jumeau.

(Margherita Guidacci)

 

 

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Je suis comme la licorne (Thibaut de Champagne)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018


 


 

Je suis comme la licorne
Qui s’ébahit en regardant
La jeune fille
Eprouvant un si doux malaise
Qu’elle se pâme en son giron ;
Alors on la tue par trahison.
C’est ainsi que m’ont blessé à mort
l’Amour et ma dame, en vérité :
Ils ont pris mon coeur que je ne puis ravoir.

Dame, quand je fus devant vous
Et que je vous vis pour la première fois,
Mon coeur était si tremblant
Qu’il resta, entre vos mains, quand je partis.
Il fut alors conduit, sans rançon,
Captif en la douce prison
Dont les piliers sont de désir,
Et les portes de beau regard,
Et les anneaux de bon espoir.

(Thibaut de Champagne)

 

 

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La Caresse (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



La Caresse

Mes chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes… Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

(Paul Valéry)

 

 

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LA CARESSE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

LA CARESSE

Mes chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes…. Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

(Paul Valéry)

Illustration: Bénédicte Pontet

 

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LA TRISTESSE EST UNE AISANCE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



 

the rest

LA TRISTESSE EST UNE AISANCE

La tristesse est une aisance, ne t’abandonne point
A une solution provisoire, volupté médiocre.

Quand il s’agit de pleurer, chante
Secoue la poussière de tes souliers.
(Quand nous nous donnons c’est comme si nous nous lamentions,
Quand nous nous sommes donnés, nous sommes
accaparés par le silence)
J’ai eu bien soif de lumière dans l’obscurité.

Adieu, ma pale tristesse, adieu, chérie,
Je te renvoie l’anneau afin que tu te rappelles de moi
Dans ton rêve, dans ton deuil.

Debout, mon Ange, plein d’amertume, lève toi.
Je respire un parfum de jasmins fleuris
Comme si le temps tournait au beau vers l’aurore.
Il se fait en moi-même une quiétude lumineuse
comme celle qui suit la pluie.

As-tu vu mon âme ?

Peut-être a-t-elle eu soif des sources, peut-être
A-t-elle allumé sa lampe éclairant les couloirs
Pour que passent les âmes solitaires allant à leur rendez-vous
Toutes celles qui ont été trahies cruellement
attendent l’Amour,
L’Amour céleste, le Tout-puissant.

Salut, Echelle !… Salut, Cruche… Salut Fleuve !

Laissez-moi, je ne veux pas aller me coucher :
C’est ainsi que je pense m’exprimer, en croisant les mains,
Quand on viendra me demander mon âme.

(Georges Themelis)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Frères humains ayez pitié de vous (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Frères humains
ayez pitié de vous
De cet anneau brûlant
au doigt de l’enfant
De cette pâleur de l’étoile
chue entre vos pieds
De la goutte de rosée
que vous essuyez
comme une mauvaise larme
Frères humains
ne détournez pas les yeux
quand passe le corbillard
du mort-né de vos rêves

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

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Poème du Jabiru (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018




    
Poème du Jabiru
(ephippiorhynchus Senegalensis)

L’oiseau Jabiru
n’a plus d’ailes
—sauf une île.

L’oiseau Jabiru
n’a plus de coeur
—sauf un lézard

L’oiseau Jabiru
n’a plus de tête
—sauf la mer.

L’oiseau Jabiru
n’a plus de pattes
—sauf une étoile.

L’oiseau Jabiru
n’a plus d’anneau
—sauf le fleuve.

L’oiseau Jabiru
n’a plus de corps
—sauf une fleur.

Old man river
l’oiseau Jabiru
Oho l’oiseau Jabiru
n’a plus rien du Jabiru
—sauf la lune.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Le pourpre de l’aube (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
Le pourpre de l’aube s’imprime sur l’étang.
Dans le petit bois avec le glas sanglote le tétras.

Blotti dans un trou, quelque part, un loriot pleure.
Moi seul l’âme radieuse ne verse pas de larmes.

Car ce soir, je le sais, tu franchiras l’anneau routier,
assis tous deux contre la meule parmi les gerbes fraîches

je te froisserai comme une fleur, m’enivrerai de baisers,
qui est de joie grisé n’a cure que l’on glose.

À force de caresses tu rejetteras ce voile soyeux
et je t’enlèverai, ivre, dans les halliers jusqu’à l’aube.

Qu’il sanglote avec le glas le tétras du petit bois.
Dans le pourpre de l’aube il est une mélancolie joyeuse.

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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ÉCHO DE L’HORLOGE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: k Madison
    
ÉCHO DE L’HORLOGE

Je m’assis
dans une clairière du temps.
C’était un bassin de silence,
de blanc
silence.

Anneau formidable
où les antres
se heurtaient aux douze flottants
nombres noirs.

(Federico Garcia Lorca)

 

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